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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 18:55

11, Rue de Wéléat

 

L'hôtel de Touffreville fut probablement édifié vers le milieu du XVIIe siècle, sur la base d'une construction antérieure, par Pierre Jallot, sieur de Sainte-Suzanne-en-Bauptois et de Hautmoitiers. Pierre Jallot avait titre de gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, capitaine appointé de cent hommes d’armes pour le service de Sa Majesté. Marié en 1644 avec Jeanne le Verrier, il meurt à Valognes le 13 décembre 1676. A la mort de sa veuve, décédée à Valognes le 6 juillet 1688, l’hôtel est transmis à ses neveux, François-Hyacinthe Lefevre de Montaigu et Jean-Louis-Charles Lefevre de Haupithois. Le 14 juin 1693, ceux-ci revendent leur propriété aux frères Jean-Jacques et Pierre Folliot, issus d'une famille anoblie en 1654. Il est alors précisé dans l'acte de vente que l’hôtel nécessite "plusieurs réparations considérables à faire aux maisons et mesnages et aux clostures (…) à raison de leur antiquité".

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Jean-Jacques Folliot, subdélégué de l’Intendant à Valognes, reste propriétaire de l’hôtel de Touffreville jusqu'en avril 1720, date de sa vente à Henri le Berceur, marquis de Fontenay. L'édifice comprenait alors "une grande maison à porte cochère se consistant en une salle, grand cabinet, chambre et garde-robe à costé avec la cuisine, office, cavot, chambres et greniers et autres appartements avec une petit cour fermée à muraille du costé de la rue avec les cours, basse-cour, deux jardins l'un en forme de parterre et l'autre de légumier, une allée plantée d'ormes qui a vue sur l'étang du grand moulin et pièce du Gisors". Le 17 janvier 1724 Jacques-François le Berceur, comte de Fontenay, cède la propriété à François des Portes, seigneur de Gourbesville, conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances. Le 28 janvier 1750, son héritier, Jean-Pierre des Portes, revend l'hôtel pour le prix de 30.000 livres à Gilles-René Lefevre des Londes. La vente comprenait huit vergées de terre encloses de murailles, "dans lesquelles passe la rivière du Merderet, et où se trouve une grande maison avec cours et aménagement", ainsi que quatorze autre vergées de terre "sur partye desquelles est un tènement de maisons nommé le Grand Moulin, lequel se consiste en une salle dans laquelle sont trois tournants faisant de blé farine, une autre salle à costé, chambre, grenier, cellier, écurie et étable, avec les cours et boelles… ". Gilles-René Lefevre des Londes était le fils d'un marchand, bourgeois de Valognes, et premier échevin de la ville. Bachelier de l'université de Caen en 1724, il fut greffier, puis avocat, puis receveur des tailles et enfin subdélégué de Valognes. Le 23 octobre 1751, il achète, moyennant la forte somme de 44.164 livres, la charge anoblissante de conseiller secrétaire du roi. Le 15 juillet de 1752, il revend l'hôtel à Jean-François Levéel, sieur de Bellefontaine, notaire à Valognes. Ce dernier revend la propriété, le 17 août 1755, à Charles Simon, écuyer, sieur de Touffreville et du Breuil, procureur des Eaux et Forêts de Valognes, issu d'une famille anoblie à Rauville-la-Bigot en mars 1551. Au nombre des huit enfants de Charles Simon de Touffreville, figurent notamment Eulalie Françoise et Charlotte-Françoise, qui serviront de modèles à Barbey d'Aurevilly pour les demoiselles de Touffedelys de son roman "Le chevalier des Touches".

Charles Simon revend l'hôtel le 21 septembre 1788, à Louis Jacques Sobol, avocat, demeurant à Valognes.

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La façade sur rue, flanquée de deux étroits pavillons latéraux, s'articule autour d'un avant-corps central large de trois travées, couronné par un attique et un fronton triangulaire. Les deux pavillons latéraux sont larges d'une travée unique et couronnée d'un fronton cintré. Un bandeau horizontal sépare le rez-de-chaussée et le premier étage sur toute la longueur de la façade. Les moellons sont aujourd'hui apparents mais il est nettement perceptible que l'édifice était initialement destiné à être revêtu d'un enduit couvrant. La façade postérieure est accolée en son centre d'une tour carré d'époque Renaissance renfermant un escalier en vis. L'autre partie est percée de deux travées. Toutes les baies de cette façade ont un linteau droit et semblent avoir été repercées au XVIIIe siècle.

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Dessin de André Mare - Projet d'illustration pour Le Chevalier des Touches de Barbey d'Aurevilly

L’accès dans la cour et les jardins de l’hôtel de Touffreville se fait à gauche de l’édifice par une porte cochère surmontée d’un fronton en plein-cintre identique à ceux couronnant la façade sur rue. 


Stéphanie Javel/Julien Deshayes/Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin

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