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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 12:55

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Site de l’une des principales forteresses du Cotentin médiéval, Saint-Sauveur-le-Vicomte ne devait pas uniquement son rang stratégique à sa situation au croisement de plusieurs axes routiers. Cette position éminente résultait aussi de sa position portuaire, en bordure de la rivière d’Ouve, sur le plus important fleuve de la presqu’île. Attesté de très ancienne date, le port de Saint-Sauveur servit aussi bien à approvisionner en vin et en pièces d’artillerie les soldats de la guerre de Cent ans qu’à fournir en statuaire religieuses les moines de l’abbaye. Ayant fait au XVIIIe siècle l’objet de premiers travaux d’améliorations, cette structure portuaire sera encore modernisée dans les années 1830 et fut alors soumise à divers règlements contrôlant son exploitation. On sait par la suite que son terre-plein était divisé en plusieurs quartiers servant respectivement au stockage du bois, de la pierre des carrières de Rauville ou de la chaux. Cet équipement comprenait aussi des entrepôts et des ateliers qui abritaient une intense activité. Complétant utilement les informations fournies par plusieurs plans anciens, les cartes postales du début du XXe siècle nous renseignent sur ces aménagements portuaires, restés en usage jusqu’au lendemain de la première guerre mondiale.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 12:50

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Jules Barbey d’Aurevilly a reçu dans son enfance de nombreuses influences. Sa grand-mère maternelle lui a raconté de nombreuses légendes et la vieille servante de la famille, Jeanne Roussel, a complété ses récits. D’ailleurs on la retrouve dans un des épisodes plus ou moins fantastiques d’une histoire sans nom. Ajoutons que Jules Barbey d’Aurevilly doté d’une mémoire étonnante évoque aussi bien la légende du  « criard » et de « la blanche Caroline » dans Une Vieille maîtresse. Les paysages maritimes mais plus encore les landes aux contours indéfinis et les marais sont propices à créer l’inquiétude et même l’angoisse. Les sentiments s’incarnent dans des visions alarmantes, des sonneries de cloche inexplicables qui jalonnent la lecture de l’ensorcelée. La présence des bergers aux pouvoirs maléfiques ne peut qu’accentuer ce climat de peur qui court tout au long du roman. Terminons par une évocation de la Grande Malgaigne, dans Un Prêtre marié, une femme qu’on prétendait sorcière parce qu’elle avait un certain don de divination. Ainsi nous aurons balayé, dans ses grandes lignes, un aspect de l’œuvre aurevillienne.

En s‘inspirant des contes et légendes puisés dans son terroir, en les faisant vivre, en leur donnant une raison d’être, Jules Barbey d’Aurevilly enrichit sa propre narration et rappelle au lecteur cartésien que tout ne s’explique pas par la raison.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 12:50

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Vue du bourg de Bricquebec, vers 1840

1 - Implantation castrale

Comme la plupart des bourgs castraux, Bricquebec  s'est développé dans une relation d'étroite dépendance vis à vis du château médiéval établi sur le site au XIe siècle. 

Les considérations d’ordre stratégique, concernant le contrôle d’axes routiers irriguant la presqu’île a contribué à déterminer le choix de cette implantation castrale. Si la ville apparaît aujourd’hui désaxée par rapport aux principales voies de communication du Cotentin, il convient d’en envisager la situation en fonction de critères de l'époque ducale. Bricquebec se situait alors au carrefour d'une voie romaine nord sud menant des Pierrepont vers Cherbourg, et d'un axe transversal jadis fort important, reliant la baie des Veys à la côte ouest du Cotentin.

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Les abords de Bricquebec d'après la carte de Mariette de la Pagerie (1689)

 

2 – La paroisse et l'organisation du bourg

A Bricquebec, l’église paroissiale Notre-Dame - dont une partie des vestiges romans est encore visible - est attestée pour la première dans une charte des environs de 1060, sanctionnant à sa donation à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen par Robert Bertran, seigneur du lieu. La distance relativement importante qui la sépare du château est notable et il existait en outre une nette séparation entre la partie du bourg groupée autour du château et la zone d’habitat concentré auprès de l’église. Il se pourrait donc que ce "village", avec son sanctuaire et son cimetière, ait préexisté à l'implantation du château et au développement du bourg castral.

Au Moyen âge, le quartier dit « du bourg », et celui « du village » étaient en outre constitués en deux entités administratives distinctes, qualifiées de "prévotés". Dans un document de 1275 et d'autres sources postérieures, il est également question d’un énigmatique "burgo de Baielle", cité parmi d’autres biens localisés sur la paroisse. Il correspond à la partie de la ville située au delà de l’ancien passage à gué marquant la séparation entre la rue du Bourg (auj. rue de la République) et son prolongement anciennement connu sous le nom de « rue de Bailly » (auj. Pierre Marie). Outre le "village", le "bourg" et le quartier de Bailly, la paroisse de Bricquebec incluait le quartier du Foyer, hameau important qui disposait de sa propre chapelle, et le village de l'Etang-Bertran, ayant lui aussi statut de bourg.

Plus qu'une aglomération urbaine, concentrée dans un espace délimité, Bricquebec présentait donc une structure "multi-polaire" et fonctionnait en fait à l'échelle d'un vaste territoire essentiellement agraire.

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Bricquebec, l'ancienne église avant sa destruction, vers 1910

 

3 – Bourgs et bourgeois

On trouve dans manuscrit rédigé en 1784 par l’archiviste de la baronnie une explication intéressante concernant l’origine du bourg de Bricquebec : "Dans les temps reculés les seigneurs de Bricquebec propriétaires d’une terre immense par son étendue de terrain inculte, voulant se procurer des vassaux et des censitaires pour peupler le chef lieu de leur résidence, abandonnèrent à plusieurs particuliers du terrain à Bricquebec, à titre de cens, et pour leur procurer les moyens de résider sur le lieu, ils consentirent que ces nouveaux habitants puissent prendre dans la forêt de Bricquebec le bois de charpente qui seroient nécessaire pour la construction et l’entretien de leur habitation et aussi du bois pour leur chauffage particulier " (archives municipales).

Il faut cependant attendre la fin du XIIe siècle (1194) pour trouver, dans un acte de confirmation des biens de Robert Bertran par Richard Cœur de Lion, une mention explicite concernant le bourg de Bricquebec. Le terme de bourg (burgum) est également utilisé dans un acte de 1273, relatif à la vente par un particulier d’une maison « avec toutes ses quittances et ses franchises ». Bien que relativement tardif, ce document est intéressant car assez explicite sur cette notion de franchise bourgeoise, qui faisait précisément la particularité d’un bourg.

En contrepartie de ces franchises (exemption de certaines redevances, droits étendus sur les forêts seigneuriales), les bourgeois de Bricquebec étaient soumis à diverses charges. Si le devoir de guet au château était partagé avec les tenanciers d’autres paroisses environnantes, celui de participer à l'exercice de la justice seigneuriale était en revanche propre aux « bourgeois de Bricquebec et de l’Etang ».

A Bricquebec, Le droit de haute justice lié à la baronnie, engageant à traiter "toutes matières mobiles et héréditaires, criminelles et civiles", justifiait la présence de "juges et officiers", relativement nombreux. L'administration des forêts reposait sur le verdier et des sergents à gages "à la garde de nos dictes forêts". Saint-Sauveur possédait aussi un prévôt, chargé de percevoir les rentes de la baronnie, aidé de plusieurs hommes, ainsi qu'un sergent fieffé, chargé de superviser le travail des prévôts. Ces différents ressorts administratifs et judiciaires sont à l’origine de l’éclosion d’une bourgeoisie d’office, dont le pouvoir ira en s’accentuant. Nombre de membres de ces familles d’officiers sera progressivement anobli jusqu’à la Révolution (cf. travaux de M. Jack Lepetit-Vattier).

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4 - Etablissements religieux et charitables

Outre la formation d’une paroisse, le développement des bourgs castraux tient généralement à l’implantation d'établissements religieux, venus s’ajouter au pôle initial de regroupement des populations formé par le château. A Bricquebec, les maîtres de la baronnie n’ont cependant jamais souhaité établir d'implantation plus importante que l’église paroissiale, la chapelle du château et les quelques autres chapelles dont disposaient les populations forestières avoisinantes (Saint-Blaise, Saint-Siméon, Sainte-Catherine...). Liés familialement à leur berceau augeron, les Bertran ont surtout privilégié le prieuré bénédictin qu'ils avaient fondé à Beaumont-en-Auge, auprès de leur baronnie de Roncheville et, contrairement aux barons de Saint-Sauveur, de La Haye-du-Puits ou de Hambye, ils ne fondèrent jamais d'abbaye sur leurs terres du Cotentin. Le principal établissement de la paroisse demeura donc la collegiale du château, regroupant trois clercs affectés à l'encadrement paroissial et à la desserte de la chapelle castrale. D’après un document de 1440 il existait aussi une maladrerie de Bricquebec, située jadis auprès de l’actuel hameau du Foyer.

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Plan ancien du château montrant la chapelle castrale en élévation (coll. BM Cherbourg)

5 - Activités marchandes

Nous ignorons la date précise de création du marché de Bricquebec, qui se tenait initialement le samedi. Sa première attestation est contenue dans un acte de 1250, indiquant que l’abbé de Montebourg s’engageait à ne point venir le troubler.

La plus ancienne foire de Bricquebec était la foire Saint-Paul attestée par des actes de 1221 et de 1255. Elle se tenait sur la côte ouest du Cotentin, sur la paroisse disparue de Saint-Paul-des-Sablons (rattachée à celle de Beaubigny). Un aveu de 1453 précise que cette foire était une « fillette de Champaigne » et l'une des plus anciennes de Normandie. Elle durait de la veille de la Saint-Jean-Baptiste (23 juin) au "l’andemain du jour de sainct Poul" (30 juin), soit une durée de 7 jours. Au lendemain des guerres de Religion, elle fut transférée de  Saint-Paul des Sablons à Bricquebec "pour la sécurité et commodité des marchands et du commerce, ayant été volée et pillée durant les guerres civiles ".

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Le marché de Bricquebec, carte postale ancienne (coll. Jacques Blin)

En 1325, Robert Bertran obtient du roi Charles IV la création de deux nouvelles foires, l’une à Bricquebec à la sainte Catherine, et la seconde à l’Etang Bertran à la Saint-Nicolas. Le maréchal Bertan avait aussi obtenu du roi la création d’une foire qui se tenait à Magneville, le jour de la Saint-Maur, et dont il fit don à Jean de Magneville en 1343. Toutes ces foires donnaient lieu à la perception de coutumes et à une redevance spécifique sur les boissons, dite « tavernage ».

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La foire Sainte-Anne, carte postale ancienne 

D’après des sources du XVIIIe siècle, il existait une halle "joignant le château, sur la place des buttes". L’aveu rendu en 1723 par le Marquis de Matignon évoque "une grande place vide, et sans clôture, appelée communément la Place des Buttes, servant de champs, de lieu, et de place pour les foires".

Deux autres halles existaient aussi sous le bâtiment de l’auditoire, "dont l’une sert aux bouchers pour étaler leurs viandes, et l’autre à mettre plusieurs sortes de marchandises pendant les foires et marchés". Cette halle marchande abritait à l'étage le siège de la haute justice de Bricquebec, où se trouvaient "parquet, chambre de conseil, prisons et autres bâtiments et nécessaires, pour l’administration de la justice, et garde des prisonniers".

Cette halle fut transformée au XIXe siècle en hôtel de ville mais a conservé en rez-de-chaussée des galeries commerçantes. 

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L'ancien auditoire devenu mairie. La maison du premier plan occuppe l'emplacement des anciennes prisons

 

6 - Voies de communication

Bricquebec offre un exemple remarquable de route médiévale, la « querrière Bertran », qui est attestée dans plusieurs aveux médiévaux comme appartenant en propre aux maîtres de la baronnie. Plus large que la moyenne des routes contemporaines, elle possédait plusieurs branches, dont l’une allait de Bricquebec jusqu’au passage des Veys, via Orglandes, et une autre jusqu’à Neuville-en-Beaumont, via le Pont Saint-Paul, établi sur la rivière Sye. Le nom de cet ouvrage est probablement à mettre en relation avec la principale foire médiévale de Bricquebec.

Pour leur usage propre, les barons de Bricquebec imposaient aussi à leur tenanciers nobles du Cotentin un devoir d’aide pour le transport des denrées et des marchandises entre Bricquebec et le port de Quinéville (le quarreium de Quinevilla). Nous savons par ailleurs que la famille Bertran possédait une nef, la Sainte-Catherine, qu’un bourgeois de Honfleur était tenu de conduire, chaque fois que nécessaire, vers l’Angleterre.

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Le havre de Quinéville servait de débouché maritime aux maitres de la baronnie

 

7 - La chaussée, le vivier et le moulin

La rue du bourg était délimitée par une chaussée, où l'on franchissait le cours de la rivière de Sye. L'aménagement de la chaussée, encore bien lisible aujourd'hui, est très représentatif de l'organisation des voiries médiévales. Celle-ci s'inscrit au point de barrage et d'une retenue d'eau, formant un petit étang qui servait au Moyen âge de vivier à poisson. Bien sûr, ce vivier appartenait aux barons de Bricquebec qui en consommaient les poissons à leur table. Ils possédaient plusieurs rivières, sur lesquelles ces pêcheries étaient nombreuses.

Les aveux médiévaux précisent : "Esquelles rivières et en chacune d'icelles je puis avoir pescheries et y pescher ou faire pescher avec filley ".

De l'autre côté du passage à guet, cette chaussée alimentait un important moulin seigneurial, autre propriété des barons de Bricquebec, où vivait et travaillait un meunier "fieffé". Dans la société médiévale, les habitants du bourgs étaient "moûtains" aux moulins du seigneur, c'est-à-dire qu'ils étaient obligés sous peine d'amende d'y venir faire moudre leur blé ou autres céréales, moyennant un paiement en nature, correspondant généralement au 10e ou au 12e de leur production. Bien souvent, les bourgeois étaient aussi soumis à des devoirs d'entretien du moulin, de la chaussée et de la rivière. A Bricquebec comme ailleurs, ils devaient en changer les meules et aller chercher ces dernières jusqu'aux principaux ports voisins.

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Retenue d'eau des anciens moulins, d'après une carte postale ancienne

Un aveu de 1456 précise en particulier : Et à cause ded. Moullins m’appartiennent et sont deubz plusieurs services particuliers, tant de charriages de meulles au grain, réparations de chaussée, ( lacune) : Et sont tenus mes hommes de mad. Seigneurie subjectz aller faire moudre leurs bleds ausd. Moulins, sous peine de forfaiture ».

A côté du moulin à céréales existait aussi un moulin à foulon, servant à la confection des draps et autres textiles, fabriqués à partir de lin ou de chanvre. Celui-ci est mentionné dans un acte de 1487, mentionnant la fieffe au profit de Colin Rouxel par Guyon d'Estouteville d'"un moulin assis au dit lieu de Bricquebec nommé le moulin foulleur". Il précisé que "Lequel moulin iceluy preneur pourra mettre en réparation pour fouller draps et piller chanvre". Cette fieffe fut consentie pour " de 47 sols, 6 deniers tournois et "deux videquos (sortes de coqs de bruyères) par chacun an de rente".

D'autres moulins servaient enfin pour le brassage de la bière (à partir d'orge) et pour la fabrication du tan, à partir d'écorce de chêne, que l'on utilisait pour le travail du cuir, dans les tanneries.

Julien Deshayes

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:11

rue Carnot (édifice disparu)

Jean Lefèvre, seigneur du fief de Haupitois à Lieusaint, était en possession de cet hôtel aux environs de 1600. Il fut l'époux de Marguerite de Ravalet, décapitée à Paris, pour inceste avec son frère Julien, le 2 décembre 1603. Hervé Lefèvre hérite en 1641 de la propriété de son père et y décède en 1692. L'édifice reste dans la famille Lefèvre jusqu'en 1749, date du mariage de Marie-Anne Lefèvre avec Hervé-Charles de Thieuville. Il passe en 1786 à la marquise de Thiboutot, née de Thieuville. L'hôtel est racheté par la ville en 1829 et abrite la sous préfecture jusqu'en 1836. Il accueillera ensuite la perception de Valognes et le Cercle Catholique. En 1902, il est vendu au banquier Georges Lepetit, qui loue une partie de l'édifice à l'imprimerie du "Journal de Valognes", édité jusqu'en 1944.

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Façade sur rue d'après une photographie du début du XXe siècle

L'ensemble a été entièrement détruit lors des bombardements alliés de juin 1944. Seule une grille de garde corps d'un balcon donnant sur la rue a été préservé Cet élément figure aujourd'hui parmi les collections du Musée de l'eau de vie et des vieux métiers de la ville de Valognes.

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L'hôtel après destruction, en juin 1944

L'hôtel visible sur les anciennes photographies présentait principalement des élévations datant du XVIIIe siècle. L'ordonnance des fenêtres coiffées d'arcs cintrés de l'étage noble et le grand portail d'entrée ouvrant sur les jardins indiquaient cette période. Côté rue, plusieurs vestiges de l'édifice antérieur subsistaient toutefois : porte fenêtre coiffée d’un fronton triangulaire dans le style de la "seconde Renaissance Cotentinaise" et haut mur médiéval en pierre de taille dans lequel avait intégré le portail lui-même. La date portée de 1599, relevée jadis sur sur la porte cochère, se rapportait probablement à cette phase ancienne de la construction. Une série de mémoires d'artisans, relative à des travaux de second œuvre, atteste probablement l'achèvement de la rénovation de l'édifice aux alentours de 1785. Vers 1791, l'inventaire après décès du marquis de Thieuville donne une idée de l'importance de cette propriété. Il énumère conjointement la chambre de Marie, la chambre de monsieur le Comte d’Octeville, la chambre des demoiselles, la chambre de madame la marquise de Thiboutot, la chambre de monsieur le marquis, la chambre de madame la comtesse d’Octeville et les chambres des gens. Il cite également plusieurs cabinets, deux gardes robes et l'antichambre de Madame. Ce document distingue également l'écurie du maître et celle des étrangers.

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Façade sur rue, dessin de l'entre-deux guerres

D'après le témoignage de Mademoiselle Le Bouteiller "lorsque l'on franchissait le porche, on pénétrait dans une vaste cour prolongée par un jardin en terrasse auquel on accédait par un perron d'une dizaine de marches. Cour et jardin étaient bordés sur la gauche d'un bâtiment en équerre. La porte d'honneur surmontée d'un arc en anse de panier reposant sur des chapiteaux corinthiens s'ouvrait au rez-de-chaussée sur un vestibule d'où s'élevait un bel escalier en pierres de Valognes orné d'une rampe en fer forgé. Le rez-de-chaussée était réservé aux domestiques. L'étage noble, aux vastes pièces habillées de superbes parquets Versailles était éclairé par de hautes fenêtres à petits carreaux".

Julien Deshayes et Stéphanie Javel

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 10:55

75, rue de Poterie

L'édifice situé au 75 de la rue de Poterie fit en 1578 l'objet d'un achat, effectué par François Marmyon de la Voutte, bourgeois marchand de Valognes, au dénommé Jean Guiffard, qui le tenait lui même d'une acquisition antérieure, faite en 1565 auprès de Michèle Vautier. En 1582, ce premier lot fut augmenté par François Marmyon d'une petite maison à usage de grange contigüe à la sienne. Un siècle plus tard, en 1678, l'ensemble est revendu par les héritiers de François Marmyon à Adrien Clerel de Sortosville, qui le cède en 1685 à Hervé Leroux, sieur de Giberprey (issue d’une famille originaire de la paroisse de Tocqueville anoblie en 1466). En 1746, Suzanne et Françoise Leroux, les deux filles et héritières du sieur de Giberprey, vendent à Nicolas Levaillant de Basmesnil, avocat au parlement de Normandie, "deux maisons ou grand corps de logis se tenant ensemble couvert d’ardoise l’un à porte cochère se consistant en un office, cuisine, laverie, salon, cellier, appentis et écuries, les chambres et greniers dessus étant, l’autre maison à usage de salle, chambre, et greniers dessus, un petit aistre en forme d’appentis au côtes pendantes derrières icelle, les cours et issues au derrière et un jardin potager au bout des cours fermé de muraille ". Cette demeure est restée ensuite en possession des héritiers de M. Levaillant jusqu'en 1857, date de sa vente à M. et Mme Duquesne. Revendue en 1880 à M. Guillemin, puis en 1907 à M. et Mme Boudillet, elle appartient depuis 1973 à la famille Beaugrand.

 Nous ignorons le lien unissant cette propriété à Monsieur d'Heu, officier portant entre 1750 et 1779 le titre de Commissaire des guerres, qui lui a usuellement laissé son nom. Dans L'état général des gentilshommes de Valognes dressé en  1778, ce dernier est mentionné comme étant veuf avec un enfant à charge et cinq domestiques à son service. En 1780,  Monsieur d'Heu est encore signalé dans la capitation des nobles au nombre des habitants de la rue de Poterie, mais il semble qu'il fut seulement locataire de l'édifice, et non son propriétaire. Nous ne maintenons ici l'appelation d'hôtel d'Heu qu'en raison de la tradition orale dont nous avons hérité, mais il est évident que la référence à M. de Giberprey, son commanditaire présumé au XVIIIe siècle, serait plus légitime.

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Façade sur rue

La façade sur rue de l'hôtel est entièrement traitée en pierre de taille calcaire. Elle se compose de huit travées, superposant un rez-de-chaussée percé de baies à linteau cintré et un premier étage de fenêtres à linteau droit, séparés par un bandeau horizontal. L'étage de combles est éclairé par trois lucarnes à fronton. Le porche du passage cocher menant vers la cour est reportée à l'extrémité gauche de la façade. Selon des critères stylistique, il semble que cette façade puisse être datée soit de l'extrême fin du XVIIe siècle, soit des toutes premières années du siècle suivant. L'attribution de la commande reviendrait donc au sieur de Giberprey, qui avait acheté l'édifice en 1685.

L'élévation postérieure de l'édifice a préservé l'essentiel de ses dispositions des XVIe et XVIIe siècles. Elle se signale en particulier par une imposante tour d'escalier circulaire et par plusieurs fenêtres à meneaux ou à simple croisillon. Le maintien des dispositions d'époque Renaissance détermine également la distribution des espaces intérieurs, avec grande salle de plain-pied et accès à l'étage par un escalier en vis logé dans la tour hors-oeuvre. Une cheminée avec écusson héraldique martelé, a également été préservée dans la salle du rez-de-chaussée. Le sommet de la tour d'escalier abrite une fuie à pigeons, ouvrant par une petite fenêtre à encadrement saillant et pierre d'envol.

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Façade sur cour

Le petit bâtiment de commun bordant actuellement la cour du côté droit ne figure pas sur les plans anciens, qui montrent en revanche, à son emplacement, un escalier extérieur tournant à deux volées et un repos. Cet escalier a depuis été déplacé au centre du mur de soutènement du jardin en terrasse, qui se situe en nette surélévation par rapport à la cour et occupe tout l'arrière de la propriété. L'aile gauche, abritant une charreterie composée de deux grandes arcades en plein-cintre, apparaît en revanche sur les plans du XVIIIe siècle. L'hôtel d'Heu possède également un logement en dépendance, installé dans une petite maison du XVIIe siècle, avec fenêtres à meneaux (partiellement restaurées), donnant sur la rue de Poterie.

 

Julien Deshayes et Stéphanie Javel,

avec de notables apports historiques résultant des recherches de Mme Beaugrand.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 10:22

Place du Calvaire (édifice disparu)

Les premiers propriétaires connus, qui furent probablement les constructeurs de l'hôtel, sont les membres de la famille Saint-Simon, attestée à Valognes depuis la fin du XVIIe siècle. En 1713, Jacques-Antoine Malo de Saint-Simon (1687-1735), chevalier, seigneur de Saint-Simon, de la Fière et de Bretteville-sur-Ay, avait en effet acheté un terrain de 12 à 15 toises pour l'agrandissement de sa maison et dépendances, place des vieilles halles. Né à Valognes le 15 novembre 1687 de l'union de Bon-Antoine de Saint-Simon, chevalier, seigneur de Saint-Simon et de Marie-Suzanne Lefèvre de Sortosville (morte en couche après sa naissance), Jacques-Antoine Malo épousa en 1703 Marie-Anne le Berseur, fille du marquis de Fontenay. En raison d'une relation de consanguinité au 4e degré, ce mariage fut annulé et dut être renouvellé, avec dispense du pape, le 20 novembre 1705.

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Plan de la place des Capucins vers 1770 avec indication de l'hôtel d'Harcourt

 

En 1735, à la mort de Jacques-Antoine Malo de Saint-Simon, l'hôtel valognais est transmis à sa  fille et unique héritière, Marie-Henriette de Saint-Simon, née à Valognes le 19 juin 1709, mariée cette même année 1735 avec François-Charles Dancel, seigneur de Quinéville. Dix année plus tard, le 11 mai 1745, elle revendait la propriété au prix de 19 210 livres à Jacques d'Harcourt, seigneur et marquis d'Olonde. L'édifice se consistait alors "en cuisine, offices, laverie, caves, cavots, salles, grand cabinet et autres aistres, un escalier, grande cour, écurie, remises, petite cour y joignant, jardins potager et bosquet au bas de l’un desdits jardins situé place des vieilles halles, jouxte et butte à la place des vieilles halles, au sieur Dursus seigneur de Varouville, la veuve Dubois du Saussey, aux Capucins, pont Secouret, au sieur d’Arqueville Simon, et à la voye tendant des vieilles halles à ladite rivière du pont Secouret".

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L'hôtel D'Harcourt sur le plan Lerouge de 1767

A la mort du marquis d'Harcourt, décédé à Valognes le 11 mars 1767, la propriété demeura en possession de sa veuve, Mme Elisabeth Charlotte de Maillart, qu'il avait épousé en 1740. Bien que fort agée, cette dernière traversa douloureusement les évènements de la période révolutionnaire ; arrêtée en 1794 elle fut décrite par le comité de surveillance comme "une femme fière et hautaine, une aristocrate enragée, ayant toujours chez elle des rassemblements de nobles et correspondant sans cesse avec les émigrés". Selon l'abbé Adam (Etude sur la ville de Valognes, p. 162), "on avait d'ailleurs découvert à son domicile une paire de pistolets anglais à secret et une croix de Saint-Louis, double preuve de son incivisme et de son esprit contre-révolutionnaire". Au début du XXe siècle, l'hôtel devient l'école libre des garçons, dite école Saint-Malo, détruite en 1944.

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L'hôtel d'Harcourt, devenu école Saint-Malo, sur une carte postale du début du XXe siècle

Un grand portail permettait l'accès à la cour, bordée à gauche par le corps de logis, ayant un simple plan quadrangulaire. La façade principale, enduite, était composée de sept travées et de deux niveaux d'élévation séparés par un bandeau horizontal. Les baies du rez-de-chaussée coiffées d'un linteau cintré avec une clef non sculptée, se distinguaient de celles du premier étage, couvertes d'un simple linteau droit. La toiture à croupes, ne possédait pas de lucarnes. Au vu des sources écrites disponibles, il semble que cette construction puisse être datée des années 1720-1730 environ, et attribuée en conséquence à M. Jacques-Antoine Malo de Saint-Simon.

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Stéphanie Javel et Julien Deshayes

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:55

32, Rue des Religieuses

L'hôtel Grandval-Caligny est établi sur un terrain constitué entre 1671 et 1691, par acquisition progressive de plusieurs parcelles partiellement loties. L'acquéreur, Pierre Fourneyron, originaire d'Auvergne, était receveur des tailles de l'élection de Valognes. En 1708, Michel-Vincent Fourneyron, son fils, revend une propriété constituée de "trois corps de logis, sis rue Aubert, entretenant ensemble" à Adrien Morel, seigneur de Courcy, gouverneur de Valognes. La construction du corps principal entre cour et jardin, et de l'aile sur rue, abritant un logement en dépendance, apparaît postérieure à cette vente.

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Façade sur les jardins

Anthénor-Louis Hue de Caligny, gendre du seigneur de Courcy, hérite de la propriété en 1752. Il habitait déjà l'hôtel au lendemain de son mariage, en 1745, et achète en 1749 diverses maisons longeant la rue des religieuses, au sud du logis. L'extension du corps de logis entre cour et jardin, par l'adjonction d'un pavillon, lui revient. La construction des écuries et remises surmontées d'une terrasse à balustres, qui forment l'aile basse reliant le corps sur rue et le corps principal entre cour et jardin, est probablement contemporaine de cette adjonction. En 1871, Stanislas de Grandval vend l'hôtel à Jacques le Souhaity, brasseur de bière, qui y installe une brasserie. En 1877, ce dernier revend la propriété à Pierre Maréchal propriétaire de l'hôtel de voyageurs "du Louvre", qui s'en sépare à son tour, en 1912, au profit de maître Pierre Fauvel, avoué. De 1871 à 1887 une partie de l'hôtel est louée par l'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly, qui y rédige une partie de son recueil de nouvelles "Les Diaboliques".

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Façade de l'aile sur la rue des Religieuses, carte postales ancienne, vers 1900

L'hôtel de Grandval-Caligny est constitué d'un corps de logis de plan rectangulaire entre cour et jardin, relié par deux ailes basses à un second corps sur rue. L'accès à la cour d'honneur se fait depuis la rue par un passage couvert traversant le logement en dépendance. L'élévation sur cour du corps principal se divise en neuf travées ordonnancées, établies sur trois niveaux, avec au centre un large avant-corps de trois travées couronné par un fronton triangulaire. La même ordonnance règne sur les deux niveaux de la façade sur jardin. Le rez-de-chaussée sur cour correspond à un étage de soubassement, permettant de rattraper le dénivelé provoqué par le surplomb du jardin. Le rez-de-chaussée surélevé, de plain-pied avec le jardin, supporte un étage carré et un niveau de comble habitable, éclairé par des lucarnes.

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Galerie de liaison établie entre les deux ailes et séparant la cour d'honneur de l'arrière-cour

Côté sud, le corps de logis entre cour et jardin est accolé à un pavillon rectangulaire de trois travées, qui lui a été adjoint au milieu du XVIIIe siècle. Ce pavillon fait face à une basse-cour, reportée en position latérale, séparée de la cour d'honneur par l'une des ailes basses. Très sobre côté cour, ce pavillon présente en revanche, face au jardin, une belle élévation en pierre de taille, avec baies de rez-de-chaussée en plein cintre à clefs sculptées. Les deux ailes basses latérales abritent en rez-de-chaussée des communs, à usage d'écuries et de remises. Elles supportent des terrasses à balustres, doublées sur l'arrière de hauts murs aveugles décorés de fausses baies. Il s'agit d'une mise en scène très théâtrale, qui contraste avec la sobriété du corps de logis principal. Le corps sur rue se signale essentiellement par son avant corps central, de la largeur d'une travée, à épais refends en bossage. La porte cochère ouvrant au centre de cet avant-corps est dominée par un balcon à garde-corps en ferronnerie placé face à une haute porte fenêtre. En partie supérieure, un petit étage attique sous fronton triangulaire fait saillie à hauteur de la toiture d'ardoise.

Stéphanie Javel et Julien Deshayes

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:49

15, rue de Wéléat

Cet hôtel fut édifié par Jean-Jacques Folliot, seigneur de Fierville, sur une parcelle de l'ancien domaine du Gisors, dit "enclos de Sainte-Suzanne" qu'il avait achetée le 14 juin 1693. La construction, commencée en 1720 est terminée dès 1722. Vendu en 1840 par Robert Lefèvre de la Grimonnière à Ernestine Malbec de Briges, la propriété se composait alors d' « une maison de maître comprenant cuisine, salles, chambres, greniers sous le comble, couverture en ardoise; la cour et les bâtiments en dépendant; le jardin potager sis au derrière de la dite maison ».

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Portail charretier ouvrant sur le parc

L'hôtel Folliot de Fierville est constitué d'un corps de logis de plan massé, entouré d'un parc et précédé d'une cour. L'habitation possède un rez-de-chaussée surélevé établi sur un étage de soubassement, un étage carré et un étage de comble. L'ensemble de la façade est traité en pierre de taille calcaire. Les angles de l'édifice sont soulignés par des chaînes d'angles en bossage. Les cinq travées de la façade sur cour s'ordonnent autour d'un faux avant-corps central large d'une travée, délimité par des jambes en bossage et couronné par un fronton triangulaire avec pierre armoriale. La porte d'entrée accessible par un important perron de six marches, possède un linteau cintré tandis que les autres baies sont à linteau droit. La façade sur jardin, comprend un total de sept travées organisées autour d'un avant-corps central à fronton triangulaire. Cette construction, l'un des rares édifices valognais à présenter un corps massé double en profondeur, évoque les modèles diffusés par les recueils d'architecture de Pierre Bullet et François Blondel. Dans la région, il possède des équivalents aux châteaux de Tourville, de la Bretonnière ou de Carneville.

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Façade antérieure

Stéphanie Javel et Julien Deshayes

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:28

23, rue de Poterie (édifice détruit)

L’histoire de cet hôtel disparu lors des bombardements de la libération demeure largement méconnue. Il appartenait dans le dernier quart du XVIIIe siècle, au dénommé Jacques-Charles Nicolas Le Bienvenu Dutour, inscrit au n°23 de la rue de Poterie lors du recensement de 1786. Ce dernier figure également parmi les habitants de cette rue sur le Rôle de la capitation des nobles, exempts et privilégiés rédigé en 1780. Né à Valognes en 1761, Dutourps était issu d’une famille établie en ville depuis au moins le début du XVIIe siècleIl possédait un office de Conseiller du roi et exerçait la charge de Lieutenant de police. Il fut en 1789 l’un des représentants du bailliage de Valognes chargé de la rédaction des cahiers de Doléance. Ayant semble t-il passé la Révolution sans trop de soucis, Nicolas Dutourp fut ensuite maire de Valognes, charge qu’il exerça de 1800 à 1807. Il est inscrit en 1802 parmi les cents citoyens les plus lourdement imposés de la ville. En 1813, il contribua par un don de 4457 francs à l’établissement des sœurs de Saint-Vincent de Paul, venues s’établir dans l’hôtel de Thieuville. Il avait épousé en 1783 Marie Elisabeth Frigoult, originaire d’Houesville, dont il eut un fils, René, qui fit une carrière militaire. Sont également cités, dans un acte daté du 29 avril 1843, ses trois enfants et héritiers : Marcel-Stanislas, conseiller du roi à Caen, Jules-Victor Amédée, demeurant à Valognes, et Marie-Françoise Alexandrine le Bienvenu du Tourp, épouse de Gabriel-Charles Louis Hamelin d’Ectot, ancien procureur demeurant à Saint-Vaast.

L'édifice était entre les deux guerres la propriété de Jean Villault-Duchesnois, qui fut nommé sous-préfet de Valognes en 1897 puis en devint sénateur en 1927. Villault-Duchesnois et mort dans son hôtel lors des bombardements de juin 1944 et repose au cimetière Saint-Malo.

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L'hôtel Dutourp d'après une carte postale ancienne

Cet hôtel, situé au bas de la rue de Poterie, présentait une façade sur rue de cinq travées, ordonnancées autour d’un étroit corps central à fronton triangulaire, balcon à l’italienne et fenêtres à clés ornées de motifs rocailles. Edifié sur trois niveaux plus un étage de comble, l’édifice présentait une élévation particulièrement soignée. Il possédait sur l’arrière une longue aile en retour, une tour hors-oeuvre de forme quadrangulaire et des jardins qui s’étendaient jusqu’aux fossés du château (détruit en 1688).

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Vue de la cour de l'hôtel Dutourp peu avant sa destruction, huile sur toile de Maurice Pigeon

Julien Deshayes

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En 1603, un dénommé Le Bienvenu rendait aveu au roi pour une propriété sise à Valognes (DUBOSC, A 3783). Nicolas Le Bienvenu est cité dans en 1719 dans un acte du notariat de Valognes.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:14

43, rue de Poterie

En 1722, Jean-François Lecocq sieur de la Bonterie reçut une somme de 630 livres « qu'il a déclaré employer pour lui aider à faire parachever un corps de logis qu'il a fait construire ». Ce corps de logis était jouxté par la famille Hamon (hôtel de Carville) et la chasse des fauconniers (actuelle rue de Loraille). Le 26 mars 1771, Georges Le Cocq de Reuville revendait l'hôtel, hérité de son père, à Marie-Charlotte Viel de Lignières. En 1778 Madame de Lignières, veuve et sans enfants, résidant dans son hôtel de la rue du Gravier, employait cinq domestiques à son service. Durant la période révolutionnaire, la demeure de Mme de Lignières fut le cadre de nombreux offices célébrés par des prêtres non assermentés.

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Hôtel Dursus, façades sur cour

L’hôtel Dursus, endommagé lors des bombardements américains de 1944, présente aujourd’hui une façade sur rue datant de la Reconstruction. Sur l’arrière subsiste une aile en retour bordant une cour fermée de hauts murs. La façade postérieure a conservé un enduit couvrant à décor de faux appareil orné d’un bandeau ponctué de rosaces, courant au dessus des linteaux des fenêtres de l’étage.

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Hôtel Dursus, détail de l'enduit couvrant de la façade postérieure

 

Stéphanie Javel et Julien Deshayes

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