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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:46

Rue de Poterie (n°24) édifice disparu

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Localisation de l'hôtel des Bazan sur le plan Lerouge, 1767

Cet hôtel situé au bas de la rue de Poterie appartenait à la fin du XVIIe siècle à Pierre (II) Bazan (1640-1715), seigneur de Querqueville et de Montaigu la Brisette, fils de Guillaume Bazan (écuyer, lieutenant général au bailliage de Cotentin) et de Jeanne le Jay. A la mort de Pierre Bazan, en 1715, la propriété est partagée entre les deux sœurs du défunt, Gabrielle (épouse de Jacques Barbou de Plainmarest) et Jeanne (veuve de Jacques Gigault d’Hainneville), ainsi que son neveu, Jean-François Hervieu (fils de sa troisième sœur feue Louise Bazan), et sa veuve, Marie-Thérèse Fouquet. L’inventaire après décès du sieur Bazan décrit un édifice abritant une cuisine, un office, une cave à vin, une autre cave avec une salle à côté, une écurie et une remise à carrosse en rez-de chaussée. A l’étage de l'aile sur rue se trouvait une chambre, située au dessus du passage charretier, un cabinet et une autre chambre. Une aile en retour placée côté cour abritait « la chambre où est décédé ledit feu seigneur de Montaigu, un cabinet, une autre petite chambre en galtas, le grenier dessus, la chambre dessus la cuisine, le grande salle, dans le haut de l’escalier, la chambre dudit seigneur, un cabinet ouvrant dans ladite chambre, un grenier, un grenier dessus la chambre des filles, la chambre de ladite veuve, le cabinet de ladite chambre ».

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Portail sur cour et détail d'un angle de la façade de l'hôtel des Bazan (à droite), carte postale ancienne, vers 1910

(A gauche, les arrières de l'hôtel de Vauquelin, siège des industries Bretel)

Le 12 juin 1748, après la mort de la veuve de Pierre Bazan, François-Robert Barbou sieur de Varennes, Pierre-Augustin Barbou seigneur et patron de Querqueville et Jean-Jacques Gigault sieur de Bellefonds, vendent l'hôtel à Claude Pardon de Belair, aubergiste à Valognes. L’hôtel possédait alors quatre boutiques situées en rez-de-chaussée d’un corps de logis situé sur la rue de Poterie, séparées par une porte cochère donnant accès à la cour. L'aile sur cour abritait un salon et un office ainsi que des chambres et cabinets à l’étage. L’ensemble, avec ses cours et jardins, jouxtait alors la propriété de Charles du Mesnildot, seigneur de Vierville (Hôtel de Vauquelin) et s’étendait aussi sur un vaste enclos joignant la chasse Greville (au sud) et la chasse Marmion (au nord).

Dix ans plus tard, en 1758, le sieur Pardon de Belair revendait l’auberge du Grand-Turc à Antoine Basile Lienard. En 1766, ce dernier concédait une partie de ses écuries, faisant enclave sur la propriété voisine, au profit du comte de Tourville (Hôtel de Tourville). En 1768, John Scandrett Harford, anglais de passage à Valognes donnait de l’édifice la description suivante : « une très belle auberge dont je pensais initialement qu’il s’agissait d’un hôtel, il y avait une rampe en fer peinte et dorée, mais si poussiéreuse qu’il en était trop difficile d’en distinguer les détails ; les escaliers en pierre étaient dans le même état, la chambre que nous occupâmes était une chambre à deux lits, très joliment meublée, le plafond finement peint, les chaises recouvertes d’un damas rouge et or[…]la chambre où M. Elton s’installa était très belle et très haute, le plafond très beau… » .

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Aperçu de la façade sur une carte postale ancienne, vers 1900

Le corps de logis situé en fond de cour fut démoli en mai 1866. Furent alors mis en vente « un superbe escalier en pierre calcaire, parfaitement conservé, à jour carré, paliers de repos portés par des colonnes, avec sa rampe en fer, style Louis XIV ; deux magnifiques plafonds de salon, de même époque, avec encadrements et ornementations en chêne sculpté, d'un grand mérite et faciles à démonter, des toiles de valeur forment le fond de ces plafonds ; une cheminée de salon du même genre, avec le trumeau de dessus et diverses boiseries » (Les plafonds furent alors achetés par le comte de Pontgibaud pour être remontés au château de Fontenay à Saint-Marcouf, détruit en 1944).

L’hôtel des Bazan a été intégralement détruit par les bombardements américains de juin 1944.

S. Javel/J. Deshayes pah Clos du Cotentin

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commentaires

CANIVET Christophe 12/01/2017 14:48

Au milieu du XIXème, l'hôtel du Grand-Turc était le siège des messageries

Son père étant directeur de ces messageries (en sus de ses fonctions de régent de rhétorique au collège et de bibliothécaire de la ville) , je me demande si ce n'est pas la maison natale de l'écrivain Charles CANIVET alias Jean de Nivelle (son acte de naissance indique bien qu'il est né rue de la Poterie mais ne précise pas le n°)

Dans son roman La nièce de l'organiste, il décrit d'ailleurs l'arrivée d'une diligence au Grand-Turc

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