Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 11:54

020-Ordre-de-Saint-Michel.jpg

Louis de Bourbon figure en 1469 au nombre des chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, fondé par Louis XI (illustration par Jean Fouquet, Paris, Bnf, Mss Fr. 19819).

Le dimanche 8 janvier prochain, le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin propose une conférence richement illustrée consacrée à « Jeanne de France, dame de Valognes, et le Cotentin à la fin du Moyen-âge ».

 

En 1465, Louis XI mariait l’une de ses filles naturelles, prénommée Jeanne, à Louis de Bourbon, lui-même bâtard issu d’une puissante famille de sang royal, qu’il souhaitait attacher à son service. Outre la seigneurie d’Usson en Auvergne et diverses places en Dauphiné, la dot constituée pour ce mariage intégrait la seigneurie de Valognes, avec son château, ses revenus et de nombreuses dépendances. Bien que Jeanne et son époux, devenu amiral de France, n’aient résidé en Cotentin que de façon assez ponctuelle, ils jouèrent tous deux un rôle important dans l’histoire de Valognes. Sur le plan des évènements politiques on se souviendra en particulier de l’accueil qui fut donné en 1470 dans notre ville au comte de Warwick, accompagné de sa fastueuse suite et du duc de Clarence, venus y préparer le renversement du roi Anglais Edouard IV. Officier valeureux et compétent, Louis de Bourbon fut aussi le premier à préconiser le développement et la mise en défense du port de Saint-Vaast-la-Hougue, anticipant ainsi de plus de deux siècles les travaux entrepris par Vauban.

ill.2 la chapelle avant restauration

Vestiges de l'hôtel Dieu avant transformation

 

A Valognes même, le Bâtard Louis a soutenu et favorisé la création du couvent des Cordeliers, la première abbaye fondée à l’intérieur de la ville, où il choisit d’être enterré après sa mort, survenue le 14 janvier 1497. Jeanne de France, devenue veuve, céda en 1499 des terres et finança en partie la construction de l’hôtel Dieu, destiné à recueillir, nourrir et gouverner les pauvres personnes, pèlerins, passants et autres nécessiteux et indigents et accomplir les œuvres de miséricordes. Il existait aussi, dans le Valognes d’avant la seconde guerre mondiale, des restes notables de l’hôtel de Bourbon, grande demeure noble connue aujourd’hui par des représentations anciennes. Cet édifice offrait un bel exemple du développement de l’architecture gothique flamboyante, qui triomphait aussi dans la reconstruction de l’église Saint-Malo. Rarement la ville ne connut un si important essor que dans cette seconde moitié du XVe siècle, qui fut aussi, au lendemain de la guerre de Cent ans, une grande période de reconstruction pour tout le Clos du Cotentin.

 

La conférence aura lieu à l’hôtel Dieu de Valognes et débutera à 15h00. Les tarifs sont de 4 € pour les adultes, 1,50 € pour les étudiants. Gratuit pour les moins de 18 ans, les personnes sans emploi ou sans ressources suffisantes.

 

Retour

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 15:34

Dans le cadre du nouveau cycle de conférences consacrée cette année au thème de la commande artistique et de la création architecturale, le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin propose, ce jeudi 15 décembre, une intervention intitulée « patronage ecclésiastique et construction religieuse en Cotentin du XIe au XIIIe siècle ».

A défaut de nous livrer le nom des bâtisseurs, les documents écrits du Moyen-âge nous permettent parfois de comprendre qui furent les commanditaires des églises romanes, puis gothiques, de notre région. En parvenant à définir le rang et la place que ces « maitres d’ouvrage » occupaient dans la société de leur temps, nous pouvons aussi tenter de mieux déchiffrer l’influence que ceux-ci ont pu exercer dans l’évolution de l’architecture locale. Or, ce qui apparaît de façon très nette est que la propriété des églises et la situation du clergé ont énormément évolué durant la période qui nous intéresse. Au XIe siècle encore, la grande majorité des curés des paroisses rurales du Cotentin étaient des prêtres « vavasseurs », membres de la petite aristocratie indigène, qui pouvaient se marier, et se transmettaient même leur charge de père en fils. Etroitement mêlés aux communautés villageoises, ils ont sans doute exercé un rôle important dans la construction de nombreuses petites églises bâties en  Cotentin aux environs de l’an mil.

009-st-martin-le-Hebert--16-b.jpg

Au cours du XIIe siècle en revanche, sous la pression du pouvoir ducal et des autorités ecclésiastiques, la propriété des paroisses fut progressivement transférée aux moines bénédictins. L’ouverture des grands chantiers monastiques des abbatiales de Lessay, de Montebourg et de Saint-Sauveur-le-Vicomte, provoqua dans le même temps un grand mouvement de renouveau architectural, qui correspond chez nous à la diffusion du style roman. D’autres communautés religieuses – chanoines prémontrés de Blanchelande et chanoines victorins de Cherbourg en particulier – viendront ensuite compléter l’encadrement religieux des populations, en promouvant une architecture « réformée », plus sobre, plus légère et plus élégante. L’évêque et le clergé de la cathédrale, agissant également comme commanditaires, soutiendront à leur tour l’avènement de l’architecture gothique et sa diffusion dans notre région au cours du XIIIe siècle.

Rendez-vous à 18h30 salle Paul Eluard de l’hôtel-Dieu (sans réservation préalable). Les tarifs proposés sont de 4 € pour les adultes, 1,50 € pour les étudiants. Gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes sans emploi. 

 

RETOUR

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:37

Dimanche 17 mars, le Pays d’art et d’histoire propose une visite guidée consacrée à la Reconstruction Saint-Sauveur-le-Vicomte après la seconde guerre mondiale.

Animation-6258.jpg

Saint-Sauveur-le-Vicomte, l'hôtel de ville de la Reconstruction (cabinet BURCKART)

Après une rapide présentation des circonstances des bombardements de la ville de Saint-Sauveur, qui fut en 1944 l’un des objectifs militaires de la « coupure du Cotentin », le guide rappellera également comment s’est organisé et structuré, au cours des années suivantes, une politique de Reconstruction systématique. Placés sous la direction du cabinet Lahalle, les travaux engagés alors ont largement redéfini l’urbanisme du bas du bourg, aux abords du pont sur l’Ouve et du château médiéval, où plusieurs ilots d’habitats furent constitués en remplacement des demeures anciennes. Si l’on choisit alors de reconstruire à l’intérieur du château médiéval l’hospice qui y avait été établi sous le règne de Louis XIV (et qui sera finalement détruit dans les années 1980) on s’attacha en revanche a dégager les remparts des maisons qui avaient été implantées depuis le XVIIe siècle à l’emplacement des anciens fossés. Comme ailleurs, un soin particulier fut aussi porté aux édifices publics, qui firent l’objet d’une réorganisation visant en particulier à associer, dans un même bâtiment, l’hôtel de ville, les bureaux du juge de paix et une nouvelle salle de spectacle. Dans le domaine de l’architecture religieuse, l’emprunte de la Reconstruction est moins importante à Saint-Sauveur qu’à Valognes où dans d’autres villes martyres, mais elle a tout de même donné lieu à la création des nouveaux vitraux, œuvre du maître verrier Paul Bony, connu pour ses collaborations avec Marc Chagall, Georges Braque ou Henri Matisse. Ces verrières représentent les symboles des différents sacrements de l’église catholique (baptême, communion, eucharistie…).

 

Guidée par M. Stéphane Watrin, guide conférencier et architecte, cette visite d’une durée d’environ 1h30 à 2h00 sera consacrée au seul centre ville. Le rendez-vous est fixé à 15h devant l’office de tourisme, sur la place du château.

4 € pour les adultes, 1,50 € pour les étudiants. Gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes sans emploi.

RETOUR

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 17:48

Du 17 octobre au 9 novembre 2011 des diagnostics archéologiques ont été entrepris sur la place du château de Valognes. L'objet de ces travaux n'est pas de fouiller intégralement les restes du château détruit en 1689, mais simplement de se faire une idée plus précise de l'importance des vestiges, de leur intérêt et de leur étendue. En fonction des résultats obtenus, les autorités scientifiques du ministère de la culture (DRAC Basse-Normandie, Service régional de l'archéologie) et les élus valognais pourront décider ou non de pousser d'avantage ces investigations, voire proposer éventuellement une mise en valeur des structures mises à jour.

Ces diagnostics (6 tranchées de sondage au total répartis sur l'espace de la place) sont dirigés par Bénédicte Guillot, archéologue auprès de l'INRAP.

Deux rendez-vous d'accueil du public ont été programmés les mercredis 19 octobre et 9 novembre à 11h. Hors de ces horaires, l'accès au site est rigoureusement interdit.

Une conférence sera proposée en février prochain, pour restituer à la population les résultats de ces investigations.

diagnostic-valognes-1--1-.jpg

Cliché : Corinne Gallier, Presse de la Manche 19 octobre 2011

RETOUR

Partager cet article
Repost0
1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 10:16

 

005ga Vue XVIIIe complète

Faisant aujourd’hui l’objet d’importants projets de réaménagement, la place du château de Valognes abrite sous son revêtement de goudron une histoire très ancienne. Certaines traditions, probablement légendaires, ont voulu qu’y existât, durant le haut Moyen-âge, une forteresse édifiée par le roi Clovis. Plusieurs historiens ont avancé que ce château, détruit par les scandinaves, fut ensuite rebâti sous le règne de Guillaume Longue-Epée, second duc de Normandie. Au regard des sources écrites vérifiables, il faut cependant attendre les années 1050 et le règne de Guillaume le Conquérant pour voir Valognes sortir des ombres de l’histoire. Lieu de pouvoir notable, la ville possédait alors une résidence ducale, équipée d’une salle, d’une chambre, d’une chapelle, et probablement aussi de quelques éléments de défense. Mais le château proprement dit, avec son donjon, son enceinte et ses tours, ne fut de toute évidence édifié que plusieurs siècles plus tard, durant la guerre de Cent-ans, à l’initiative du roi de Navarre. Impliqué dans plusieurs sièges au cours des XVe et XVIe siècles, la place fut progressivement modernisée pour s’adapter aux évolutions de l’artillerie. Pour cette raison même, et afin d’éviter qu’elle ne devint un atout aux mains d’éventuels ennemis, le roi Louis XIV fit en 1689 le choix de sa démolition. L’histoire cependant ne s’arrête pas là car ce vaste espace donna lieu, sous Louis XV, à d’ambitieux projets urbains, malheureusement non réalisés. Malgré cet échec, la place du château parvint à s’imposer au XIXe siècle en tant que lieu des fêtes populaires et des grandes assemblées commerciales. Assez peu modifiée par les travaux de la Reconstruction, sa topographie se trouva cependant bouleversée, dans les années 1960, par le développement et l’accroissement des axes routiers. Ce sont notamment ces enjeux de circulation et de partage de l’espace urbain entre piétons et automobilistes qui animent aujourd’hui la réflexion des élus sur l’avenir de la place du château. L’ouverture prochaine de sondages archéologiques préventifs, qui devraient apporter une connaissance renouvelée de ce site emblématique, permettra d’ancrer cette réflexion dans une connaissance précise de la mémoire des lieux.

Cette conférence, richement illustrée si tiendra à partir de 21h à l’hôtel Dieu de Valognes. Renseignements auprès du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, tel. 02 33 95 01 26 (en semaine) ou par courriel : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr.

 

château

Retour

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 12:14

Dans le cadre du cycle des conférences estivales proposées par le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, Bruno Centorame présentera, ce jeudi 4 aout, une intervention consacrée à « Felix Buhot, illustrateur des œuvres de Jules Barbey d’Aurevilly ».

F-Buhot--illustration-pour-Le-Chevalier-Destouches.jpg

Natif de Valognes et issu d’un milieu social assez modeste, Félix Buhot (1847-1898), tient une place tout à fait particulière dans la galerie des illustrateurs de l’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly. Homme de culture tôt éveillé aux choses de l’esprit, il entreprit des études littéraires, bientôt abandonnées pour la peinture et le dessin, fut journaliste à ses heures et enseigna au collège Rollin. Très attaché à sa ville natale, dont il sut immortaliser les aspects les plus pittoresques, cet homme à la personnalité remarquable aborda dans son œuvre des genres divers, paysages et marines tout particulièrement. Y transparaît sans cesse la nostalgie mélancolique d’un passé révolu, mais ô combien attachant aux yeux d’un artiste qui se définissait lui-même comme « un rêveur qui aurait dû naître cinquante ans plus tôt ». La connivence entre le peintre et l’écrivain, bien qu’elle ne fut pas toujours avouée, apparaît d’emblée naturelle et profonde. Les travaux de Buhot pour « la Vieille maîtresse », « Le Chevalier Destouches » ou « L’Ensorcelée » ne sont pas de simples illustrations plaquées sur un texte, mais bien, comme il le souhaitait, des formes «d’accompagnements harmoniques » des écrits du Connétable des Lettres.

Historien et historien de l’art, Bruno Centorame à publié en 2008 une importante étude sur les illustrateurs de l’œuvre de Jules Barbey d’Aurevilly et a également mis en place il y a trois ans une exposition consacrée à ce sujet. Son propos sera illustré de nombreuses reproductions des œuvres de Buhot et de ses travaux préparatoires.

Retour


Partager cet article
Repost0
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 19:23

Fouilles-Colomby.jpg

L’extension de la sablière de Colomby a nécessité, en 2009, un diagnostique archéologique de parcelles situées en bordure de la rivière du Merderet, formant à cet endroit séparation avec la commune de Lieusaint. Ont alors été mis au jour les vestiges, très bien préservés, d’une roue de moulin et d’un atelier, entièrement édifiés en bois. Durant l’été 2010, Vincent Bernard (CNRS, Université de Rennes), accompagné de Frédéric Epaud (CNRS, université de Tours) et d’une équipe d’archéologues bénévoles, a repris ce chantier, dans l’optique d’une étude des bois, de leur mode d’assemblage et de leur datation. Les résultats obtenus l’an dernier, démontrant en particulier l’ancienneté de cette construction datant presque exactement à l’an mil, ont incités l’équipe de Vincent Bernard à reprendre les recherches durant l’été 2011. Il sera présent, mardi 12 juillet prochain, pour présenter le chantier et répondre aux questions des visiteurs.

Il est demandé aux personnes intéressées par cette visite, de se joindre à 15h au guide conférencier du Pays d’art et d’histoire qui les accompagnera sur le chantier de fouilles. Selon la météo, il pourrait-être préférable de se munir de bottes. Le déplacement sur le site se fera en véhicules individuels, mais il faut prévoir aussi un petit temps de marche. Accès gratuit.

 

Retour

Partager cet article
Repost0
27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 15:44

silhouette-de-Jules.jpg

(1808 – 1889)

Jules-Amédée Barbey d’Aurevilly voit le jour à Saint-Sauveur-le-Vicomte et passe son enfance dans la maison familiale, emmagasinant souvenirs, récits, légendes qui nourriront son imaginaire.

Après un séjour à Valognes puis à Paris, il poursuit ses études à Caen, ville de son grand amour interdit avec Louise du Méril, épouse de son cousin. Cette liaison jugée inacceptable le pousse à partir pour Paris en 1833 ; il s’éloigne de sa famille jusqu’en 1856. Désormais il vit en écrivant des articles de critique littéraire ou artistique pour de multiples journaux. Sa verve caustique et son caractère intransigeant lui attirent de nombreuses inimitiés et quelques amis fidèles et éblouis. Il écrit aussi des poèmes, des nouvelles et des romans, mais la gloire littéraire ne viendra que fort tard. Homme aux multiples facettes, il apparaît tantôt comme un dandy suranné, tantôt comme un bohème désargenté, toujours comme un mondain au verbe étincelant.

Entre 1851 et 1874 paraissent ses œuvres majeures : Une vieille maîtresse (1851), L’Ensorcelée (1854), Le Chevalier des Touches (1864), Un prêtre marié (1865), Les Diaboliques (1874). A la suite de la publication de ce dernier livre, il doit faire face à des poursuites pour amoralité.

 A partir de 1872 Barbey loue à Valognes un appartement dans l’hôtel Grandval-Caligny. Il y revient tous les ans jusqu’en 1887. A 74 ans il publie Une histoire sans nom. Son dernier écrit, Une page d’histoire, évoque une passion incestueuse, thème récurent dans l’ensemble de son œuvre. Il s’éteint le 23 avril 1889, entouré d’écrivains et de sa secrétaire, Louise Read. Son panache et son style flamboyant lui ont valu le titre de « Connétable des lettres ».

 

Le musée Jules Barbey d'Aurevilly

P1010675.JPG

Le musée fut initialement fondé en 1925, à l’initiative de Louise Read, « l’Ange Blanc » de Barbey qui veilla sur le Connétable des lettres durant les dix dernières années de sa vie. 

Louise Read fit alors fait appel à monsieur Pierre Lemarinel, maire de Saint-Sauveur-Le-Vicomte afin d'ouvrir, dans la ville natale de l’écrivain, un musée destiné à recueillir les meubles et les effets personnels qu'elle avait, depuis sa mort en 1889 précieusement conservés dans son appartement parisien de la rue Rousselet. 

Les collections conservées par Louise Read furent ainsi installées dans l’un des bâtiments de la basse-cour du château de Saint-Sauveur-Le-Vicomte. Ce premier musée, ayant malheureusement été détruit en 1944, lors des bombardements de la Libération, fut malgré de grandes pertes reconstitué en 1956 dans une autre partie du château. 

En 1989, après avoir acquis la maison familiale de Barbey, rue Bottin Desylles, la municipalité de Saint-Sauveur, consacra le premier étage de l’édifice à l'installation des collections Barbey, tandis que le rez-de-chaussée était affecté à la bibliothèque municipale. 

Depuis le musée n'avait pas subi d'évolution notable, si ce n’est toutefois un enrichissement considérable des collections grâce à la volonté municipale, activement soutenue par la Région Basse-Normandie et la Direction régionale des affaires culturelles (au travers du Fonds régional d’art moderne), et la Société Jules Barbey d’Aurevilly. 

Depuis 2008, année des commémorations nationales du bicentenaire de la naissance de Jules Barbey d’Aurevilly, la maison familiale – un hôtel particulier du XVIIIe siècle inscrit au titre des Monuments historiques - est entièrement vouée aux collections du musée. 

La commune de Saint-Sauveur a assumé la maîtrise d’oeuvre pour la rénovation des pièces de l'étage, tandis que le Conseil général, par l'intermédiaire du service des archives départementales, a supporté la rénovation du rez-de-chaussée. A l'occasion du bicentenaire de 2008, le conseil général a mobilisé des fonds importants, dont la majeure partie pour l'aménagement d’une nouvelle exposition permanente, établie au rez-de-chaussée, dont la direction fut confiée à Madame Mélanie Leroy-Terquem. 


 Retour

Partager cet article
Repost0
27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 15:34

77, rue de Poterie

En 1742, Claude Coysevox, fille du sculpteur Antoine Coysevox, vend à Madeleine Suzanne Guerran « une maison consistant en une salle et cuisine, les chambres et greniers dessus », située à l'angle de la rue de Poterie et de la chasse Saint-Antoine. En 1743, Madeleine Suzanne Guerran augmente la propriété de nouvelles parcelles adjacentes, achetées à Charles et Georges Pillet. En 1750, elle transmet l'ensemble de son bien à ses nièces, Jeanne et Marie-Françoise Guerran. En 1755, celles-ci revendent la propriété à Charles de la Porte, qui fut probablement le constructeur de l'hôtel, auquel il a laissé son nom, et où il résidait toujours en 1793. Son héritière, Marie-Charlotte de la Porte, mariée à Adrien-Charles-Michel Fouace, fait passer ce bien dans la famille Fouace, qui conserve la propriété jusqu'au 25 janvier 1822, date de sa vente à François Edouard Sellier. Le 19 août 1838, Camille Louis de Chivré, sieur de Sottevast et son épouse, Anne Louise du Mesnildot d'Amfreville, rachètent l'hôtel à Monsieur Sellier, pour en donner l'usufruit à leur fille, mariée à Paul-Emile-Edouard Montroud. Lors de cette vente, l'immeuble comprenait "une maison couverte en ardoise consistant au rez-de-chaussée en porte cochère, cuisine, salle, salon, chambres au premier étage avec greniers au-dessus et mansardes, d'une aile donnant sur la chasse Saint-Antoine avec les cours et jardins et tous bâtiments en dépendant".

L'hôtel de La Porte est situé entre l'hôtel d'Heu et la rue Saint-Antoine. La façade sur rue, recouverte d'un enduit récent, est composée de sept travées, avec porte cochère reportée à l'extrémité gauche de la façade. Les deux niveaux de l'élévation, séparés par un bandeau horizontal, se distinguent par le dessin des ouvertures ; tandis que les baies du rez-de-chaussée sont coiffées d'arcs surbaissés, les sept baies du premier étage sont à simple linteau droit. Les combles sont éclairés par quatre lucarnes. La façade postérieure, ouvrant sur la cour, reprend une élévation similaire mais ne possède pas de fenêtres de comble.

Hotel-de-la-porte.jpg

L'aile en retour, longeant la rue Saint-Antoine, aveugle du côté de la rue, présente coté cour une élévation formée de trois travées, reprenant la superposition de baies à linteau cintré en rez-de-chaussée, et de fenêtres à linteau droit à l'étage, avec trois lucarnes éclairant les combles. Une porte ouvrant dans le mur pignon permet un accès direct depuis le premier étage de cette aile vers le jardin surélevé situé en fond de cour. L'édifice a conservé ses boiseries et plusieurs cheminées du XVIIIe siècle.

Stéphanie Javel / Julien Deshayes

Retour

Partager cet article
Repost0
27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 15:08

Rue de l'Eglise

L'hôtel Pontas du Méril occupe une portion de l'ancien enclos de l'officialité, dit aussi manoir de la Cohue, qui fut jusqu'au XVe siècle le siège du tribunal ecclésiastique de Valognes. Le 16 octobre 1652, Gilles Diénis avait cédé ce manoir à Jaques Plessard, seigneur de Négreville et Pontrilly. Le 10 septembre 1655, ce dernier revendit l'ensemble à Robert Bardou, écuyer. La propriété se composait alors d'un "bout de maison encommencée", destiné à prolonger une construction voisine (l'actuel hôtel Viel de la Haulle). La construction du nouvel édifice est achevée en 1663, lorsque Robert Bardou le transmet à son fils Jacques, à l'occasion de son mariage. L'hôtel est vendu le 6 août 1789 à Thomas Gallis. Né en 1743, bachelier en droit et avocat au parlement, conseiller du roi, procureur de Valognes, Jean-Thomas Gallis de Mesnilgrand fut maire de Valognes sous la Restauration (1813-1815). Il décéda à Valognes le 4 mai 1828. « En 1789 il s’était allié aux idées nouvelles avait racheté une partie des biens confisqués à la maison de Colbert sous la Révolution et en particulier le manoir de la Cour" (Géraud de Féral, Notes pour servir à l'histoire d'Yvetot-Bocage, p. 144). Il était le frère de Dom François Gallis de Mesnilgrand, prieur de Saint-Etienne de Caen, auteur d’une « Oraison funèbre de Louis le bien aimé, XVe du nom » (Tours, 1775). Dom François Gallis est aussi connu pour son «Discours prononcé dans l’église de l’abbaye Saint-Etienne de Caen le dimanche 13 septembre 1789 lors de la bénédiction des étendards de MM les volontaires nationaux ». Jean-Thomas Gallis de Mesnilgrand a servi de modèle à Barbey dans sa nouvelle « A un diner d’athées ». Le 14 floréal an 3, il revendait son hôtel à Jean-Louis Pontas du Méril, qui lui a laissé son nom. Médecin, il figure le 31 décembre 1786 parmi les fondateurs de la loge maçonnique « L’Union militaire » réunis chez Timoléon du Parc dans l'actuel hôtel Martin-de-Bouillon. Echevin de la ville, il devient officier municipal en 1789 et premier président de la Société locale des amis de la Constitution. Il prend part à la rédaction des cahiers de doléance pour la ville de Coutances. Elu à la tête du district en 1790, Conseiller général en 1792 il est inquiété sous la Terreur. Il fut maire de Valognes de 1807 à 1813 et de 1817 à 1826. Jean-Louis Pontas du Méril était l'oncle de l'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly. Adolescent, ce dernier vint résider dans l'hôtel, et y conçut un amour de jeunesse pour sa cousine Ernestine. Incendié lors des bombardements alliés de juin 1944, l'hôtel Pontas du Méril a été partiellement restauré par la suite. Il a conservé intacts sa façade sur cour et son escalier droit intérieur.

Pontas-1767.JPG

L'hôtel Pontas du Méril sur le plan Lerouge de 1767

 Le corps de logis entre cour et jardin possède un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré, supportés par un étage de soubassement. Ouvrant de plain-pied sur la cour, le rez-de-chaussée domine en revanche les jardins situés sur l'arrière de la propriété. La façade principale, divisée en sept travées, se signale par son élévation ordonnancée en pierre de taille calcaire. L'élévation est agrémentée de bandeaux horizontaux et de chaînes harpées en bossage. Les baies sont coiffées de plates-bandes à clefs saillantes brochant sur les bandeaux horizontaux de la façade. Une corniche à modillons souligne la toiture. Aucune lucarne n'éclaire les combles. La façade sur jardin a été entièrement remaniée après 1944. L'accès aux étages se fait par un escalier droit intérieur rampe-sur-rampe avec garde-corps à balustres.

Pontas-01.jpg

Façade sur cour

L'aile sur rue, affectée à des commerces, présentait une élévation ordonnancée constituée de huit travées, rythmées par des chaines verticales en bossage.

Pontas-compile.jpg

Aperçu de la façade de l'aile sur rue, d'après des cartes postales anciennes

L'hôtel Pontas du Méril occupe une place à part parmi les autres hôtels particuliers de Valognes, aussi bien en raison de sa date de construction, antérieure à celle de la plupart des autres constructions, que par le soin apporté à sa façade. Il peut être rapproché du "logis de l'abbesse" de l'ancienne abbaye bénédictine royale de Valognes, où l'on retrouve, vers le milieu du XVIIe siècle, un traitement en bossages de la façade dans un "style Louis XIII" assez comparable.

Stéphanie Javel et Julien Deshayes, avec la contribution de Michel Viel

Retour

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de closducotentin.over-blog.fr
  • : Ce site présente les actualités proposées par l'équipe du Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin. Il contient également des dossiers documentaires consacrés au patrimoine et à l'histoire de Valognes, Bricquebec et Saint-Sauveur-le-Vicomte.
  • Contact