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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 12:11

Inventaire (en cours) : Lettres C/F

  • Carentan : La léproserie de la Madeleine, sise au hameau du même nom, en bordure de la chaussée reliant Carentan aux Ponts d’Ouve, est attestée dès l’an 1200, à l’occasion de la création d’une foire, fondée en sa faveur par le roi Jean-sans-Terre. En 1492 le trésor de l'église de Carentan procédait avec les malades de la Madeleine à un échange de terres sises jouxte la terre aux malades. 

Carte des ingénieurs du roi aux archives de Vincennes, vers 1770/80 : détail la Madeleine à Carentan

  • Carquebut : On trouve à Carquebut (anc. Canton de Sainte-Mère-Eglise) plusieurs lieux-dits « la haute messe », « la messe »… regroupés en limite de paroisse (cadastre A 380). Ce toponyme est peut-être dérivé du terme « messel », « mesel », « meséau », « meseu » (…), désignant le lépreux en ancien français.
  • Cherbourg : La léproserie de Cherbourg est mentionnée en 1224, comme se trouvant non loin de la maison de Thomas de la Bucaille. Elle est également attestée par l’inventaire des biens ecclésiastiques du diocèse de Coutances dressé en 1332, évoquant l’existence d’une chapelle Saint-Thomas auprès de laquelle résidaient les lépreux de la ville. Cet établissement percevait alors un tribut annuel sur les marchands venant vendre leurs produits à la foire Saint-Martin, que se partageaient les lépreux et le prêtre desservant, chargé de l’entretien de la chapelle. Le prêtre devait s’assurer que les malades jouissent d’une sépulture chrétienne et était tenu de leur administrer les sacrements ecclésiaux. L’oratoire des lépreux est dit se trouver auprès du cimetière de l’église de Cherbourg, à l’intérieur de l’hôpital de la ville. Selon la tradition érudite, cette léproserie fut initialement établie sur le site d’un ermitage, dont la chapelle, d’abord placée sous le vocable de saint Achard, fut ensuite attribué à saint Thomas Becket
    • Cf. A.E. LESDOS, « L’Ermitage de Saint-Achard ou Saint-Thomas et la léproserie de Cherbourg », Mémoire de la Société impériale académique de Cherbourg, 1856, p. 122-125.
  • Cérences : Les  « Lépreux de Notre-Dame ou Sainte-Trinité de Cérences » percevaient à la fin du XIIe siècle une rente versée par le trésor ducal.
  • Colomby (anc. canton de Saint-Sauveur-le-Vicomte) : parcelles nommées "les Maladreries", "le Clos de la maladrerie" sur le cadastre actuel (C. 193/194 et D. 149), auprès de la route D.146 conduisant vers Morville.

Colomby, localisation des lieux-dits "les maladreries", "le clos de la maladrerie".

  • Coutances : La maladrerie Saint-Michel de Coutances est attestée depuis le tout début du XIIIe siècle et se trouvait au sud de la ville, sur la lande d’Orval. Au début du XIVe siècle, l’établissement était administré par un receveur travaillant pour le compte des bourgeois de Coutances. Le prêtre chargé d’officier dans la chapelle saint Michel était nommé par l’évêque. Cette léproserie fut rattachée à l'hôtel-Dieu de la ville en 1695.

La chapelle Sant-Michel de Coutances (Atlas Trudaine c. 1745).

  • Le Désert (anc. canton de Saint-Jean-de-Daye) : La léproserie de la Perrine, sur la commune du Désert, existait déjà au début du XIIIe siècle, ayant bénéficié avant 1204 de la fondation d’une foire par privilège du roi Jean-sans-Terre (1199-1216). Elle se trouva rattachée en 1238 à un prieuré de frères Trinitaires, établi à la Perrine par Guillaume du Hommet, seigneur du lieu. On rencontre parmi les donateurs du prieuré, les nommés Guillaume de Grouchy, Guillaume Revel et Guillaume de Saint-Denis, tous les trois lépreux. Guillaume de Grouchy, écuyer, avait donné 15 livres et un lit complet. Robert, son frère, 30 sous. Selon François Dubosc, « lors de la disparition complète de la lèpre, les revenus de la léproserie durent être incorporés à ceux du prieuré ».
    • Cf. François  DUBOSC, « Notes pour servir à  l’histoire du prieuré de la Perrine (Lu dans la séance générale du 23 octobre 1848) », Notices Mémoires et Documents publiés par la Société d’agriculture d’archéologie et d’histoire naturelle du département de la Manche, vol. I, 1851, p. 111-118.

Le Désert, ancienne chapelle Sainte-Catherine de la Perrine.

  • Eroudeville (anc. canton de Montebourg) : Au XIVe siècle le prêtre suppléant de l’église de Saint-Floxel devait célébrer deux messes par semaine dans la chapelle des lépreux d’Eroudeville (Et habet vicarius necesse celebrare bis in septimana in capella leprosarie de Aroudevilla). Charles de Gerville a signalé au début du XIXe siècle la découverte de plusieurs sarcophages à l'emplacement de cette ancienne chapelle, placée sous le vocable de Saint-Clair.

Site de l'ancienne maladrerie Saint-Clair à Eroudeville,

à l'entrée de la ville de Montebourg

(BNF, carte depuis la Hougue jusqu'au Grand Vay, 1700)

  • Flottemanville-Hague (anc. canton de Beaumon-Hague) : lieux dits « les maladries » et « la petite maladrie », au sud de l’église, en limite de paroisse (cadastre actuel, parcelle A. 391).

(A suivre lundi prochain...)

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