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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:34

 

SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE

Abbaye Sainte-Marie-Madeleine Postel


Exposition temporaire

Une peintre-verrier du XXe siècle,

Adeline Hébert-Stevens-Bony

Du 8 juillet au 22 septembre 2019

 

DOSSIER DE PRESSE

Du 8 juillet au 22 septembre 2019 est présentée à l’abbaye Sainte-Marie-Madeleine Postel de Saint-Sauveur-le-Vicomte une exposition consacrée à Adeline Hébert-Stevens, peintre-verrier du XXe siècle. Bien qu’unanimement reconnue par les spécialistes comme une figure marquante de l’Art Sacré, Adeline Hébert-Stevens reste souvent un peu oubliée dans l’ombre de son célèbre époux, le grand maître verrier que fut Paul Bony (1911-1982). Cette exposition vise à souligner l’originalité de son œuvre et du style artistique qui lui sont propres. Elle est le fruit d’une rencontre stimulante avec les enfants d’Adeline et Paul Bony, qui nous ont largement ouvert les portes de l’atelier familial de la rue Ferrandi (6e arrondissement de Paris). Nul lieu ne pouvait mieux accueillir cette rétrospective que l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, dont les verrières du chœur, des transepts et de la façade occidentale constituent l’un des chefs d’œuvre de l’artiste. Issu de trois phases de création distinctes, réparties entre 1956 et 1977, cet ensemble d’une très grande qualité marque un moment décisif du cheminement de l’art du XXe siècle vers une abstraction porteuse de sens, de symboles et de spiritualité.

Exposition réalisée par le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, service de la Communauté d’agglomération du Cotentin, avec l’aide et le soutien des enfants d’Adeline Hébert-Stevens-Bony, des sœurs de la Communauté Sainte-Marie-Madeleine Postel, de la Conservation des Antiquités et Objets d’Art de la Manche, du Ministère de la Culture, Drac de Normandie ; nos remerciements vont aussi à Michaël, Sylviane, Dominique Béneult, Bruno Centorame, le père Tony Yver, la commune de Moyon et la ville de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Crédits photographiques : Dominique, Laurent, Agnès et Isabelle Bony ; Conservation des Antiquités et objets d’Art de la Manche ; Pays d’Art et d’histoire du Clos du Cotentin.

Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 17h30 (sauf dimanche matin) ; accès libre et gratuit.

Tel. Renseignements/informations : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, tel. 02 33 95 01 26 / pah.clos.cotentin@wanadoo.fr.

 

 

« J’avais 8 ans l’année de l’exposition des Arts Décoratifs de 1925 : mes parents y exposaient leurs premiers vitraux, ils m’emmenaient souvent à des expositions, chez des amis artistes, et le jeudi après-midi, je les accompagnais à l’atelier, jouais avec des morceaux de verre, et écoutais leurs interminables discussions à propos de leur travail. J’ai vécu baigné dans cette atmosphère à laquelle s’ajoutaient les réunions aux Ateliers d’Art Sacré où j’étais témoins des mêmes préoccupations d’art, de poésie et de prière.

Quand à la mort de mon père, j’ai essayé de continuer son œuvre, c’était avec le souci de permettre, grâce à la lumière du verre coloré, l’ouverture vers une Autre Lumière …

Sans avoir souvent réussi, j’ai toujours essayé de créer dans les édifices religieux un climat qui respecte ou sollicite la prière. Il ne faut pas que le vitrail soit perturbant : nous utilisons une matière beaucoup plus puissante que la peinture, il faut donc s’en méfier. J’ai toujours recherché : l’accord avec l’architecture (ne pas brutaliser une élégante église gothique, alors qu’il faut parfois soutenir le béton brut) ; l’accord avec les autres vitraux quel que soit leur genre, mais sans concession, des rapports de teintes appropriés, l’équilibre des surfaces colorées, le rythme du réseau de plomb. Et cela qu’il s’agisse de grandes compositions figuratives ou non, ou de simples vitreries géométriques ou non.

Souvent ce sont les solutions modestes et les moins onéreuses qui satisfont à ce programme. »

 

Adeline HEBERT-STEVENS, Espace, église, art, architecture, n° 13, 1981.

 

Le Mesnil-Opac (50) : Assomption de la Vierge, bas-relief en céramique émaillé (détail).

Biographie :

Adeline Hébert-Stevens est née à Paris le 5 janvier 1917 de l’union de Jean Hébert-Stevens et Pauline Peugniez, tous deux artistes confirmés, fondateurs en 1923 d’un atelier parisien qui fut l’un des grands foyers du renouveau de l’art du vitrail dans la France de l’entre-deux guerres. Elle-même engagée dès son plus jeune âge sur une voie artistique, Adeline obtient une licence à l’Institut d’Art et d’Archéologie tout en participant aux travaux de l’atelier Charles Blanc, à la Grande Chaumière, puis aux ateliers de l’Art sacré, créés par Maurice Denis et George Desvallières, insignes militants du renouveau de l'art chrétien. Dès 1936 elle expose au Salon d’Automne ses premières créations et réalise en 1938 deux verrières pour l’église de Roiglise, dans la Somme.

Douée d’une profonde foi chrétienne (elle fut membre du tiers ordre de Saint-Dominique), elle hésita un temps à s’engager dans la voie religieuse avant d’épouser Paul Bony (1943), jeune artiste très talentueux, dont son père avait remarqué les créations et qui avait rejoint l’atelier familial en 1934.

Dans l’après-guerre, la nécessité de réparer les destructions considérables provoquées par les combats de la Libération suscite un afflux considérable de commandes nouvelles. Avec l’Alsace, la Normandie (avec au moins 480 vitraux recensés) rassemble le plus grand nombre des créations de l’atelier Bony. C’est à la même époque que commence pour Paul et Adeline la grande aventure de l’église du plateau d’Assy, qui rassemble auprès du père Couturier des artistes tels que Georges Rouault, Georges Braque et Marc Chagall, puis celle de la chapelle de Vence, dont Henri Matisse fourni les cartons.

Outre le travail du verre, Adeline déploie aussi sa créativité dans les domaines de la peinture, de la sculpture et de la céramique émaillée, des textiles et de l’orfèvrerie. En plus de son métier d’artiste et de son rôle de mère, elle doit gérer avec son époux une entreprise qui rassemble au plus fort de son activité jusqu’à une dizaine de salariés : « La tâche n’est pas simple. Il faut négocier entre les commandes et les exigences artistiques, réussir à trouver chaque mois la trésorerie pour régler les salaires et les fournisseurs. Les Monuments Historiques payent en retard, les petites communes peinent à rassembler les sommes nécessaires à la rénovation de leur église. Et la lutte pour faire accepter la modernité dans l’art sacré n’était jamais gagnée » (I. Bony). 

Malgré la diminution des commandes dans les années 1970, puis le décès de Paul Bony en 1982, elle maintient l’activité de l’atelier familial jusqu’en 1997 et décède le 15 décembre 1998 à Balbigny (Loire).

J. Deshayes/ Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin

 

Adeline HEBERT-STEVENS-BONY :

« Le Bon Pasteur », d’après un dessin de Maurice DENIS. Vitrail exposé en 1939

au Petit-Palais de Paris, dans le cadre de l’exposition « Vitraux et tapisseries modernes.

Le Chef-d’œuvre d’Adeline Hébert-Stevens :

Les vitraux de l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte

 

Après Manessier aux Bréseux (Doubs), Adeline Hébert-Stevens ose un ensemble entièrement abstrait dans un édifice classé Monument Historique à l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte. La réalisation des trente vitraux de l’église de l’abbaye s’échelonne de 1955 à 1977. La première commande est faite en 1947 par Yves-Marie Froidevaux, architecte en chef des Monuments Historiques, mais la commande ferme date de 1955, et le marché est signé en 1956 pour les douze fenêtres du chevet. D’autres marchés suivent en 1960, 1962 (quatre fenêtres du chœur) et 1963 (douze fenêtres du transept). Celles de la nef n’ont jamais été réalisées, malgré une lettre de Froidevaux qui lui dit (1969) : « l’administration envisage de faire exécuter les vitraux de la nef et des bas-côtés de l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Je pense qu’il serait nécessaire de prévoir dans la nef des vitraux de même famille que ceux du chœur mais un peu plus lumineux, et dans les fenêtres des bas-côtés des vitraux à iconographie, comme les sœurs le désiraient à l’origine ». Les premières maquettes sont figuratives mais le choix final d’une composition abstraite répondait aux attentes des sœurs de la Communauté.

Paul Virilio dit, à juste titre, de cet ensemble qu’Adeline Hébert-Stevens a réalisé là son chef-d’œuvre. L’ensemble représente un travail très étonnant par la qualité de sa composition. Chaque vitrail, et même chaque panneau, est travaillé comme un tableau, mais l’harmonie d’ensemble est donnée par une cohérence dans le dessin, et notamment l’espace plus clair qui entoure chaque lancette. Adeline Hébert-Stevens révèle particulièrement ici sa qualité de grande coloriste ; la richesse des couleurs et la subtilité des rapports de tons ont nécessité un très long travail de choix de verre. Si chaque vitrail est dans une tonalité particulière, on note bien chacune des trois époques de la réalisation de l’ensemble. Les verrières du chœur sont dans des tonalités très soutenues, avec une dominante rouge, verte et bleue. Celles du transept sont dans des tons plus clairs, avec cependant des notes de couleurs vives, et beaucoup de pièces sont peintes à la grisaille. Les verrières de la façade enfin sont dans des tons beaucoup plus chauds et le dessin en flammes est très différent de celui des périodes antérieures.

D’après Isabelle et Laurent BONY, dans, « Une Renaissance au XXe siècle ; la Reconstruction de la Manche », 2011.

 

Saint-Sauveur-le-Vicomte, église abbatiale, verrière du transept.

Autres créations d’Adeline Hébert-Stevens dans le département de la Manche

(liste non exhaustive) :

AVRANCHES, chapelle du Carmel : verrières (1964)

BENSEVILLE, oratoire : Statue en céramique de la Vierge (1960)

CARENTAN, église : vitrail commémoratif de la Libération (1955)

LE MESNIL-OPAC, église : reliefs en céramique de l’Assomption (1991)

MONTREUIL-SUR-LOZON, église : verrière (1956)

MOYON, église : reliefs en céramique, groupe sculpté de la Crucifixion, verrières et bannières de procession (1980-1988)

NEGREVILLE, église : verrières du chœur (1971)

PONT-HEBERT, église : verrières et dalles de verre, statue de la Vierge, chasuble (1956)

ROCHEVILLE, oratoire : Statue en céramique de la Vierge (1953)

SAINT-CHRISTOPHE-DU-FOC, oratoire : Statue en céramique de la Vierge (1956)

SAINT-JEAN-DES-BAISANTS, église : relief en céramique (1969)

SAINT-LÔ-D’OURVILLE, église : verrières (1953-1956)

SAINT-MARCOUF, église : verrières de la nef (1967)

SAINT-MARTIN-DE-BONFOSSE, église : verrière (1984)

SAINT-MARTIN-DE-LANDELLES, église : verrières (1971)

SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE, abbatiale : verrières (1956-1977)

SIOUVILLE-HAGUE, église : tableau de saint Pierre (1954)

VALOGNES, chapelle du Refuge : verrières (1962-1963)

YVETOT-BOCAGE, église : verrières (1963)

 

Saint-Lô-d'Ourville, verrière par Adeline Hébert-Stevens : Marie-Madeleine Postel

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