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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 10:10

024 Maugendre

Le château de Bricquebec par Adolphe Maugendre, vers 1850

C’est en compagnie de l’ « antiquaire » valognais Charles du Hérissier de Gerville que l’artiste anglais John Sell Cotman réalisait, le 22 juillet 1818, l’une parmi les plus belles et les plus anciennes lithographies du château de Bricquebec. Il participait ainsi de l’engouement alors naissant pour les vestiges du passé et le patrimoine du Moyen âge. Bien d’autres artistes à sa suite – en particulier le physicien, artiste et archéologue Théodose Dumoncel – s’essaieront également à cet exercice, laissant ainsi pour la postérité de précieux témoignages sur l’état ancien de la forteresse. Dans la première moitié du XXe siècle encore, André Mare (1885-1932), artiste de renom et contributeur du cubisme, pérennisait cette tradition en offrant à son tour une vue du célèbre donjon, selon un axe qui sera encore repris, après guerre par la peintre et décoratrice Yvonne-Jean Haffen (1895-1993). Mais la ville et son canton furent tout particulièrement marqués par l’activité d’un « enfant du pays », le cherbourgeois Lucien Goubert (1887-1964), qui séjourna à Bricquebec de 1914 à 1920 et vint ultérieurement s’établir sur la commune de Rauville-la-Bigot. Dans une attitude assez nouvelle, propre à divers artistes de sa génération, Goubert croisait dans sa pratique artistique l’impression du photographe aux traits du crayon et de la peinture sur toile. Ses vues animées du marché de Bricquebec côtoient d’autres thèmes d’inspiration, tels que les paysages de chemins bocagers ou les intérieurs de vieilles demeures des environs. Avec une verve supérieure, Michel Adrien Servant (1885-1949) s’attachera lui aussi à mettre en scène les figures de paysans au marché, affairés à leurs transactions. Il représentera également, dans une optique proche du documentaire, la vie des moines de la Trappe, complétant ainsi l’approche paysagère qu’un Adolphe Maugendre (1809-1895) avait, au siècle précédent, donné de l’abbaye. Cette intervention, richement illustrée, sera animée par M. Julien Deshayes, animateur du patrimoine du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:26

12, rue Alexis de Tocqueville

 

Cet hôtel fut acheté le 2 septembre 1807 à Augustin Anne Mesnil, par Victor Guillaume François Dorléans. La famille Dorléans, qui a laissé son nom à la propriété, était une famille d'avocat bien implantée dans la région de Saint-Sauveur-Le-Vicomte et de Valognes sous l'ancien régime. Né en 1763, François Dorléans était licencié en droit depuis 1785 et fut nommé procureur impérial en 1811, puis président du tribunal de Valognes le 3 mars 1819.

Buhot, la maison d'Orléans

"La maison Dorléans" par Félix Buhot, vers 1880

La propriété, déjà visible sur le plan Lerouge de 1767, présente en façade une date portée de 1725, indication probable de sa date d'achèvement. Elle est également représentée sur tous les projets de place royale des années 1770-1780 et ne semble pas avoir subi de transformations importantes depuis le milieu XVIIIe siècle. Cet hôtel, implanté en léger retrait de la place du château a été amputé d'une partie de son jardin lors du percement de la rue du Dr. Lebouteiller, créée lors des aménagements urbains de la Reconstruction. La façade sur rue, édifiée en pierre de taille calcaire, se compose de trois travées délimitées aux angles de l'édifice par des chaînes en bossage. Les baies du rez-de-chaussée ont un linteau cintré et celles du premier étage sont à linteau droit. Les appuis des fenêtres du premier étage sont reliés entre eux par un bandeau horizontal continu, et sont également rattachés aux linteaux des baies du rez-de-chaussée par de petites bandes verticales. L'axe de la travée centrale est souligné à l'étage par une porte fenêtre avec balcon à garde-corps en fer forgé, soutenu par deux grosses consoles à volutes. La toiture à pans brisés est agrémentée de trois lucarnes éclairant les combles. La façade sur jardin, traitée en simples moellons, est adossée d'un corps de maçonnerie saillant coiffé en pavillon, abritant l'escalier et des réduits de desserte. Le grand portail à décor bossages donnant accès au jardin depuis la rue du Docteur Lebouteiller, constitue une adjonction récente.

L'hôtel Dorléans figure sur une gravure de Félix Buhot datée de 1879-1880 environ.

 Valognes-hotels-particuliers 9300

L'hôtel Dorléans, façade sur rue

 

Annexe

Acte de vente du 2 septembre 1807 :

« Augustin Anne Mesnil, médecin, a vendu à Victor Guillaume François Dorléans, juge au tribunal de première instance de Valognes, un corps de logis appartenant audit sieur Mesnil, place du château, composé de cave, salle, cuisine, chambres, cabinets, greniers, hangars, appentis le tout de fond en comble, cours, les jardins derrière et à côté dudit corps de logis, s’étendant derrière les maisons de plusieurs voisins et ayant ouverture dans la rue du Bourg Neuf, y compris trois autres appartements dont une salle sur le bord de la place, les deux autres adossés contre le pignon de l’ouest dudit corps de logis, lesdits trois appartements venant de la famille Laisné, le tout tenant au devant à la palce du Château à l’un des côtés les mineurs Gouin de l’autre, aux héritiers Laisné, le sieur Houellebecq, prêtre, à la rue du Bourg Neuf, à l’Evesque, menuisier…. 9 000 francs » (ADM, 5 E 15146, fol. 152).


Julien Deshayes et Stéphanie Javel

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:58

Alauna, thermes 2

Le tarif forfaitaire des ateliers et des visites destinés aux groupes scolaires et péri-scolaires est de 78 €.

Attention, certains ateliers ne peuvent accueillir qu'un nombre limité d'enfants et nécessitent la présence de deux guides. Dans ce cas deux vacations seront facturées (nous consulter).

 

Ces visites et ateliers sont gratuits pour les communes membres du Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin. 

 

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Les réservations sont à prendre au minimum une dizaine de jours à l'avance, par téléphone (02 33 95 01 26) ou par courriel (pah.clos.cotentin@wanadoo.fr).

 

Nos locaux sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 18h00.

Nous sommes naturellement à votre disposition pour tout apport d'information et pour définir avec vous les programmes les mieux adaptés.

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:36

 

L'équipe du Pays d'art et d'histoire est également en mesure d'intervenir directement dans les classes ou de recevoir des groupes scolaires pour proposer sous forme de projections illustrées, des initiations thématiques au patrimoine local. Nous disposons à cet effet d'une "banque documentaire" comprenant plus de 10 000 clichés consacrés au patrimoine de la presqu'île du Cotentin.

ConferenceMars2010 JulienDeshayes

Thèmes proposés (liste non exhaustive)

Les châteaux forts du Cotentin

Le bestiaire roman du Cotentin

Les manoirs du Cotentin

L'art de la Renaissance en Cotentin

La vie au Moyen âge auprès des châteaux forts

Les forêts du Cotentin  du Moyen âge 

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:32

chasse au trésor

Les Chasses au Trésor proposées dans les châteaux de Saint-Sauveur-le-Vicomte et de Bricquebec ainsi que sur le site archéologique des anciens thermes romains de Valognes sont adaptées pour les groupes d'enfants âgés de 6 à 12 ans. C'est une forme de découverte ludique, destinée à susciter le sens de l'observation des enfants.

 

Comme les visites guidées, les chasses au trésor peuvent être complétées par un atelier.

P1000831

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:14

COR10982

Pour les plus jeunes (de la primaire jusqu'en 5ème), des ateliers permettent de compléter la découverte et l'observation du patrimoine par des activités créatives d'apprentissage : fabrication de blasons, construction d'une maquette évolutive sur les châteaux et les villes du Moyen-Âge, initiation à la taille de pierre.... Ces ateliers peuvent se dérouler soit à Valognes, dans nos locaux de la maison du patrimoine, soit à Saint-Sauveur-le-Vicomte, sur le site du château (selon la disponibilité des salles).

 

D'autres thématiques d'ateliers peuvent au besoin être développées en relation avec les enseignants.

 

 

Liste des ateliers proposés aux groupes scolaires et jeunes publics

 

Atelier château fort

L'art du blason

Fabrication du pain

L'enluminure au Moyen âge

Initiation à la taille de pierre

Atelier contes et légendes (la gargouille, le loup-garou)

 Atelier de fabrication de cidre (en octobre et novembre seulement)                            

L'art du vitrail

L'enluminure à la manière de Jules Barbey d'Aurevilly

 poteries

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 14:46

Saint-Sauveur 01

Les guides conférenciers du Pays d'art proposent aux groupes scolaires de nombreux thèmes de visites guidées destinés à faire découvrir les richesses du patrimoine local. Depuis les thermes antiques d'Alauna jusqu'au patrimoine de la Reconstruction en intégrant bien sûr les châteaux médiévaux de Bricquebec et de Saint-Sauveur-le-Vicomte, les édifices religieux ou le bâti rural, les thématiques proposées s'adaptent au programme et aux attentes des enseignants. L'offre proposée s'étend depuis les classes de primaire jusqu'à celles de Terminale. Pour certains thèmes de visites, nous disposons de livrets de découvertes permettant aux élèves de consigner leurs observations. Dans le cadre de ces projets , nous pouvons aussi fournir aux enseignants des dossiers documentaires sur les thématiques et les édifices concernés.

 

Thèmes proposés (liste non exhaustive:


 

VALOGNES  

Thermes romains d'Alauna à Valognes

 Valognes au Moyen âge

 Hôtels particuliers de la noblesse valognaise  L'ancienne abbaye bénédictine royale à Valognes

 Le musée du cidre de Valognes

 Le musée des vieux métiers de Valognes

 Valognes au fil de l'eau

 Un guide nommé Barbey d'Aurevilly

 

BRICQUEBEC

 Le château de Bricquebec

 Bricquebec au Moyen âge

 L'ancienne église de Bricquebec et le quartier du village

 

SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE

 

 Le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte

 

 Saint-Sauveur-le-Vicomte au Moyen âge

 Un guide nommé Barbey d'Aurevilly

 L'abbaye Sainte-Marie-Madeleine Postel

 Découverte historique des marais du Cotentin, à Selsoif


Ill. 7 Plan, coupe et élévation du donjon. Aquarelle de A

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:51

Hautmesnil 1

La chapelle de Hautmesnil

Le village de Hautmesnil se trouve en bord de marais, sur la limité sud de la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Il s'étend à l'ouest de la chaussée de la Sangsurière, menant vers la Haye-du-Puits. Selon certains témoignages, il existait une motte seigneuriale, non loin de la chapelle, sur le marais. Les vues aériennes laissent en effet apparaître un relief dans les prairies situées au sud ouest de l'édifice.

Le toponyme "mesnil" dérive du latin tardif "mansionile" et désignait, comme l’appellatif "ville" une exploitation ou un domaine rural. On le trouve parfois associé à des noms d'homme d’origine germanique (cf. Vaudrimesnil – Mesnil de Waldric) ou anglo-Scandinave. Ce toponyme a continué d’être en vogue jusqu’au XIIIe siècle. A Hautmesnil il s’agit tout simplement du "Mesnil de haut" (Alto Mesnillo). Comme ceux des villages de Selsoif et d'Aureville, les habitants de Hautmesnil jouissaient de droits étendus sur le marais environnant, dit marais de l'Adriennerie ou de la Rosière. Ils possédaient en outre 100 vergées de landes et un marais commun avec les communes de Doville, Catteville, Saint-Sauveur-de-Pierrepont et Saint-Nicolas-de-Pierrepont, contenant 130 vergées, connu sous le nom de Marais de la Chapelle.

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Hautmesnil sur le cadastre ancien de la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Parmi les documents joints à son étude sur le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Léopold Delisle cite une ordonnance de l’évêque de Coutances, datée du 13 juillet 1318, sur la manière dont devait être desservie la chapelle de Hautmesnil. Cette ordonnance explique comment, selon la coutume et en raison de la distance importante séparant cette chapelle de l’église paroissiale du bourg, certaines fêtes religieuses y étaient célébrées et plusieurs sacrements pouvaient y être conférés, dont le baptême des enfants du hameau, la purification des jeunes mères et la célébration des mariages. Les inhumations pouvaient y être faites mais seulement à certaines dates de l’années, lorsque des célébrations religieuses y avaient cours. Cette mise au point de l’évêque avait pour but de couper court aux arguments du prêtre doyen de la paroisse, qui souhaitait limiter les offices pratiqués à Hautmesnil. Il s’agissait donc de traditions déjà bien enterinées.

Ce document est intéressant car il permet de comprendre le fonctionnement de ce type de chapelles, situées à l’écart du bourg et de l’église paroissiale, et qui permettaient aux habitants des hameaux voisins de bénéficier d’un lieu de culte « de proximité », doté des principales fonctions religieuses (ou « curiales ») utiles aux populations. En fait Hautmesnil comme Selsoif et bien d'autres sanctuaires du Cotentin étaient presque de véritables paroisses mais elles n'en portaient pas le nom.

A leur décès, Jean II Desmaires († v. 1591) et son fils Vincent Desmaires († en 1593), seigneurs du fief des Maires à Saint-Sauveur-le-Vicomte, firent des dons à la chapelle de Hautmesnil. Cette famille portait aussi le titre de "Sieur de Hautmesnil".

 Hautmesnil 30 juillet 08 014

Abandonnée depuis de nombreuses années face à la solitude des marais, la chapelle de Hautmesnil offre un aspect désolé et envoûtant, digne des plus belles pages de l’écrivain du Pays, Jules Barbey d’Aurevilly. Elle a été remplacée depuis la fin du XIXe siècle par une nouvelle église, située plus en retrait dans les terres, plus proche aussi de la route et des habitations. Le mobilier, qui comprend notamment un retable du XVIIe siècle et une sculpture en haut relief de saint Georges, le patron de la chapelle a été transféré dans cette nouvelle église.

L’arc obstrué qui ouvrait jadis de la nef vers le chœur de la chapelle de Hautmesnil, repose sur des pilastres à tailloirs datant de l’époque romane (XIIe siècle). Le reste de l'édifice a été largement modifié et le chœur a  entièrement disparu. Les percements de la nef appartiennent aux XVe et XVIIIe siècles. Les maçonneries de l'édifice intègrent une grande quantité de moellons en calcaire coquillier, dit parfois "tuf de sainteny", un matériau provenant selon toute vraisemblance de remplois de sarcophages du haut Moyen âge. Ces fragments sont donc un indice de l'existence sur le site d’un lieu d'inhumation et probablement d'un sanctuaire établi ici depuis au moins le VIIe ou le VIIIe siècle. Parmi ces remplois figure en outre un petit chapiteau sculpté en calcaire coquillier. D’après sa forme en tronc de cône très évasé, marqué aux angles par des volutes saillantes, il pourrait s’agir d’une œuvre pré-romane.

Julien DESHAYES

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:39

Selsoif

Aux origines du village de Selsoif

Selon une ancienne légende, le nom de ce village isolé au cœur des marais, aurait pour origine une aventure survenue à Dame Létiticie, châtelaine de Saint-Sauveur au XIIe siècle, qui, s'étant perdue dans la forêt lors d'une partie de chasse, croyait devoir y mourir de soif. Ayant invoqué la protection de la Vierge, elle y vit jaillir une source où se désaltérer et fit alors le vœu de fonder en ce lieu un sanctuaire, que l'on nomma dès lors Selsoif.

Etymologiquement, le nom de Selsoif dériverait plutôt, selon certains auteurs, du latin "cella suavis", c'est-à-dire une sorte de résidence monastique, ou plutôt un prieuré "suave", lieu agréable et sain.  Selon une autre orientation, il semble en fait que la terminaison en "soif"  anciennement orthographié "suef" soit dérivée du latin Sylva, la forêt, ce que viennent corroborer plusieurs textes médiévaux évoquant la forêt qui occupait jadis ce site.

A l'époque du duc Guillaume le Conquérant, les moines de l'abbaye de Saint-Sauveur avaient en effet reçus en don de Néel le Vicomte, seigneur du lieu, le droit de percevoir le revenu des forêts et des marais de Selsoif, ainsi que celui d'y mettre leurs troupeaux a pâturer. On leur donna aussi le droit d'y ramasser du bois sec pour leur chauffage, ainsi que du bois de construction, pour construire leurs habitations. Disparue aujourd'hui, l'ancienne forêt de Selsoif fut entièrement défrichée au cours du Moyen âge.

PATURAGE

C'est également aux moines de l'abbaye voisine que le baron de Saint-Sauveur concéda au XIe siècle l'église Notre-Dame-de-Selsoif.  Bien que situé à l'intérieur de la paroisse de Saint-Sauveur, cet édifice religieux était bien une véritable église, servant de lieu de culte, de baptême et d'inhumation, pour les habitants des environs. L'édifice actuel, à plan en croix latine, conserve encore, à l'intérieur du chœur, de beaux éléments architecturaux d'époque romane. Comme l'indique une inscription, la chapelle sud fut en revanche construite en 1543 par le dénommé Gallopin, avocat du roi. La chapelle nord appartient sans doute à une date très voisine mais la nef a subit d'importantes modifications à une époque beaucoup plus récente. La construction du clocher, implanté en façade, ainsi que l'insertion de la sacristie ne datent que du XIXe siècle. Parmi les œuvres visibles dans cette église, il convient de signaler les belles sculptures de la Vierge à l'enfant et de sainte Catherine, datant toutes deux du XIVe siècle, ainsi qu'une statue de saint Claude et un saint Sébastien en bois du XVIe siècle. La croix du cimetière, ornée des figures de la Vierge et du Christ crucifié, porte la date de 1761.

 

Comme une île au cœur des marais

 La principale originalité de ce village - qui, outre les habitations regroupées autour de l'église est en fait composé de plusieurs hameaux et écarts - tient à sa situation quasi insulaire, au cœur des vastes marais de la Douve et du Gorget qui l'enserrent de part et d'autre. En 1828, ne soulignait-on pas que Selsoif "forte seule de près de 600 âmes, très éloignée de l'église paroissiale et dont la communication est très difficile en hiver par les grandes quantités d'eau qui la traverse en tous les points" avait besoin d'une école particulière ?

Avec son église et son école, la population de Selsoif constituait bien une communauté distincte, consciente de son identité particulière. Elle possédait en outre, pour son propre usage, la jouissance collective de 120 hectares de landes et de marais, qui assuraient une part non négligeable de sa subsistance. En premier lieu, ces terrains offraient de vastes zones de pâture, permettant non seulement d'y nourrir - comme encore aujourd'hui - des troupeaux de vaches et de chevaux, mais aussi des moutons (liés par paires), des cochons (au groin percé d'un anneau), ou des oies (porteuse d’un carcan en bois de 33 cm) ! Les petites cueillettes, celle du rots pour couvrir les habitations, celle de la tourbe et des bouses servant au chauffage, ou encore celles du sable, des pierres et des herbes à litière, représentaient aussi des activités importantes. La pêche dans la rivière Douve alimentait les tables en poissons d'eau douce et la chasse aux oiseaux, parfois illicite, apportait un extra apprécié.

Selsoif maison

maison en masse au village de Selsoif

Beaucoup des maisons de Selsoif se signalent par leur architecture traditionnelle en "masse", dont les murs sont essentiellement formés de levées de terres mêlées de paille. Seuls les rares habitations de quelques propriétaires aisés étaient ici bâtis en pierre. Partout supplanté par l'ardoise, la tuile ou la tôle, le chaume régnait jadis en maître sur ces édifices.

 

Julien DESHAYES

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:56

Valognes-hotels-particuliers 9181

Rue Léopold Delisle

 Le terrain sur lequel est construit l’hôtel de Bascardon appartenait initialement au domaine du presbytère. Le 13 septembre 1730, Louis François de Bernière de Sainte-Honorine, curé de Valognes, en bailla une portion au profit de Marie Françoise de Mailly, veuve de François Félix de Lestourmy de Joinville. Le 24 décembre 1743, Marie Françoise de Mailly revendait pour 9 300 livres à Marie Anne le Berceur de Fontenay, veuve de Jacques-Antoine de Saint-Simon, un édifice désormais bâtit sur ce terrain. Cette construction se composait « d’une maison à usage de plusieurs caves, les salles, cabinets et greniers dessus, les escaliers pour en faire l’exploitation, puits, remises et autres aistres, cour et jardin ».

Bascardon détail 01

Le 6 thermidor an 13, Georges Antoine Dancel de Quinéville, héritier de Marie Anne Le Berceur, vivant sur place depuis au moins 1786, revendait la propriété à Marie Louise Charlotte Elisabeth Catherine d’Hauchemail, veuve de André Alexandre Etard de Bascardon.  L'acte de vente décrit « un corps de logis composé de cuisine, office, laverie, cave, cavot, bûcher, écurie, remise, salle à manger, salon de compagnie, chambres à coucher, boudoirs, cabinets, chambres en mansarde, greniers, cour et jardin ».

 

Catherine d’Hauchemail décéda dans cette demeure en 1824, où son inventaire après décès fut dressé le 22 janvier. Ce document mentionne au nombre des pièces d'habitation un salon, une salle à manger ainsi qu'un grand nombre de chambres. L’inventaire des livres indique que le cabinet situé près du perron du jardin abritait une importante bibliothèque. L’hôtel devait être soigneusement meublé car l’ensemble du mobilier fut évalué à 13 700 livres. Le fils de Mme d'Hauchemail, Louis Michel Alexandre Etard de Bascardon, né en 1778, marié le 10 mai 1800 avec Marie-Henriette de Chivré, châtelain de Saint-Martin-le-Hébert, hérite alors de la propriété, qu’il met imméditament en location, le 31 janvier 1824, au profit de Frédéric Antoine Faivre. La famille Etard de Bascardon a laisé son nom à la propriété.

 

 Valognes-hotels-particuliers 9146

L'édifice, flanqué à droite d'un portail monumental donnant accès à la cour, présente une élévation sur rue formée de six travées ordonnancées, coiffée de fenêtres de combles à pignon. L'étage noble, nettement plus élevé que les autres niveaux d'habitation, est ajouré de grandes fenêtres ornées de tables d'appuis et reliées par des chaînes verticales aux ouvertures cintrées du rez-de-chaussée. Celui-ci présente un parement en pierre de taille calcaire que prolongeait initialement, sur le reste de la façade, un enduit couvrant aujourd'hui disparu.

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Julien DESHAYES et Stéphanie JAVEL, 2004

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