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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:32

chasse au trésor

Les Chasses au Trésor proposées dans les châteaux de Saint-Sauveur-le-Vicomte et de Bricquebec ainsi que sur le site archéologique des anciens thermes romains de Valognes sont adaptées pour les groupes d'enfants âgés de 6 à 12 ans. C'est une forme de découverte ludique, destinée à susciter le sens de l'observation des enfants.

 

Comme les visites guidées, les chasses au trésor peuvent être complétées par un atelier.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:14

COR10982

Pour les plus jeunes (de la primaire jusqu'en 5ème), des ateliers permettent de compléter la découverte et l'observation du patrimoine par des activités créatives d'apprentissage : fabrication de blasons, construction d'une maquette évolutive sur les châteaux et les villes du Moyen-Âge, initiation à la taille de pierre.... Ces ateliers peuvent se dérouler soit à Valognes, dans nos locaux de la maison du patrimoine, soit à Saint-Sauveur-le-Vicomte, sur le site du château (selon la disponibilité des salles).

 

D'autres thématiques d'ateliers peuvent au besoin être développées en relation avec les enseignants.

 

 

Liste des ateliers proposés aux groupes scolaires et jeunes publics

 

Atelier château fort

L'art du blason

Fabrication du pain

L'enluminure au Moyen âge

Initiation à la taille de pierre

Atelier contes et légendes (la gargouille, le loup-garou)

 Atelier de fabrication de cidre (en octobre et novembre seulement)                            

L'art du vitrail

L'enluminure à la manière de Jules Barbey d'Aurevilly

 poteries

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 14:46

Saint-Sauveur 01

Les guides conférenciers du Pays d'art proposent aux groupes scolaires de nombreux thèmes de visites guidées destinés à faire découvrir les richesses du patrimoine local. Depuis les thermes antiques d'Alauna jusqu'au patrimoine de la Reconstruction en intégrant bien sûr les châteaux médiévaux de Bricquebec et de Saint-Sauveur-le-Vicomte, les édifices religieux ou le bâti rural, les thématiques proposées s'adaptent au programme et aux attentes des enseignants. L'offre proposée s'étend depuis les classes de primaire jusqu'à celles de Terminale. Pour certains thèmes de visites, nous disposons de livrets de découvertes permettant aux élèves de consigner leurs observations. Dans le cadre de ces projets , nous pouvons aussi fournir aux enseignants des dossiers documentaires sur les thématiques et les édifices concernés.

 

Thèmes proposés (liste non exhaustive:


 

VALOGNES  

Thermes romains d'Alauna à Valognes

 Valognes au Moyen âge

 Hôtels particuliers de la noblesse valognaise  L'ancienne abbaye bénédictine royale à Valognes

 Le musée du cidre de Valognes

 Le musée des vieux métiers de Valognes

 Valognes au fil de l'eau

 Un guide nommé Barbey d'Aurevilly

 

BRICQUEBEC

 Le château de Bricquebec

 Bricquebec au Moyen âge

 L'ancienne église de Bricquebec et le quartier du village

 

SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE

 

 Le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte

 

 Saint-Sauveur-le-Vicomte au Moyen âge

 Un guide nommé Barbey d'Aurevilly

 L'abbaye Sainte-Marie-Madeleine Postel

 Découverte historique des marais du Cotentin, à Selsoif


Ill. 7 Plan, coupe et élévation du donjon. Aquarelle de A

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:51

Hautmesnil 1

La chapelle de Hautmesnil

Le village de Hautmesnil se trouve en bord de marais, sur la limité sud de la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Il s'étend à l'ouest de la chaussée de la Sangsurière, menant vers la Haye-du-Puits. Selon certains témoignages, il existait une motte seigneuriale, non loin de la chapelle, sur le marais. Les vues aériennes laissent en effet apparaître un relief dans les prairies situées au sud ouest de l'édifice.

Le toponyme "mesnil" dérive du latin tardif "mansionile" et désignait, comme l’appellatif "ville" une exploitation ou un domaine rural. On le trouve parfois associé à des noms d'homme d’origine germanique (cf. Vaudrimesnil – Mesnil de Waldric) ou anglo-Scandinave. Ce toponyme a continué d’être en vogue jusqu’au XIIIe siècle. A Hautmesnil il s’agit tout simplement du "Mesnil de haut" (Alto Mesnillo). Comme ceux des villages de Selsoif et d'Aureville, les habitants de Hautmesnil jouissaient de droits étendus sur le marais environnant, dit marais de l'Adriennerie ou de la Rosière. Ils possédaient en outre 100 vergées de landes et un marais commun avec les communes de Doville, Catteville, Saint-Sauveur-de-Pierrepont et Saint-Nicolas-de-Pierrepont, contenant 130 vergées, connu sous le nom de Marais de la Chapelle.

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Hautmesnil sur le cadastre ancien de la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Parmi les documents joints à son étude sur le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Léopold Delisle cite une ordonnance de l’évêque de Coutances, datée du 13 juillet 1318, sur la manière dont devait être desservie la chapelle de Hautmesnil. Cette ordonnance explique comment, selon la coutume et en raison de la distance importante séparant cette chapelle de l’église paroissiale du bourg, certaines fêtes religieuses y étaient célébrées et plusieurs sacrements pouvaient y être conférés, dont le baptême des enfants du hameau, la purification des jeunes mères et la célébration des mariages. Les inhumations pouvaient y être faites mais seulement à certaines dates de l’années, lorsque des célébrations religieuses y avaient cours. Cette mise au point de l’évêque avait pour but de couper court aux arguments du prêtre doyen de la paroisse, qui souhaitait limiter les offices pratiqués à Hautmesnil. Il s’agissait donc de traditions déjà bien enterinées.

Ce document est intéressant car il permet de comprendre le fonctionnement de ce type de chapelles, situées à l’écart du bourg et de l’église paroissiale, et qui permettaient aux habitants des hameaux voisins de bénéficier d’un lieu de culte « de proximité », doté des principales fonctions religieuses (ou « curiales ») utiles aux populations. En fait Hautmesnil comme Selsoif et bien d'autres sanctuaires du Cotentin étaient presque de véritables paroisses mais elles n'en portaient pas le nom.

A leur décès, Jean II Desmaires († v. 1591) et son fils Vincent Desmaires († en 1593), seigneurs du fief des Maires à Saint-Sauveur-le-Vicomte, firent des dons à la chapelle de Hautmesnil. Cette famille portait aussi le titre de "Sieur de Hautmesnil".

 Hautmesnil 30 juillet 08 014

Abandonnée depuis de nombreuses années face à la solitude des marais, la chapelle de Hautmesnil offre un aspect désolé et envoûtant, digne des plus belles pages de l’écrivain du Pays, Jules Barbey d’Aurevilly. Elle a été remplacée depuis la fin du XIXe siècle par une nouvelle église, située plus en retrait dans les terres, plus proche aussi de la route et des habitations. Le mobilier, qui comprend notamment un retable du XVIIe siècle et une sculpture en haut relief de saint Georges, le patron de la chapelle a été transféré dans cette nouvelle église.

L’arc obstrué qui ouvrait jadis de la nef vers le chœur de la chapelle de Hautmesnil, repose sur des pilastres à tailloirs datant de l’époque romane (XIIe siècle). Le reste de l'édifice a été largement modifié et le chœur a  entièrement disparu. Les percements de la nef appartiennent aux XVe et XVIIIe siècles. Les maçonneries de l'édifice intègrent une grande quantité de moellons en calcaire coquillier, dit parfois "tuf de sainteny", un matériau provenant selon toute vraisemblance de remplois de sarcophages du haut Moyen âge. Ces fragments sont donc un indice de l'existence sur le site d’un lieu d'inhumation et probablement d'un sanctuaire établi ici depuis au moins le VIIe ou le VIIIe siècle. Parmi ces remplois figure en outre un petit chapiteau sculpté en calcaire coquillier. D’après sa forme en tronc de cône très évasé, marqué aux angles par des volutes saillantes, il pourrait s’agir d’une œuvre pré-romane.

Julien DESHAYES

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:39

Selsoif

Aux origines du village de Selsoif

Selon une ancienne légende, le nom de ce village isolé au cœur des marais, aurait pour origine une aventure survenue à Dame Létiticie, châtelaine de Saint-Sauveur au XIIe siècle, qui, s'étant perdue dans la forêt lors d'une partie de chasse, croyait devoir y mourir de soif. Ayant invoqué la protection de la Vierge, elle y vit jaillir une source où se désaltérer et fit alors le vœu de fonder en ce lieu un sanctuaire, que l'on nomma dès lors Selsoif.

Etymologiquement, le nom de Selsoif dériverait plutôt, selon certains auteurs, du latin "cella suavis", c'est-à-dire une sorte de résidence monastique, ou plutôt un prieuré "suave", lieu agréable et sain.  Selon une autre orientation, il semble en fait que la terminaison en "soif"  anciennement orthographié "suef" soit dérivée du latin Sylva, la forêt, ce que viennent corroborer plusieurs textes médiévaux évoquant la forêt qui occupait jadis ce site.

A l'époque du duc Guillaume le Conquérant, les moines de l'abbaye de Saint-Sauveur avaient en effet reçus en don de Néel le Vicomte, seigneur du lieu, le droit de percevoir le revenu des forêts et des marais de Selsoif, ainsi que celui d'y mettre leurs troupeaux a pâturer. On leur donna aussi le droit d'y ramasser du bois sec pour leur chauffage, ainsi que du bois de construction, pour construire leurs habitations. Disparue aujourd'hui, l'ancienne forêt de Selsoif fut entièrement défrichée au cours du Moyen âge.

PATURAGE

C'est également aux moines de l'abbaye voisine que le baron de Saint-Sauveur concéda au XIe siècle l'église Notre-Dame-de-Selsoif.  Bien que situé à l'intérieur de la paroisse de Saint-Sauveur, cet édifice religieux était bien une véritable église, servant de lieu de culte, de baptême et d'inhumation, pour les habitants des environs. L'édifice actuel, à plan en croix latine, conserve encore, à l'intérieur du chœur, de beaux éléments architecturaux d'époque romane. Comme l'indique une inscription, la chapelle sud fut en revanche construite en 1543 par le dénommé Gallopin, avocat du roi. La chapelle nord appartient sans doute à une date très voisine mais la nef a subit d'importantes modifications à une époque beaucoup plus récente. La construction du clocher, implanté en façade, ainsi que l'insertion de la sacristie ne datent que du XIXe siècle. Parmi les œuvres visibles dans cette église, il convient de signaler les belles sculptures de la Vierge à l'enfant et de sainte Catherine, datant toutes deux du XIVe siècle, ainsi qu'une statue de saint Claude et un saint Sébastien en bois du XVIe siècle. La croix du cimetière, ornée des figures de la Vierge et du Christ crucifié, porte la date de 1761.

 

Comme une île au cœur des marais

 La principale originalité de ce village - qui, outre les habitations regroupées autour de l'église est en fait composé de plusieurs hameaux et écarts - tient à sa situation quasi insulaire, au cœur des vastes marais de la Douve et du Gorget qui l'enserrent de part et d'autre. En 1828, ne soulignait-on pas que Selsoif "forte seule de près de 600 âmes, très éloignée de l'église paroissiale et dont la communication est très difficile en hiver par les grandes quantités d'eau qui la traverse en tous les points" avait besoin d'une école particulière ?

Avec son église et son école, la population de Selsoif constituait bien une communauté distincte, consciente de son identité particulière. Elle possédait en outre, pour son propre usage, la jouissance collective de 120 hectares de landes et de marais, qui assuraient une part non négligeable de sa subsistance. En premier lieu, ces terrains offraient de vastes zones de pâture, permettant non seulement d'y nourrir - comme encore aujourd'hui - des troupeaux de vaches et de chevaux, mais aussi des moutons (liés par paires), des cochons (au groin percé d'un anneau), ou des oies (porteuse d’un carcan en bois de 33 cm) ! Les petites cueillettes, celle du rots pour couvrir les habitations, celle de la tourbe et des bouses servant au chauffage, ou encore celles du sable, des pierres et des herbes à litière, représentaient aussi des activités importantes. La pêche dans la rivière Douve alimentait les tables en poissons d'eau douce et la chasse aux oiseaux, parfois illicite, apportait un extra apprécié.

Selsoif maison

maison en masse au village de Selsoif

Beaucoup des maisons de Selsoif se signalent par leur architecture traditionnelle en "masse", dont les murs sont essentiellement formés de levées de terres mêlées de paille. Seuls les rares habitations de quelques propriétaires aisés étaient ici bâtis en pierre. Partout supplanté par l'ardoise, la tuile ou la tôle, le chaume régnait jadis en maître sur ces édifices.

 

Julien DESHAYES

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:56

Valognes-hotels-particuliers 9181

Rue Léopold Delisle

 Le terrain sur lequel est construit l’hôtel de Bascardon appartenait initialement au domaine du presbytère. Le 13 septembre 1730, Louis François de Bernière de Sainte-Honorine, curé de Valognes, en bailla une portion au profit de Marie Françoise de Mailly, veuve de François Félix de Lestourmy de Joinville. Le 24 décembre 1743, Marie Françoise de Mailly revendait pour 9 300 livres à Marie Anne le Berceur de Fontenay, veuve de Jacques-Antoine de Saint-Simon, un édifice désormais bâtit sur ce terrain. Cette construction se composait « d’une maison à usage de plusieurs caves, les salles, cabinets et greniers dessus, les escaliers pour en faire l’exploitation, puits, remises et autres aistres, cour et jardin ».

Bascardon détail 01

Le 6 thermidor an 13, Georges Antoine Dancel de Quinéville, héritier de Marie Anne Le Berceur, vivant sur place depuis au moins 1786, revendait la propriété à Marie Louise Charlotte Elisabeth Catherine d’Hauchemail, veuve de André Alexandre Etard de Bascardon.  L'acte de vente décrit « un corps de logis composé de cuisine, office, laverie, cave, cavot, bûcher, écurie, remise, salle à manger, salon de compagnie, chambres à coucher, boudoirs, cabinets, chambres en mansarde, greniers, cour et jardin ».

 

Catherine d’Hauchemail décéda dans cette demeure en 1824, où son inventaire après décès fut dressé le 22 janvier. Ce document mentionne au nombre des pièces d'habitation un salon, une salle à manger ainsi qu'un grand nombre de chambres. L’inventaire des livres indique que le cabinet situé près du perron du jardin abritait une importante bibliothèque. L’hôtel devait être soigneusement meublé car l’ensemble du mobilier fut évalué à 13 700 livres. Le fils de Mme d'Hauchemail, Louis Michel Alexandre Etard de Bascardon, né en 1778, marié le 10 mai 1800 avec Marie-Henriette de Chivré, châtelain de Saint-Martin-le-Hébert, hérite alors de la propriété, qu’il met imméditament en location, le 31 janvier 1824, au profit de Frédéric Antoine Faivre. La famille Etard de Bascardon a laisé son nom à la propriété.

 

 Valognes-hotels-particuliers 9146

L'édifice, flanqué à droite d'un portail monumental donnant accès à la cour, présente une élévation sur rue formée de six travées ordonnancées, coiffée de fenêtres de combles à pignon. L'étage noble, nettement plus élevé que les autres niveaux d'habitation, est ajouré de grandes fenêtres ornées de tables d'appuis et reliées par des chaînes verticales aux ouvertures cintrées du rez-de-chaussée. Celui-ci présente un parement en pierre de taille calcaire que prolongeait initialement, sur le reste de la façade, un enduit couvrant aujourd'hui disparu.

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Julien DESHAYES et Stéphanie JAVEL, 2004

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:46

Rue de l'Officialité (édifice détruit)

Anneville

Façade sur rue de l'hôtel d'Anneville, d'après une carte postale ancienne, vers 1900

Deux actes respectivement datés de 1641 et de 1655 mentionnent l'existence d'un édifice situé rue de l'Officialité, à l'emplacement du futur hôtel d'Anneville, et appartenant alors au sieur de Sottevast. Le 18 avril 1679 cette propriété est vendue par Robert-Arthur de Couvert, seigneur d’Auderville, à Guillaume Pouchin, écuyer, sieur du Cornez. Le 27 mai 1691 ce dernier la revend, pour la somme de 3 160 livres, à messire Bon-Thomas Castel, marquis de Saint-Pierre-Eglise. Le 8 décembre 1695 Charles-Claude de Bréauté rachète l'édifice - qui était probablement nouvellement construit - pour 6000 livres. Le 22 juin 1697, l'hôtel est acquis par Guillaume-Eustache d'Anneville, chevalier, seigneur de Chiffrevast, Anneville et Saint-Vaast, qui y réside jusqu'à sa mort en septembre 1700. Il passe ensuite par héritage en possession de son fils aîné, Bon Thomas d’Anneville seigneur et patron du Vaast, né en 1697, époux de sa cousine Barbe d'Anneville en 1715, décédé au château de Saint-Pierre-Eglise en mai 1729.  Jean-François d'Anneville, son successeur, né à Valognes le 7 mai 1726, marié en 1746 à Marie-Anne Jacqueline de Camprond, fut page puis officier du roi et décéda à Valognes en 1792.  La famille d'Anneville, l'une des plus importantes familles nobles du Cotentin, resta propriétaire de cet hôtel jusqu'en 1841. Ce dernier a malheureusement été détruit lors des bombardements alliés de juin 1944.

 

Anneville-Lerouge-copie-1.JPG

L'hôtel d'Anneville sur le plan Lerouge, 1767

Lors de la vente effectuée en mai 1691, l'édifice comprenait un petit corps de logis sur rue, avec salle, cuisine et office en rez-de-chaussée, chambres et greniers au dessus. Une cour abritant "de vieilles écuries" et un jardin potager occupaient l'arrière de la propriété. Un procès de voisinage opposant Bon-Thomas Castel à Jacques Barbou de Plainmarest, propriétaire de l'hôtel Pontas-Duméril, fait état, l'année suivante, de travaux entrepris par le nouvel acquéreur. Cette construction comprenait l'aile en retour, édifiée contre le mur formant séparation entre les deux propriétés.

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Aperçu de la façade sur cour sur une photo de famille datant de la fin du XIXe / début du XXe siècle

La description fournie par l'inventaire après décès du sieur d'Anneville, le 20 septembre 1700, atteste bien que l'édifice avait été à cette date considérablement agrandi. Il comprenait désormais deux étages d'habitation, avec au moins six pièces de service en rez-de-chaussée (cuisine, laverie, celliers, office…), une "haute salle", trois chambres et un cabinet, au premier étage, trois autres chambres avec cabinet ou vestibule au second. Les communs édifiés dans la cour comprenaient notamment une remise à carrosse et une écurie. Un second inventaire après décès, dressé en mars 1729 suite au décès de Bon Thomas d’Anneville seigneur et patron du Vaast, décédé au château de Saint-Pierre Eglise, apporte de nouvelles précisions sur la distribution de l'hôtel. Il mentionne notamment la chambre du seigneur d'Anneville, située au premier étage, qui ouvrait sur la cour par deux croisées et était précédée par une antichambre accessible depuis l'escalier. La grande salle, donnant sur la rue, se trouvait sur le palier opposé et était suivie de deux autres chambres, l'une abritant cinq portraits de famille et la seconde étant située "sur la grande porte d’entrée de ladite maison". L'étage supérieur abritait notamment la chambre de la veuve et son cabinet, ainsi que "la chambre sur la haute salle où couchaient les enfants et les domestiques". Au nombre des pièces de service du rez-de-chaussée sont citées la cuisine, la buanderie, un grand cabinet, plusieurs celliers et une cave à vin. L'écurie servait aussi de logement au dénommé Laurent Lelong, palefrenier.

CPA-Anneville-copie-2.jpg

Aperçu de la façade arrière - avec aile en retour édifiée en 1692 - de l'hôtel d'Anneville,

carte postales ancienne, détail

 

Valognes-hotels-particuliers 1867

Partie ancienne subsistante de l'aile des communs (1692)

En 1785, Jean-François d'Anneville augmente la propriété d'une maison attenante comprenant "un petit salon, une cuisine à la suite, un cellier au derrière, avec les chambres, greniers et escaliers d'accès, le tout couvert en ardoise, un jardin potager de cinq perches avec une buanderie sur le Merderet". Le plan Lerouge de 1767 permet de distinguer le corps de logis principal, édifié sur la rue, et son aile en retour. Les cartes postales anciennes antérieures à juin 1944, montrent une élévation sur rue du XVIIIe siècle, se composant de six travées et de trois niveaux d'élévation. La porte cochère surmontée d'un arc en plein-cintre, permettant l'accès à la cour, était décalée sur la gauche de la façade. Les baies du rez-de-chaussée se distinguaient par leurs chambranles moulurés tandis que les fenêtres du premier étage étaient coiffées d'un simple linteau cintré et de celles du second étage d'un linteau droit. Les combles étaient éclairés par des lucarnes reportées aux deux extrémités latérales de la toiture. Cette aile sur rue comprenait deux étages d'habitation édifiés sur un rez-de-chaussée abritant les communs. Côté cour, elle conservait des percements datant de la Renaissance, indiquant la reprise d'un édifice antérieur. Le rez-de-chaussée de l'aile en retour, à usage de communs, est partiellement préservé.

 

H-d-Anneville18-7-1948.jpg

La reconstruction de l'hôtel d'Anneville après la seconde guerre mondiale

On aperçoit les écuries subsistantes en rez-de-chaussée de l'aile en retour

 

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Stéphanie JAVEL et Julien DESHAYES, 2004

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:30

 

7, rue des Capucins

L'hôtel dit d'Anneville-du-Vast fut édifié par Pierre Bourdet, bourgeois de Valognes, qui avait acquis en 1725 une petite maison couverte de paille située à son emplacement. Il semble que la construction de l'hôtel était achevée à la mort de Pierre Bourdet, dont l'inventaire après décès fut rédigé le 10 avril 1738. Cette propriété a appartenu de 1757 à 1771 à Françoise-Catherine Laisney du Gravier, puis, de 1771 à 1804 à Marguerite de Camprond, veuve de Charles de Sainte-Mère-Eglise. De 1804 à 1841, il est en possession de la famille d'Anneville-du-Vast, qui n'y réside pas mais laisse son nom à la propriété. Entre 1820 et 1836, il est loué par les deux demoiselles Eulalie et Charlotte Simon de Touffreville, rebaptisées « Mlles de Touffredelys » dans le roman de Barbey d'Aurevilly intitulé Le Chevalier des Touches. C'est en effet dans cet hôtel que Barbey d'Aurevilly situe une partie de son roman. Depuis environ 1843 jusqu'en 1915 l'hôtel est loué à la famille de Clamorgan. Selon l'abbé Canu, "C'est dans cet hôtel  d'Anneville, au salon du premier étage, qui conserve encore ses belles boiseries, que Madame Clamorgan attendait, assise dans son fauteuil, vêtue de noir et la tête couverte d'une voilette, les artistes locaux, musiciens et chanteurs, qui venaient souvent donner chez elle un concert, à son jour". L'édifice aurait ainsi accueilli le violoniste Armand Royer, ami intime de Jules Barbey d'Aurevilly, qui entretint lui-même des relations amicales avec la famille de Clamorgan.

L'inventaire après décès de Pierre Bourdet, daté du 10 avril 1738, précise que l'édifice comprenait une cuisine, un salon et un cellier en rez-de-chaussée, ainsi que deux chambres et un cabinet installés dans chacun des niveaux supérieurs. L'hôtel possédait aussi une cour, une laverie et une écurie, dont le plafonnement était encore en cours de construction. L'acte de vente du 21 juillet 1757 n'apporte pas d'autre précision notable sur l'état de l'édifice ou sa distribution.

Cet hôtel présente une façade sur rue composée de cinq travées régulières, dont l'élévation, intègre deux étages carrés et un niveau de combles. Le parement est traité en moyen appareil de pierre de taille calcaire, piqueté pour recevoir un enduit aujourd'hui supprimé. La porte d'entrée est décalée en position latérale. Les baies du rez-de-chaussée sont à linteaux cintrés tandis que les baies des deux niveaux supérieurs se signalent, côté rue, par leurs linteaux délardés ondulés. La façade postérieure, beaucoup plus austère, est édifiée en simple moellon.

 

L'hôtel d'Anneville-du-Vast est inscrit sur la liste supplémentaire des Monuments historiques depuis mars 2012.

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 Stéphanie JAVEL et Julien DESHAYES, 2004

 

Hôtel d'Anneville du Vast
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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 12:22

VISITES GUIDEES POUR GROUPES

Ces visites sont prévues pour une durée de 1h30 à 2h00 environ. Pour le confort du groupe il est généralement préférable d'en limiter la participation à trente personnes. Chaque édifice ou période majeure de l'histoire locale peut se donner ainsi à découvrir, en compagnie d'un guide conférencier agréé, diplomé par le ministère de la culture. Selon vos attentes, en fonction de vos choix et de vos préférences, nous pouvons élaborer avec vous un itinéraire thématique adapté à votre demande. 

Tarif et conditions de réservation : Il est préférable de réserver une quinzaine de jours avant votre visite, en nous contactant soit par téléphone (02.33.95.01.26), soit par Email (pah.clos.cotentin@wanadoo.fr). Nos guides sont en mesure de proposer des interventions en langue anglaise, en allemand et en espagnol. Le tarif forfaitaire pour un groupe est actuellement de 85 euros (changement intervenu en janvier 2014).

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LISTE SOMMAIRE DES THEMES DE VISITE :

Les Thermes romains d'Alauna à Valognes

Alauna net 2

Valognes, 2000 ans d'histoire

L'ancienne abbaye bénédictine royale de Valognes

Valognes au temps de Gilles de Gouberville

Le musée régional du cidre, le musée de l'eau de vie et des vieux métiers

L'église d'Alleaume et son quartier 

Un guide nommé Barbey d'Aurevilly à Valognes

Le château de Bricquebec

Maugendre

Bricquebec au Moyen âge

Bricquebec au fil des lettres                                                                     

Ballade "petit patrimoine" de Bricquebec

L'église Notre Dame de l'Assomption de Bricquebec

Le château de Saint -Sauveur-le-Vicomte

Saint-Sauveur 01

 

Un guide nommé Barbey d'Aurevilly à Saint-Sauveur-le-Vicomte

L'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Abbaye5

Paysage et patrimoine au pays des marais

Saint-Sauveur-le-Vicomte au Moyen âge

L'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Sauveur-le-Vicomte

SSvte église 027

 

 

EXCURSIONS A LA JOURNEE OU A LA DEMI-JOURNEE

L'équipe du Pays d'art et d'histoire peut mettre en place à votre demande des thématiques d'excursion sur une journée entière ou une demi-journée. Nous sommes à votre écoute pour élaborer avec vous l'itinéraire correspondant à votre attente. La préparation de ces sorties pouvant nécessiter un certain délai, merci cependant de nous solliciter au moins quinze jours à l'avance... Le coût d'une excursion à la journée est 360 € et celui des excursions à la demi-journée est de 180 € (durée de 4h00 environ).

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QUELQUES THEMES D'EXCURSION :

L'art roman du Clos du Cotentin

Joyaux d'architecture gothique en Clos du Cotentin

Châteaux et forteresses du Clos du Cotentin 

La guerre de Cent ans en Clos du Cotentin

 Manoirs et belles demeures du Clos du Cotentin 

Au pays de Jules  Barbey d'Aurevilly

La légende dorée du Clos du Cotentin

Sur les traces de Gilles de Gouberville, gentilhomme campagnard du Cotentin de la Renaissance

(.../)

Bricq Biblioth-que Nationale en visite dans la cit- du Donj

 

LES CONFERENCES EN SALLE

L'équipe du Pays d'art et d'histoire est en mesure de proposer des conférences en salle richement illustrées, soit dans nos propres locaux, soit en se déplaçant auprès d'autres établissements. Le tarif habituel de ces interventions est de 100 euros. Lorsque leur mise en place nécessite un temps de préparation important, ce tarif peut toutefois faire l'objet d'ajustements.

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LISTE SOMMAIRE DES THEMES DE CONFERENCE :

 Le Cotentin des vikings

 Le Cotentin du duc Guillaume le Conquérant

 La légende dorée du Clos du Cotentin (Culte des Saints et récits hagiographiques)

 L'art roman du Clos du Cotentin

 Les châteaux du Cotentin à l'époque médiévale

 Les fortifications de la guerre de cent ans en Cotentin

 Les manoirs et logis nobles du Cotentin à l'époque médiévale

 Art et architecture de la Renaissance en Cotentin

 Demeures du Cotentin à l'époque classique

 Une histoire des forêts du Clos du Cotentin

 Une histoire des marais du Clos du Cotentin

 Une histoire des routes et chemins du Clos du Cotentin

 Une histoire des abbayes du Clos du Cotentin

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 18:07
gravure 01

La cité antique d’Alauna est connue par deux mentions, l’une sur la table de Peutinger, l’autre dans l’Itinéraire d’Antonin, documents datant tous deux du IIIe siècle de notre ère. La ville appartenait alors au territoire de la tribu gauloise des Unelles, correspondant à peu près à celui du diocèse de Coutances. Ultime étape d’un itinéraire reliant directement le Mans (Suidinum) à la mer de la Manche, Alauna constituait l’un des jalons d’une route commerciale menant vers la Cornouaille britannique. Son nom s'est conservé dans celui de l’ancienne paroisse d’Alleaume, aujourd’hui l’un des faubourgs de la ville de Valognes.

 peutinger

Extrait de la Table de Peutinger. Alauna figure dans l'angle en haut à gauche.

Longtemps assimilé aux vestiges d'un ancien château, le site d'Alauna a été identifié et commencé d'être fouillé en 1695 par le père Dunod, jésuite et missionnaire royal, aidé par l’Intendant Foucault, collectionneur passionné d’antiques. Objet d'une vaste polémique, ces premières fouilles ont donné lieu à plusieurs publications et à de multiples commentaires tout au long du XVIIIe siècle. Pour avoir défrayé les chroniques érudites, cet engouement des savants n'empêcha pas toutefois les propriétaires des terrains occupés par les vestiges antiques d'en entreprendre la destruction. Lorsque le valognais Charles Duhérissier de Gerville, le fondateur de l'archéologie française, débute en 1811 de nouvelles recherches, les thermes avaient essuyés des tirs d'artillerie et le théâtre était en train de perdre ses derniers gradins, vendus comme pierre à chaux. 

 Alauna, thermes

Gravure ancienne illustrant les fouilles et les observations menées au XVIIe siècle sur les thermes romains

Outre le bâtiment des thermes, les recherches archéologiques menées depuis trois siècles ont permis de dégager de nombreuses structures maçonnées éparses, dont l’interprétation demeure problématique. Si l’emplacement bien attesté du théâtre à gradins reste discernable, on s'interroge encore sur la fonction d'un long fragment de muraille, visible dans une pièce de terre voisine, identifié sans certitude tantôt aux vestiges d'un  hôtel des monnaies ou à ceux d'un castrum. L'hypothèse de l'existence d'un fanum antique sous la petite chapelle romane de la Victoire a également été soutenue par certains érudits locaux. Depuis les études de Charles de Gerville, plusieurs éléments du tracé de la voirie urbaine ont également été repérés, ainsi que l'emplacement présumé du forum. Si les structures observables et les indices archéologiques concernant de grands édifices publics sont donc relativement nombreux, les traces d'habitat et d'installations domestiques demeurent en revanche étonnamment rares.

 

Les monnaies découvertes lors des différentes fouilles archéologiques offrent aujourd'hui l'un des meilleurs éléments d'approche pour évaluer la période d'occupation du site. Ont été recensées des monnaies dont les dates d'émission s'étalent de l'époque Gauloise (potin Baïocasse, vers 70-60 av. J.C.) à celle de l'empereur Constance II (324-325 ap. JC). Cette amplitude chronologique coïncide avec la période ultime d'occupation du site, dont on situe aujourd'hui l'abandon au IVe siècle de notre ère.

Alauna, thermes 2

Vue axonométrique des vestiges conservés

 

Selon l'analyse de Thierry Lepert, et en dépit du silence des sources écrites, il est probable qu’Alauna, principal relais local de l’itinéraire d’Antonin, ait occupé le rang de capitale des Unelles durant le Haut Empire. Ce n'est qu'ensuite que le centre administratif du territoire se serait déplacé à Crociatonum (Saint-Comes-du-Mont/Carentan ou plutôt Sainte-Mère-Eglise), traduisant un repli stratégique vers la base du Cotentin. Cosedia (Coutances), rebaptisée Constancia sous l’empereur Constance, n’aurait enfin acquis son statut de capitale qu’à l’extrême fin du IIIe siècle ou au début du IVe siècle. Site de hauteur, siège de garnison, c’est elle qui offrait alors les meilleures qualités défensives. L’érection de Coutances au rang de chef lieu de Cité coïnciderait aussi avec la fortification de Coriallo, l’actuelle Cherbourg, où des fouilles archéologiques ont révélé les vestiges d’un castrum du bas Empire. A Valognes, il faudra ensuite attendre le règne du duc Guillaume le Conquérant pour observer un véritable renouveau.

Julien Deshayes

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LIEN : UN RELIEF DE TETE ANTIQUE DECOUVERTE A VALOGNES

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