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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 16:20

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"Ces marais sont magnifiques, d'étendue et de tristesse, et d'une tristesse à eux, d'une autre tristesse que les landes. Ce sont des landes mouillées, qui deviennent des lacs sous l'action des pluies. Rien n'est plus désolé mais rien n'est plus beau" (Jules Barbey d'Aurevilly)

 

Les marais bordant Saint-Sauveur-le-Vicomte sur sa frange méridionale se sont formés il y a plus de 10000 années, lorsque les cordons dunaires qui se sont constitués dans l'embouchure de la rivière d'Ouve ont freiné l'écoulement des eaux et entrainé la formation des tourbières. Jusqu'au XVIIIe siècle et à la création des portes à flots de Carentan, la pénétration des flux et des reflux marins se faisait sentir de façon beaucoup plus sensible, jusqu'au pied du château selon les anciens chroniqueurs de la guerre de Cent ans. 

Si Jules Barbey d'Aurevilly a donné pour la postérité une image de solitude et de désolation attachée à ces vastes étendues de terres inondables, il s'avère en fait que - du vivant de l'auteur des Diaboliques - les marais du Cotentin étaient encore constamment pâturés, exploités et parcourus par les hommes. Source d'innombrables richesses ils avaient une importance économique considérable pour les sociétés rurales de l'ancien temps. A Saint-Sauveur, la cérémonie annuelle de la mise aux marais et les libres pâtures estivales pérennisent des traditions millénaires.

 

Aux origines des biens communaux

Socialement, l'histoire des marais du Cotentin présente un intérêt particulier en révélant un mode de jouissance et de gestion collectif. Chaque village ou hameau bénéficiant de droit sur une portion de ces marais constituait en effet une "commune" distincte, possédant des règlements et des marques qui lui étaient propres. A Saint-Sauveur on distinguait ainsi la commune des habitants du bourg de celles d'Aureville, de Selsoif et de Hautmesnil. Il faut souligner que chacune de ces communautés avait son propre lieu de culte, église ou chapelle, et constituait ainsi un groupe humain cohérent, conscient de son identité particulière.

Hautmesnil 1

La chapelle Saint-Georges de Hautmesnil, établie depuis le haut Moyen-âge au bord de la Sangsurière, offre un bel exemple de ces anciens sanctuaires édifiés à l'usage des communautés d'habitants du marais.

La tradition historiographique attribue généralement l'origine des biens communaux à des concessions effectuées aux populations par les seigneurs locaux. Cette thèse conservatrice ne résiste pas à une analyse moins politique de la réalité, car il est évident que les populations locales n'ont pas attendu l'avènement de la seigneurie médiévale pour tirer parti des ressources qu'ils avaient à portée de main. Se substituant progressivement aux autorités régaliennes, les seigneurs locaux se sont en fait approprié certaines prérogatives d'encadrement et d'administration juridique à l'intérieur de ces espaces.

De ce fait, les usagers devaient généralement s'acquitter de redevances en rémunération de leurs droits de pâture et de cueillette à l'intérieur des marais. A Saint-Sauveur-le-Vicomte, en 1541, les habitant se déclarant "coutumiers aux communes et marais" étaient en contrepartie "assujettis au guet du château ; au service des foins, des moulins, des chasses du châtelain ; aux deniers de fenestrage (somme due pour la vente de denrées à fenêtre ouverte), deniers de crocage (pesage des marchandises au moyen d’un croc) ; deniers de galonnage (mesure des boissons)". 

Au XVIIIe siècle, les communautés d'usagers des marais durent également faire face aux tentatives d'appropriation de grands propriétaires fonciers qui obtenaient  du roi des concessions directes sous forme d'aliénation. La résistance opiniâtre opposée par ces populations montre l'importance que revêtait pour eux le maintien de leurs droits ancestraux. La Révolution Française, en reconnaissant le "droit natif" des habitants scellera le bien fondé de leurs revendications.

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La mise aux marais est encore pratiquée chaque année dans les marais communaux de Saint-Sauveur-le-Vicomte.

Les pratiques pastorales dans les marais

On est surpris aujourd'hui, à lire les documents qui se rapportent aux pratiques pastorales en usage dans les marais du Cotentin, de la multiplicité des animaux et de la variété des espèces qui y venaient s'alimenter durant la période sèche. A Crosville-sur-Douve, village voisin de Saint-Sauveur, on comptait en l'année 1435, pour les seuls non résidant de la paroisse, un total de 202 bêtes aumailles (bovins), 7 porcs et 18 chevaux. Vers la même date sont mentionnés des troupeaux d'oies ainsi que des cochons et des moutons également menés à pature dans les marais des environs. Précision amusante, on apprend parfois que les cochons devaient être munis d'anneaux percés dans le groin, que les brebis devaient être liées par deux et que les oies portaient un carcan autour du cou, afin d'éviter qu'elles ne s'enfuient en passant à travers les haies. Les bovins étaient pour marqués au fer rouge, soit sur les cornes pour les adultes, soit sur les sabots pour les plus jeunes bêtes. Rappelons que la ville de Saint-Sauveur a préservé cet usage ancestral.

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La divagation des animaux hors des terrains communaux ou hors des périodes de pâture réglementées engendraient jadis leur capture et leur parcage dans un clos prévu à cet effet. De nombreuses communautés d'usagers devaient ainsi élire chaque année un "parquier" qui fournirait le champ pour recueillir les bêtes captives, dites aussi "namps". A Saint-Sauveur-le-Vicomte la cour du château médiéval fut, au XIXe siècle, affectée à cet usage.

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Les cueilletes

Les marais n'offraient pas seulement de vastes terres de pâture mais fournissaient aussi quantité de denrées et de ressources vivrières aux populations environnantes. La coupe des foins, qui semble avoir été surtout réservée aux écuries seigneuriales,  donnait fréquemment lieu à des corvées de fauche et de transport imposées aux vassaux. A Saint-Sauveur, les habitants qui étaient soumis à ce type de devoirs étaient dits "subjets aux fourquettes" et devaient "service d’une fourchette pour aider à faire les foins des prairyes". 

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Les roseaux, dits localement "rots" étaient récoltés pour servir à la couverture des habitations (chaume), à la fabrication du cidre (pour le filtrage) ou à la confection de liens. Servant encore de litière pour les bestiaux, les roseaux du marais pouvaient aussi servir à joncher le sol des habitations, voir celui des églises en temps de fête. Il subsiste à Saint-Sauveur un lieu-dit "la lande du pas aux rots" et l'on rencontre également en Cotentin de nombreuses "rosières" qui n'avaient rien à voir avec les roses....

La tourbe, abondante, servait à alimenter les foyers en combustible et également à couvrir les habitations les plus rustiques. On en faisait également un grand usage pour l'amendement des terres de labours, des jardins et des vergers. La tourbe était dénommée "gourban" ou "blête". A Saint-Sauveur, il existe dans les marais un lieu-dit "la fosse à Biète".

De même que la pâture des bestiaux, ces cueillettes étaient sujettes à des règlements précis, touchant aussi bien les modes de collecte que les quantités et les périodes autorisées. A Appeville, au XVIIe siècle, les usagers sont autorisés à "cueillir et scier toutes manières d’herbes et litières pour abriter leurs bestes et couvrir leurs maisons et enlever de la tourbe et de la terre pour maller (amender) leurs terres. Toutefois, la tourbe ne doit pas être enlevée à trop grande profondeur sous peine d’amende, ils ne peuvent vendre les herbes, litières ou gourban qu’ils en extraient qu’à leurs co-usagers". A Saint-Sauveur-le-Vicomte, le droit de prélever la tourbe, réservée également aux seuls usagers résidants, étaient limitée à deux jours dans l'année. La précision de ces règlements traduit un effort constant de préserver la ressource et d'en assurer le renouvellement.

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Deux outils caractéristiques des marais du Cotentin : la foëne destinée à la pêche aux anguilles et bêche à tourbe

A défaut d'autre ressources pour chauffer les habitations, certains usagers pratiquaient aussi le ramassage des bouses de vache séchées. Certains règlements précisent, encore au début du XXe siècle, que "les déjections des animaux admis au pâturage dans les marais ne pourront être enlevés que par les indigents et après complète dissecation".

 

La pêche et la chasse

Les pratiques de pêche et de chasse usitées dans les marais nous sont surtout connues, pour les époques anciennes, en tant que droits attachés à des seigneuries locales.  En 1478, le seigneur de Garnetot, à Rauville-la-Place, déclarait ainsi : "J'ay droict de pescher et faire pescher à batteau et fillets dans ladite rivière d'Ouve, dans tous les endroits où elle flüe à la proximité de mondit fief". Le titulaire du fief de Bernaville déclarait de même, en 1463, avoir "droit de pêche à filet trainant et autres instruments dans la rivière de Picauville". Ce droit de pêche n'était cependant pas un privilège spécifiquement nobiliaire puisque la communauté des habitant de Saint-André-de-Bohon pouvait aussi déclarer en 1427 son "droit et franhise es eaues qui ont cours esdites communes, tant en celle de Taute que aultres, de y tendre et pescher à engins nommz verveux, la gueule à val et à lignes, y fouler et pescher au lop, à la brige et à la fourne (foêne) sans contredict nul" (On notera l'intérêt de cette citation pour notre connaissance des techniques employées).

L'exploitation des ressources en poisson a également généré l'aménagement d'un grand nombre de pêcheries. Depuis le XIe siècle, les moines de l'abbaye de Saint-Sauveur percevaient dans celles du château des rentes en anguilles tout à fait considérables et l'on sait que le château voisin de Néhou possédait en 1366 cinq pêcheries implantées en amont sur la rivière d'Ouve. Plus bas dans la vallée, entre Liesville et les Ponts-d'Ouve, 15 pêcheries furent également dénombrées au XVIe siècle, soit une en moyenne au kilomètre !

La chasse aux oiseaux se pratiquait aussi de longue date. La pratique de la chasse à l'affut dans ce qu'on nomme aujourd'hui des gabions est attesté en 1621 sur le domaine du Homme (aujourd'hui l'Ile-Marie), à Picauville, où le seigneur déclarait détenir des tentes destinées à la "tirerie" des volatiles.

L'appellation du grand marais de la Sangsurière, séparant les communes de Saint-Sauveur et de Doville, nous rappelle également que la pêche des sangsues qui infectaient le secteur fut jadis pratiquée afin de fournir les apothycaires des bourgs voisins. On ne peut s'empêcher de citer ici un passage saisissant du roman "Un Prêtre marié" de Jules Barbey d'Aurevilly : "Ce soir-là, au bord d’une eau qui n’était plus même glauque sous ce ciel éteint, et qu’encaissait une gluante argile aux tons verdâtres, Néel vit une petite fille esseulée, n’ayant qu’un jupon semblable à un pagne et une chemise de chanvre dont ses maigres épaules grandissait les trous… Elle plongeait courageusement une de ses jambes nues dans le gouffre immonde et pêchait aux sangsues, en faisant un appeau aux âpres suceuses de sa chair d’enfant. Elle avait déjà étanché, en se la liant avec du jonc, le sang de son autre jambe, car c’est du sang qu’il faut donner pour avoir de ces bêtes à vendre aux herboristes des bourgs voisins, et pour rapporter à la maison un morceau de pain, qui ne refera pas le sang perdu…"

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Christophe ROUIL, illustration pour Le Prêtre marié de Jules Barbey d'Aurevilly (2008)

La navigation fluviale

La pratique de la navigation sur le cours de la rivière d'Ouve est attestée de très ancienne date par la découverte de plusieurs pirogues monoxyles datées avec quelque vraisemblance des temps préhistoriques. Il est évident en tout cas que la position stratégique du château de Saint-Sauveur résultait en grande partie de sa situation portuaire. Les seigneurs du lieu ne contrôlaient et taxaient pas uniquement les circulations par voie terrestre et le franchissement des ponts placés en contrebas de la forteresse, mais également le passage des "nacelles" ou "gabares" remontant le fleuve. Cette police fluviale s'exerçait très en aval puisqu'elle s'étendait depuis Saint-Sauveur jusqu'aux ponts d'Ouve, à l'entrée de l'estuaire, là où se faisait le transfert des marchandises depuis les bateaux de mer sur les plus frêles embarcations de rivière. C'est par voie fluviale que furent, au XIVe siècle, approvisionnées les armées de la guerre de Cent ans. C'est également par la rivière d'Ouve que le très beau Christ aux liens sculpté à Rouen, aujourd'hui visible dans l'église paroissiale de Saint-Sauveur, fut acheminée en 1522 jusqu'à l'abbaye.

Saint-Sauveur-le-Vicomte, christ, 1522

La construction en "masse"

Sans être propre à la région des marais, la construction en terre crue, dite en "masse" ou en "bauge" est particulièrement représentative du bâti rural des basses vallées humides de l'Ouve et de la Taute. A Saint-Sauveur-le-Vicomte, le hameau de Selsoif conserve une assez grande quantité d'édifices de ce type. Ce mode de construction, procédant par levée successives d'argile mêlée de paille, était peu onéreux et permettait de compenser la difficulté d'accès à la pierre à bâtir. Le Parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin oeuvre activement à la mise en valeur et à la préservation de ce type de constructions.

Selsoif maison

Julien Deshayes, février 2011

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 11:02

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Vue en élévation du château de Valognes avant destruction, conservé à la Bbh de Pont-Audemer

Le domaine de Valognes[1]apparaît dans un document daté des environs de 1026 avec le titre de "curtis", c'est à dire une cour, un lieu de pouvoir et d'exercice de la justice ducale. Sous le règne du Conquérant à de Henri II Plantagenêt, ce site constitue un lieu de résidence princière fréquemment attesté, contenant aula, cameraet capella. Qualifié de "Villa" ou de "Praepositura" dans les rouleaux de l'échiquier, il conserve durant cette période, une qualification domaniale de grand manoir rural, lieu d'administration d'une ferme ducale de la taille d'un petit pagus. Après 1204 Valognes n'est jamais cité au nombre des forteresses capétiennes et le Pouillé de 1332 évoque encore la "capelle manerii domini regis" (la chapelle du manoir du roi). Les chroniques relatives à la chevauchée anglaise de 1346, lors du déclenchement de la guerre de Cent ans, maintiennent encore cette définition résidentielle, indiquant que le roi Edouard III vint reposer durant la nuit du 18 juillet non dans un château mais dans le "manoir du duc de Normandie". La situation n'évolue de manière perceptible qu'après le traité de Mantes de 1354 et l'inféodation du Cotentin au profit de Charles de Navarre. Le rôle central de Valognes dans l'administration navarraise est souligné l'année suivante par la signature d'une convention au traité de Mantes, le "traité de Valognes". Les premières mentions faisant état de la forteresse ou du "chastel" apparaissent peu après, dans les chroniques relatives au siège entrepris par Bertrand Duguesclin, en 1364. Le récit de Cuvelier, qui rapporte ces évènements, évoque tantôt le "chastel et riche donjon", la "forte mansion" ou la "tour qui fut hault levée", que l'on ne pu miner "car li chastiaux estoit dessus roche séant". L'exactitude de ces informations restant sujette à caution, de meilleures précisions sont à attendre des comptes de travaux menés durant la même année. Selon l'usage, ces derniers évoquent indifféremment le "fort" ou le "chastel" de Valognes, mais mentionnent avec précision "la grosse tour nuefve et la ronde", ainsi que la "tour devers Loquet" devant contenir "certains mesnages" édifiés par des charpentiers commis à cet effet. D'autres travaux sont attestés au cours des années suivantes et durant l'occupation anglaise de la première moitié du XVe siècle, mais le contenu des quittances offre peu de nouvelles informations sur la composition de l'édifice.

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Etat du château peu avant sa destruction, en 1689

Les plans conservés, reflétant l'état des fortifications lors de leur destruction, entreprise en 1689, montrent un édifice qui, depuis le milieu du XVe siècle, avait été considérablement modernisé et adapté aux nouvelles techniques de sièges. Le "riche donjon" évoqué par Cuvelier reste identifiable dans l'angle nord-est, précédé par une barbacane contrôlant l'accès au château depuis la ville. L'édifice de plan quadrangulaire est jointif au sud avec un ouvrage d'entrée muni d'un escalier en vis. Sur ces plans, le donjon présente un décrochement correspondant à une division interne par un mur de refend. Il abritait un puit et était flanqué sur un angle d'un escalier en vis logé dans une tour circulaire hors-œuvre. Nous savons par un procès verbal de visite de 1618 et les témoignages relatifs à sa destruction que ce donjon, mesurant 8 toises sur 5, comportait un rez-de-chaussée voûté abritant une cuisine munie d'une cheminée et d'une armoire. Il possédait des chambres à l'étage, équipées de fenêtres et de latrines. Ces éléments le définissent donc comme un exemple de tour résidence de moyenne importance. La tour carrée visible dans l'angle nord-ouest de l'enceinte correspond peut-être à la "grosse tour nuefve" désignée ainsi dans les comptes de 1368 par opposition à une tour "ronde" voisine. La tour circulaire située à l'angle opposée, contenant un escalier en vis intérieur, peut également être attribuée avec vraisemblance à la phase d'aménagement du XIVe siècle. En revanche, la tour d'artillerie polygonale qui fait suite et l'avancée bastionnée de forme triangulaire située côté sud constituaient des apports postérieurs à la guerre de Cent ans.

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Restitution sous forme de maquette de l'aspect du château à la fin du XVIIe siècle

Malgrè la destruction engagée en 1689 sur ordre de Louvois, le logis qui occupait initialement l'enceinte castrale fut maintenu jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, « en considération du maintien d’un gouverneur dans cette ville, capitale du Cotentin » (édit royal de 1717). Le titre revenait alors à Adrien Morel de Courcy, qui recevra également, en 1730, la charge de capitaine garde côte de la Hougue.

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Etat de la place du château et du logis du gouverneur vers le milieu du XVIIIe siècle

Sous le règne de Louis XV, de grands projets de place royale furent élaborés par les ingénieurs du Roi et la municipalité valognaise. Faute de ressources suffisantes, cette ambition ne fut cependant jamais satisfaite ; aucun des édifices censés venir s'implanter sur la périphérie de cette place ne fut édifié et son aménagement se limita à un arasement général et la création, de part et d’autres, de deux longues terrasses plantés d’arbres. Cette place d'arme, servant initialement aux troupes en revue, est devenue assez rapidement celle du marché aux bestiaux, au fur et à mesure que l’économie d’élevage se développait dans le Cotentin. Au début du XXe siècle, ce fut le lieu où les cirques plantaient leur chapiteau, les aérostiers faisaient des démonstrations, où tous les bals populaires et les fêtes foraines attiraient la jeunesse des environs ; consécration de ce rôle festif, le théâtre, vite transformé en cinéma, s’implantait en 1903 sur la place. Il fut rejoint par la suite par des bains-douches et un bureau de poste, tous deux détruits lors des bombardements américains de juin 1944.

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Felix Buhot, étude pour "Le couvre feu", vers 1870

 

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CONFERENCE PUBLIQUE LE VENDREDI 22 JUIN 2012 :

Le diagnostic archéologique de la place du château

par Bénédicte GUILLOT (Inrap)

 

DIAGNOSTICS ARCHEOLOGIQUES OCTOBRE/NOVEMBRE 2011

Julien Deshayes


Le château de Valognes a fait l'objet d'un mémoire de maîtrise préparé sous la direction de Pierre BAUDUIN et soutenu par Maud FAUVEL à l'université de Caen en 2001. Ce travail très bien documenté nous a été d'une aide précieuse.

 

Fouilles archéologiques de mars 2016 :

N'ayant pas été associés ni tenus informés des fouilles menées par l'Inrap sur le site du château de Valognes, nous ne sommes pas en mesure de communiquer sur les éléments qui ont été mis à jours puis détruits. Nous regrettons de ne pouvoir apporter d'informations sur ce point, merci de vous adresser directement au Service régional de l'archéologie en charge du dossier, ou auprès de la mairie.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 17:31

29, rue des Religieuses

L'hôtel Loir du Lude porte le nom d'une famille originaire de la région de Saint-Sauveur-le-Vicomte, déjà présente à Valognes au 17e siècle : en 1638, Pierre Loir du Lude vendait une maison sise rue Aubert à Etienne Longuet. Cette famille était représentée au XVIIIe siècle à Valognes par Daniel Raoul Loir du Lude, chevalier, conseiller du Roi en sa cour des Aides à Paris, décédé en 1774, puis par son fils, Charles-Daniel Loir, sieur du Lude et d'Aureville, qui épousa en 1775 Elisabeth-Adélaïde de Mauconvenant de Sainte-Suzanne. Sur le plan de 1767, il existe déjà un bâtiment à l'emplacement de l'hôtel Loir du Lude, figuré de manière semblable à celui représenté sur le plan de Valognes de 1880. La première source connue concernant l’édifice est un acte de vente du 17 mai 1854, date à laquelle Pierre Charles Auguste Le Marois vendait à Jacques-Louis Frilley une maison située rue des religieuses, en face de l'hôtel du Louvre, correspondant à la propriété. Il en avait hérité de Louis François Auguste Le Marois son grand-père.

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L'hôtel Loir du Lude, comme beaucoup d'édifices valognais, a malheureusement perdu les enduits de façade qui le recouvraient au XVIIIe siècle 

La façade sur rue de l'hôtel Loir du Lude s'organise en quatre travées et trois niveaux d'élévation. La porte cochère à simple arc surbaissé, est décalée sur la droite de la façade. Les fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage possèdent un linteau cintré, tandis que les baies du deuxième étage sont à simple linteau droit. Les deux niveaux supérieurs sont soulignés par un bandeau horizontal. La toiture est percée de deux lucarnes reportées aux deux extrémités latérales de la toiture. Cette élévation est commune à de nombreuses constructions valognaises du XVIIIe siècle.

Stéphanie JAVEL

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 15:21

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En 2009 l'invité que nous avons reçu à la Victoire était le peintre et illustrateur Christophe Rouil. Christophe Rouil vit et travaille actuellement à Lannion, en Bretagne. Il a à son actif une oeuvre déjà considérable et il vient en particulier de publier un très bel ouvrage illustré consacré à la CHARLEZENN d'Anatole le Braz.

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Lorsque nous avons présenté en 2009 cette exposition à la chapelle de la Victoire de Valognes, toute la démarche du peintre s'est articulée autour de la vision "romane" de l'image, de la nature et de l'homme. Le titre donné à cette installation - Mandorle et Varietas - traduit cette réflexion et une partie du contenu de cette théologie romane revisitée est mentionné dans la page du blog consacré à l'exposition Eden de 2010. Donc je n'en dis pas plus long ici, si ce n'est que Christophe Rouil est pour l'instant le seul artiste ayant fait le choix de réaliser entièrement ses oeuvres sur place, à l'intérieur même de la chapelle, au cours des jours ayant précédé son ouverture. Je dois souligner aussi que cette réflexion sur la théologie romane du sensible a occupé pas mal de nos soirées... Les oeuvres de Christophe Rouil ont une grâce et une sensualité vraiment unique, pas juste par ce qu'il peint des très belles femmes avec des très belles fesses, mais parce qu'il peint tout avec grâce et sensualité.

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Ca c'est nous deux photographiés pour le journal Ouest-France

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 15:00

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Cette exposition est constituée de 13 panneaux présentant les différentes facettes de la vie quotidienne, de l'économie et du patrimoine de Bricquebec et des communes avoisinantes. Elle a été créée en 2009 en collaboration avec l'association les Amis du Donjon. Le prêt peut en être effectué sur demande au profit des mairies, écoles et autres structures publiques du secteur.

Apparue vers 1870, la carte postale connait son âge d’or entre 1900 et la première guerre mondiale. Jusque dans les villages les plus reculés, libraires, épiciers, buralistes et cafetiers proposent à la vente ces bouts de carton imprimés.  Ils ont constitué ainsi un extraordinaire panorama de la France de la Belle Epoque.

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 14:35

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Cette exposition a été montée en 2008, dans le cadre des commémorations du deux centième anniversaire de la naissance de l'écrivain. Les textes et le choix des illustrations ont été effectués par M. Bruno CENTORAME, historien de l'Art. Elle se compose de dix panneaux d'un format d'environ 120 x 190 cm. Prêt possible selon disponibilité.

"Illustrer un auteur tel que Barbey d’Aurevilly peut sembler de prime abord une tâche difficilement surmontable, tant la richesse et la complexité de l’univers du « Connétable des lettres » sont susceptibles de déconcerter un artiste exigeant et conscient de la hauteur d’une pareille tâche. Pierre Malandain le place « au tout premier rang des constructeurs d’univers. Le monde aurevillien est étrange, de cette étrangeté qui n’est pas moins inquiétante d’être, au fond, familière : ensemble poétique sans référent à forme de références, système moral unique et qui servit de repère à beaucoup, modèle idéologique terriblement déchiffrable parce qu’irréductiblement contradictoire ».

Dès 1937, Pierre Mornand relevait les écueils inhérents à l’ambition d’une telle entreprise. En effet, relevait-il, « ou bien il étouffera la sublime envolée en cherchant à rendre le côté réaliste et dramatique du sujet, où il gâtera le réel et l’humain en l’affublant d’allégories déplacées ». Bref, comme Baudelaire poète, Barbey d’Aurevilly est de la classe des auteurs inillustrables. Tour à tour évocateur de la vie cotentinaise et de moments historiques bien précis,  le temps de la chouannerie normande et la Restauration, Barbey est aussi-et surtout-un peintre d’atmosphère, sachant restituer la magie des landes, des marais et des bords de mer…Mêlant avec un art consommé le souffle épique et la réalité d’une province, « Walter Scott dans un fossé du Cotentin », pour reprendre sa propre formule, il est l’homme d’un idéal transcendé par l’art".

Bruno Centorame

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 14:24

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La Trappe de Bricquebec, lithographie de Adolphe Maugendre

L’abbaye cistercienne Notre-Dame de Grâce fut fondée au début du XIXe siècle sous la conduite de l’abbé Onfroy, curé de Digosville, sur un lot de terres incultes cédées à cette intention. Initialement constituée d’un petit groupe de moines, la communauté connaît des débuts difficiles et doit constamment lutter pour survivre et tenter de valoriser son domaine. Les bâtiments sont édifiés progressivement, autour de l’église et du cloître monastique. En 1870 ils étaient en état d’accueillir près de 800 malades et blessés de guerre. La prospérité économique de l’établissement vient peu après, sous l’abbatiat de Dom Germain Furet, qui développe au sein de l’abbaye une activité agricole particulièrement moderne et innovante, dont l’influence aller s’exercer sur de nombreuses autres exploitations.

Ces bases économiques, ainsi solidement plantées, ont permis à la communauté monastique de maintenir jusqu’à nos jours sa vocation spirituelle, fondée sur la règle de saint Benoît et l’enseignement de Bernard de Clairvaux.

L’église abbatiale et les bâtiments conventuels, ainsi que les imposantes dépendances agricoles de l’abbaye, offrent l’écrin de cette vie religieuse et témoignent de l’aventure spirituelle des moines de Bricquebec.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 13:29

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Cette conférence propose de faire un point sur la situation du Cotentin lors du traité passé entre Rollon et le roi Charles à Saint-Clair-sur-Epte, en 911. L'un des axes important de cet exposé consiste à rappeler que notre région fut principalement impliquée, durant tout le IXe siècle, dans des conflits opposant en fait la royauté franque à l'aristocratie bretonne. La menace scandinave, si elle y fut bien réelle, y apparait plus tardive et plus ponctuelle que celle exercée par les bretons. Il faut en fait attendre la fin de l'année 889, avec le siège du castrum épiscopal Saint-Lô et l’assassinat de l’évêque de Coutances, pour qu'y soit pleinement ressenti le danger des incursions vikings. Au cours des années suivantes cette présence scandinave ira s’intensifiant mais, vus depuis Rouen, nos confins occidentaux restèrent longtemps perçus comme des marges indécises. Même la date de 933 - généralement alléguée comme celle du rattachement officiel du Cotentin au duché normand - ne correspond en fait à rien de très concret. Du moins cet évènement précède t-il encore assez nettement l'affirmation effective du pouvoir ducal sur le territoire de l’ancien pagus Constantinus.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 13:01

Saint-Sauveur par Cotman

Le 22 juillet 1818 l’artiste anglais John Sell Cotman réalisait en compagnie de l’ « antiquaire » valognais Charles du Hérissier de Gerville l’une parmi les plus belles et les plus anciennes lithographies du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Il participait ainsi de l’engouement naissant pour les vestiges du passé et le patrimoine du Moyen âge. Bien d’autres artistes à sa suite – en particulier l’excellent dessinateur Georges Bouet et le physicien et archéologue Théodose Dumoncel – s’essaieront aussi à cet exercice, laissant pour la postérité de précieux témoignages sur l’état ancien de la forteresse. L’attention de ces dessinateurs romantiques fut également attirée par les vestiges de l’ancienne abbaye bénédictine, dont la reconstruction fut entreprise en 1838 par la communauté des sœurs de Marie-Madeleine Postel. La béatification de la fondatrice, en 1908, puis sa canonisation en 1925 ont engendré la production d’une abondante iconographie, montrant en particulier Marie-Madeleine auprès de l’église abbatiale dont elle assura la restauration. Mais l’attrait suscité par Saint-Sauveur-le-Vicomte auprès des artistes résulte également de la postérité littéraire d’un autre enfant du Pays, Jules Barbey d’Aurevilly, dont l’oeuvre a suscité de nombreuses illustrations. La promenade artistique richement illustrée proposée ce dimanche sera aussi un itinéraire dans la mémoire des hommes et des pierres de cette commune jouissant d’un patrimoine exceptionnel.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 12:57

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Maurice PIGEON, Les degrés de la collegiale (vers 1930)

Ville martyre, Valognes a vu disparaître lors du débarquement allié de juin 1944 une bonne partie de ses hôtels, de ses édifices publics, de ses vieilles demeures et de ses monuments religieux. Dès la fin du XVIIe siècle, elle avait perdu son château médiéval, supprimé par ordre du roi, et les remaniements urbains des XVIIIe et XIXe siècles entrainèrent d’autres destructions, celle notamment de l’hôtel de Grammont, jadis l’un des plus importants de la ville. Malgré l’intérêt précoce qu’elles suscitèrent de la part des archéologues, les ruines antiques d’Alauna ne furent pas épargnées et se virent même vandalisées à l’aide d’explosif par un agriculteur ! La conférence de dimanche s’attachera donc à retrouver la mémoire de ces édifices disparus, s’aidant pour cela de plans, de dessins et de gravures antérieurs à leur destruction. Mais l’approche proposée s’intéressera aussi à l’identité des artistes, à leur parcours et surtout au regard qu’ils ont choisi de porter sur la ville. Nous rencontrerons bien sur des artistes locaux (Félix Buhot, Maurice Pigeon, Lucien Goubert…), mais aussi des peintres de passage, tel notamment le célèbre William Turner, qui a laissé une vue de Valognes demeurée inédite et totalement méconnue.

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