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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 12:11

Inventaire (en cours) : Lettres C/F

  • Carentan : La léproserie de la Madeleine, sise au hameau du même nom, en bordure de la chaussée reliant Carentan aux Ponts d’Ouve, est attestée dès l’an 1200, à l’occasion de la création d’une foire, fondée en sa faveur par le roi Jean-sans-Terre. En 1492 le trésor de l'église de Carentan procédait avec les malades de la Madeleine à un échange de terres sises jouxte la terre aux malades. 

Carte des ingénieurs du roi aux archives de Vincennes, vers 1770/80 : détail la Madeleine à Carentan

  • Carquebut : On trouve à Carquebut (anc. Canton de Sainte-Mère-Eglise) plusieurs lieux-dits « la haute messe », « la messe »… regroupés en limite de paroisse (cadastre A 380). Ce toponyme est peut-être dérivé du terme « messel », « mesel », « meséau », « meseu » (…), désignant le lépreux en ancien français.
  • Cherbourg : La léproserie de Cherbourg est mentionnée en 1224, comme se trouvant non loin de la maison de Thomas de la Bucaille. Elle est également attestée par l’inventaire des biens ecclésiastiques du diocèse de Coutances dressé en 1332, évoquant l’existence d’une chapelle Saint-Thomas auprès de laquelle résidaient les lépreux de la ville. Cet établissement percevait alors un tribut annuel sur les marchands venant vendre leurs produits à la foire Saint-Martin, que se partageaient les lépreux et le prêtre desservant, chargé de l’entretien de la chapelle. Le prêtre devait s’assurer que les malades jouissent d’une sépulture chrétienne et était tenu de leur administrer les sacrements ecclésiaux. L’oratoire des lépreux est dit se trouver auprès du cimetière de l’église de Cherbourg, à l’intérieur de l’hôpital de la ville. Selon la tradition érudite, cette léproserie fut initialement établie sur le site d’un ermitage, dont la chapelle, d’abord placée sous le vocable de saint Achard, fut ensuite attribué à saint Thomas Becket
    • Cf. A.E. LESDOS, « L’Ermitage de Saint-Achard ou Saint-Thomas et la léproserie de Cherbourg », Mémoire de la Société impériale académique de Cherbourg, 1856, p. 122-125.
  • Cérences : Les  « Lépreux de Notre-Dame ou Sainte-Trinité de Cérences » percevaient à la fin du XIIe siècle une rente versée par le trésor ducal.
  • Colomby (anc. canton de Saint-Sauveur-le-Vicomte) : parcelles nommées "les Maladreries", "le Clos de la maladrerie" sur le cadastre actuel (C. 193/194 et D. 149), auprès de la route D.146 conduisant vers Morville.

Colomby, localisation des lieux-dits "les maladreries", "le clos de la maladrerie".

  • Coutances : La maladrerie Saint-Michel de Coutances est attestée depuis le tout début du XIIIe siècle et se trouvait au sud de la ville, sur la lande d’Orval. Au début du XIVe siècle, l’établissement était administré par un receveur travaillant pour le compte des bourgeois de Coutances. Le prêtre chargé d’officier dans la chapelle saint Michel était nommé par l’évêque. Cette léproserie fut rattachée à l'hôtel-Dieu de la ville en 1695.

La chapelle Sant-Michel de Coutances (Atlas Trudaine c. 1745).

  • Le Désert (anc. canton de Saint-Jean-de-Daye) : La léproserie de la Perrine, sur la commune du Désert, existait déjà au début du XIIIe siècle, ayant bénéficié avant 1204 de la fondation d’une foire par privilège du roi Jean-sans-Terre (1199-1216). Elle se trouva rattachée en 1238 à un prieuré de frères Trinitaires, établi à la Perrine par Guillaume du Hommet, seigneur du lieu. On rencontre parmi les donateurs du prieuré, les nommés Guillaume de Grouchy, Guillaume Revel et Guillaume de Saint-Denis, tous les trois lépreux. Guillaume de Grouchy, écuyer, avait donné 15 livres et un lit complet. Robert, son frère, 30 sous. Selon François Dubosc, « lors de la disparition complète de la lèpre, les revenus de la léproserie durent être incorporés à ceux du prieuré ».
    • Cf. François  DUBOSC, « Notes pour servir à  l’histoire du prieuré de la Perrine (Lu dans la séance générale du 23 octobre 1848) », Notices Mémoires et Documents publiés par la Société d’agriculture d’archéologie et d’histoire naturelle du département de la Manche, vol. I, 1851, p. 111-118.

Le Désert, ancienne chapelle Sainte-Catherine de la Perrine.

  • Eroudeville (anc. canton de Montebourg) : Au XIVe siècle le prêtre suppléant de l’église de Saint-Floxel devait célébrer deux messes par semaine dans la chapelle des lépreux d’Eroudeville (Et habet vicarius necesse celebrare bis in septimana in capella leprosarie de Aroudevilla). Charles de Gerville a signalé au début du XIXe siècle la découverte de plusieurs sarcophages à l'emplacement de cette ancienne chapelle, placée sous le vocable de Saint-Clair.

Site de l'ancienne maladrerie Saint-Clair à Eroudeville,

à l'entrée de la ville de Montebourg

(BNF, carte depuis la Hougue jusqu'au Grand Vay, 1700)

  • Flottemanville-Hague (anc. canton de Beaumon-Hague) : lieux dits « les maladries » et « la petite maladrie », au sud de l’église, en limite de paroisse (cadastre actuel, parcelle A. 391).

(A suivre lundi prochain...)

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 11:47

I – Maladreries et léproseries du Cotentin

 

De nombreux débats animent les historiens autour des origines et du développement de la lèpre, qui fut par définition la maladie du Moyen âge en France. Attestée depuis l’Antiquité (cf. miracle de la guérison des lépreux dans l’évangile selon saint Luc) elle se propage surtout au XIIe siècle, en lien avec les croisades et en raison de l’accroissement de la population.

Les premières lois médiévales sur l’exclusion des lépreux remontent au début de l’époque mérovingienne (concile d’Orléans de 549). Elles recommandent dans le même temps aux évêques de « visiter les lépreux et de les assister des revenus de sa maison ».

BNF, manuscrit Français 9140, fol. 151v, lépreux

Lorsqu’un lépreux était reconnu tel, le curé procédait à un office de la séparation, dans l’église du village, avant de le conduire à la léproserie pour y célébrer une « messe des lépreux » (assimilée à une messe des morts). On lui indiquait alors sa séparation définitive d’avec ses proches et sa famille. Il ne devait plus communiquer avec les vivants. On lui imposait le port de la crécelle et d’un bidon de bois pour mendier des aumônes, d’un chapeau qu’il ne devait jamais ôter, de gants pour éviter de se blesser et de communiquer la maladie. A ces prescriptions, l’évêque de Coutances Robert d’Harcourt (1291-1315) ajoutait au début du XIVe siècle le port obligatoire d’une chape, l’interdiction de fréquenter les marchés et autres lieux peuplés, l’interdiction de vendre les porcs élevés dans la maladrerie, et même de mendier !

Non jugulée par les  persécutions du XIVe siècle, la lèpre ne semble avoir disparu du Cotentin que dans le cours du XVIe siècle. En 1541 les malades de Rauville-la-Place s’opposaient encore aux officiers royaux pour conserver les revenus des deux foires annuelles qui permettaient leur subsistance. Mais la tendance globale était désormais à la suppression des léproseries, devenues inutiles, et à la captation de leurs nombreuses richesses. Dans les années 1670-1690, sous le règne de Louis XIV, les revenus des maladreries sont définitivement confisqués et rattachés aux hôpitaux royaux.

En dépit de leur multitude, les maladreries ont laissé peu de traces dans notre environnement. Il subsiste à Condé-sur-Vire (Saint-Lois, jadis au diocèse de Bayeux), sur le site de l’ancienne maladrerie du Goulay, un ensemble presque complet de bâtiments datant du début du XIVe siècle, organisés autour d’une vaste cour centrale, avec chapelle, aile des malades, maison du chapelain, porterie, grange. à Saint-Lô on peut voir encore la chapelle, très restaurée, de l’ancienne maladrerie de la Madeleine et, à Champeaux (Avranchin), quelques vestiges de la maladrerie Saint-Blaise. Dans la presqu’île du Cotentin l’ultime sanctuaire de maladrerie encore conservé, bien que très remanié, semble être la chapelle de la Délivrance, anciennement Saint-Jacques des Lépreux, à Rauville-la-Place. Sur la lande de Vasteville, la chapelle de la Madeleine, encore debout en mars 2010, a malheureusement été détruite par son propriétaire.

Condé-sur-Vire, maladrerie du Goulaye, la chapelle de la Trinité

La bibliographie jointe recense les principaux articles et outils documentaires utilisés pour dresser l’inventaire des maladreries du Cotentin. Le plus précieux est le « Livre Blanc » ou « pouillé » de 1332, recensant les bénéficies ecclésiastiques du diocèse de Coutances, qui contient d’intéressantes précisions sur ces établissements mais n’offre probablement qu’un état partiel, voir déjà résiduel, des sites existants. Enfin, la recherche toponymique portant sur les termes de « maladerie », « maladrie » ou approchant, ou sur des vocables tels que Saint-Blaise ou la Madeleine, apporte des résultats intéressants et les données les plus neuves. Un travail de localisation de ces occurrences sur le cadastre actuel a déjà permis de recenser une dizaine de sites, mais la démarche reste à conduire de façon plus systématique.

(Note à l’intention d’éventuels contributeurs : le site internet cadastre.gouv, permet, commune par commune, de conduire une recherche portant sur les noms de lieux, pour ceux du moins qui n’ont pas encore été supprimés en raison de l’application des règles postales de numérotation par voie).

Un exemple de repérage sur le site internet "cadastre.gouv" ?

Le "pré de la Malarderie" à Néville-sur-Mer

Bibliographie sommaire : Léopold DELISLE, « La léproserie de Bolleville », Annuaire du département de la Manche, 1892, p. 16-27 ; François DUBOSC, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Manche. Archives ecclésiastiques. Série H, Tome I, Saint-Lô, 1866  ; François DOLBET, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Manche. Archives ecclésiastiques. Série H, Tome III, Saint-Lô, 1912 ; Paul LECACHEUX, Essai historique sur l’hôtel-Dieu de Coutances, vol. I, Paris, 1895 ; LECHAUDE-D’ANISY, « Recherche sur les léproseries et maladreries, dites vulgairement maladreries, qui existaient en Normandie », Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 1847, t. XVII, p. 149-212 ; Auguste LONGNON, Pouillés de la province de Rouen, Paris, 1903 ; M. RENAULT, « Nouvelles recherches sur les léproseries et maladreries en Normandie », Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, vol. 28,  1871, p. 106-148.

Inventaire (en cours) : Lettres A/B

 

  • Amfreville (anc. canton de Sainte-Mère-Eglise) : La léproserie d’Amfreville est citée en 1257, dans une charte confirmant aux religieux de de l’abbaye de Blanchelande la possession d’une demi acre de terre située « près la léproserie d’Amfreville » (Inventaire sommaire archives de la Manche, H. 1063).
  • Anneville-en-Saire (anc. canton de Quettehou) : Mention dans le « Livre Noir » ou pouillé du diocèse de Coutances de 1332 d’une chapelle de Tous-les-Saints, non rattachée à l’église paroissiale mais destinée aux lépreux, avec un chapelain affecté à sa desserte, qui en percevait les revenus (est alia capella Omnium Sanctorum, que non est annexa ecclesie, pro leprosis parrochie. Capellanus dicte capelle percipit omnes fructus et habet curam dicte capelle et leprosorum)
  • Beaumont-Hague : L’an 1225, don par Richard Folliot, seigneur de Carneville, aux lépreux de Beaumont (Inventaire sommaire archives de la Manche, H.8639).
  • Beuzeville-au-Plain (anc. canton de Sainte-Mère-Eglise) : chapelle Saint-Thomas située en bordure de la voie romaine conduisant de Valognes (Alauna) vers la baie des Veys. Le vocable de saint Thomas (Beckett) pourrait ici renvoyer à une maladrerie, ou un hébergement charitable.

La chapelle Saint-Thomas de Beuzeville-au-Plain, sur la carte de Mariette de la Pagerie (1689)

  • Biville (anc. canton de Beaumont-Hague) : «Un endroit nommé la maladrerie dans les mielles de Biville, fait présumer qu’il y eut là autrefois un lazaret » (Annuaire de la Manche, vol. 6, 1834, p. 74). 
  • Bolleville (anc. canton de la Haye-du-Puits) possédait un prieuré de l’abbaye de Lessay à usage de léproserie, placé sous le vocable de Sainte-Marie-Madeleine. Cet établissement fait l’objet d’un article détaillé de Léopold DELISLE, (« La léproserie de Bolleville », Annuaire du département de la Manche, 1892, p. 16-27), relatant sa fondation par Richard de la Haye, baron de la Haye-du-Puits avec l’assentiment de l’évêque d’Algare (1124-1151). Les closes des concessions faites au profit de cet établissement par les familles des lépreux montrent qu’il s’agissait d’un établissement élitiste, réservé surtout à des membres de la noblesse, tels Guillaume, frère de Jourdain, de Barneville, ou Philippe, frère de Guillaume de Magneville, seigneur d’Olonde à la fin du XIIe siècle. Par des dispositions spécifiques, on s’assure que la dame du Rozel, malgré sa maladie, gardera à son service une chambrière attitrée, et que Geoffroi, fils d’Onfroi du Moulin, recevra tous les deux ans pour se vêtir, une chape, un manteau garni de peau et une pelisse.
  • Pour ressource, les lépreux de Bolleville percevaient aussi les revenus de deux foires annuelles, l’une à la sainte Marie-Madeleine et l’autre à la saint Barthélémy. Ils disposaient d’une chapelle vouée à Saint-Clair, où étaient célébrées deux messes chaque semaine. On justifie au XVe siècle a disparition de cette léproserie du fait que « Les lépreux de Bolleville, pour leurs énormes démérites, fautes et crimes, furent par autorité de justice détruits et brûlés, et que la léproserie même fut démolie, anéantie et détruite ». Cet évènement est postérieur à la grande répression de 1321, puisqu’en 1332 sont encore mentionnées la « maison des lépreux » (domus leprosorum) et la chapelle qui se trouvait dedans (in dicta domo est quedam capella). Il n’est pas exclu que de tels reclus, issus de la classe combattante, équipés pour certains de chevaux, se soient authentiquement livrés à des exactions sur les populations environnantes.

Bnf, manuscrit Français 2606, fol. 363, exécution des lépreux

  • Bricquebec : d’après un document de 1440 il existait une maladrerie à Bricquebec, située à trois kilomètres environ du bourg, auprès de l’actuel hameau du Foyer, auprès de la route de Valognes. Une chapelle vouée à Saint-Blaise lui était associée, qui fut selon l’abbé Lebreton détruite à la Révolution. Son plan figure encore, à l’extrême fin du XIXe siècle, sur le cadastre révisé de Bricquebec.

L'ancienne chapelle Saint-Blaise du hameau du Foyer à Bricquebec (cadastre ancien)

  • Brix (anc. canton de Valognes) : Au pied de l’éperon qui supporte le château et le village de Brix, le lieu-dit Saint-Thomas est lié à une chapelle disparue qui se trouvait au nord de l’ancien presbytère, près de la Ferme des Forges. Son vocable comme sa position, à l’écart du bourg, au carrefour des routes dites jadis « la querrière Adam » et « la voie haguaise », suggère qu’il s’agissait peut-être d’une chapelle de maladrerie, fondée - comme elles le furent souvent en Normandie - dans le dernier quart du XIIe siècle, sous le vocable de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, martyrisé le 29 décembre 1170.

Localisation du Hameau Saint-Thomas à Brix

 

(Suite au prochain épisode...)

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 14:59

L’un des aspects les plus notables de l’héritage des sociétés médiévales réside dans la construction de territoires densément habités et organisés. Qu’il s’agisse des réseaux routiers et de leurs équipements (ponts et chaussées, ports fluviaux et maritimes, auberges), des pôles commerciaux (bourgs à marchés, foires rurales), des centres de production économique et artisanale (moulins à eau, à vent et à marée, poteries, tanneries, forges…) des lieux de pouvoir (châteaux, manoirs) et d’exercice de la justice, des maladreries, des écoles ou des lieux de culte (abbayes, églises, chapelles, oratoires), on ne peut qu’être impressionné par l’abondance des équipements d’extrême proximité dont jouissaient les habitants du Cotentin aux XIIe et XIIIe siècles. En tout point, sous la forme d’édifices toujours existants, de vestiges archéologiques, parfois de simples traces laissées dans la toponymie ou de mentions dans les sources écrites, ce sont des milliers d’indices qui permettent de dessiner un paysage étonnamment structuré. Sans présumer ici de la vocation plus ou moins charitable, répressive ou prédatrice de ces équipements, ni de la qualité des services fournis à la population (la justice était-elle équitable ? les écoles de bon niveau ? les auberges confortables ?...), ils sont indiscutablement le reflet d’un encadrement très étroit des communautés villageoises. Sans se nourrir d’une nostalgie mal appropriée, ce  constat d’extrême proximité peut aujourd’hui nourrir une réflexion sur l’échelle de nos propres équipements et de nos services à la population, sur les notions d’espace vécu et de mobilité, ou sur le problème très contemporain des déserts médicaux.

Vasteville, ancienne chapelle de la Madeleine, aujourd'hui disparue

Il est à ce titre un dossier particulièrement sensible et révélateur, renvoyant malheureusement à une actualité brûlante, celui des établissements médicaux et du soin apporté aux malades dans le Cotentin du Moyen-âge. Outre les nombreuses maladreries et les hôtels dieu dont nous proposons aujourd'hui d’ouvrir la liste, le soin des corps concernait une infinité de lieux d’intercession surnaturelle, renvoyant davantage au domaine de la foi qu’à celui de la médecine, au sens du moins où nous pouvons l’entendre aujourd’hui. Les fontaines miraculeuses vouées aux saints guérisseurs, les sanctuaires mariaux spécialisés dans la protection des mères en couche et de leurs nourrissons, les reliques insignes et les milliers de statues de nos églises offraient autant de recours quotidiens face à la maladie et à la mort. Dans la liturgie annuelle de la célébration des saints, ne rappelait-on régulièrement aux fidèles leur vertu thaumaturge, leur capacité, tel saint Marcouf  à rendre « la lumière à ceux qui ne voyaient pas, la voix à ceux qui ne parlaient point, l'ouïe aux sourds, la marche droite aux boiteux, ainsi qu'aux paralytiques » ? Au XIIIe siècle, le récit de la vie du bienheureux Thomas Hélye, prêtre originaire de Biville (+1257), vient témoigner de façon éclatante de la capacité que l’on prêtait alors à Dieu d’octroyer un pouvoir de guérison aux plus valeureux de ses serviteurs, de leur vivant comme sur leur tombe.

Fontaine du bienheureux Thomas Hélye à Vauville

Sans développer ici tous ces aspects, ni s’arrêter en détail sur l’origine et la chronologie des différentes épidémies ayant pu affecter les populations du Cotentin entre le VIe siècle (peste de Justinien) et le XIVe siècle (grande peste noire), nous proposons d’ouvrir dans cette notice une liste des différents équipements médicaux inventoriés dans notre proche environnement. Il ne s’agit pas d’une liste fermée ni exhaustive, nous continuerons de l’alimenter au fil des jours prochains, et chaque signalement de lecteur pourra utilement contribuer à l’enrichir.  A la suite de la liste des maladreries et léproseries viendront les hôtels Dieu et autres établissements charitables.

(jeudi 19 mars 2020, suite au prochain épisode...).

 

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 09:14

En raison du contexte de pandémie et suivant les instructions gouvernementales, les prochaines visites guidées et conférences programmées par le Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin sont reportées.

 

- Le mardi 24 mars : Visite "à l'ombre des clochers" à Colomby

- Le jeudi 26 mars : conférence Félix Buhot à l'Hôtel-DIeu de Valognes

- Le dimanche 29 : randonnée chantée à Montigu-la-Brisette, avec La Loure

- Le dimanche 29 : visite guidée sur la Reconstruction de Valognes

- (...).

Le Vrétot, la vallée de la Scye depuis le pont de Malassis

Nous nous efforcerons en revanche, durant les jours à venir, de publier sur ce blog des notes de travail consacrées à l'histoire et au patrimoine du Cotentin. N'hésitez pas à nous faire part ici ("contact") de vos questions et de vos suggestions éventuelles

 

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 08:58

Suivant les instructions reçues, faisant suite de l’allocution présidentielle sur la limitation des déplacements et des rassemblements, nous sommes au regret de vous informer du report de la visite guidée "le Village d'Orglandes à travers l'histoire" prévue ce dimanche 15 mars à 15h.

Avec de très sincères excuses

L'équipe du Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin

Dans le cadre des visites estivales « A L’Ombre des Clochers », le Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin propose, le dimanche 15 mars prochain, une visite guidée assortie d’une projection en salle consacrée à l’histoire de la commune d’Orglandes.

 

 

Bâtie au carrefour d’anciennes voies romaines et médiévales, l’église Notre-Dame d’Orglandes se signale de loin par sa haute tour de clocher d’époque romane, comparable à un véritable donjon. Cet édifice médiéval, déjà cité au début du VIIIe siècle dans la Vie de saint Ermeland,  abrite de belles statues anciennes et conserve aussi un exemple rare en Cotentin de tympan sculpté montrant le Christ en Gloire entouré des symboles des évangélistes. A l’intérieur du cimetière, où nous nous attarderons quelques minutes pour évoquer le patrimoine funéraire, une belle croix ouvragée retiendra particulièrement notre attention en raison de sa richesse décorative et de sa grande ancienneté.

 

A la suite de la visite guidée de l’église, une projection sur site permettra d’approfondir notre connaissance de l’histoire de la commune, depuis l’Antiquité romaine jusqu’au XIXe siècle, en insistant sur son passé médiéval, particulièrement dense, et sur l’exploitation de ses carrières de pierre calcaire.

  

Cette visite guidée débutera à 15h00.

Le rendez-vous est fixé devant l’église d’Orglandes.

Les tarifs sont de 4 € pour les adultes, 1,50 € pour les étudiants. Gratuit pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi.

(intervenant : Julien Deshayes)

 

Déplacements sur site en véhicules individuels.

 

Renseignements : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin (en semaine).

Tél : 02.33.95.01.26/ Email : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

ANNULATION de la visite-conférence du dimanche 15 mars : « L’église et le village d’Orglandes à travers l’histoire »
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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 14:17

Dans le cadre du cycle de visites « A l’ombre des clochers », le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin propose, ce mardi 10 mars 2020, une visite guidée consacrée à « L’église Saint-Grégoire et le presbytère de Sauxemesnil ».

 

Bien qu’elle fut sinistrée en juin 1944, lors des combats de la Libération, l’église Saint-Grégoire a conservé une silhouette caractéristique des petits sanctuaires ruraux du Cotentin, avec son plan en croix latine et sa tour de clocher à bâtière, qui émerge au sein d'une abondante végétation. Plusieurs chapiteaux sculptés et quelques modillons à masques grimaçants attestent l’origine romane de l’édifice, qui se trouva ensuite augmenté de quatre chapelles latérales et enrichi de plusieurs statues et reliefs dignes d’intérêt. La restauration menée après guerre a assez profondément modifié l’aspect intérieur de l’église, mais cette œuvre de reconstruction fut menée par un sculpteur talentueux et expressif, Eugène LEROUSSEL, le père du prêtre de la paroisse. Multipliant les sculptures et les reliefs d’inspiration médiévale, cet artiste méconnu a également réalisé une remarquable tribune, sculpté des confessionnaux et des fonts baptismaux. A la suite de l’église, la découverte de l’ancien presbytère, construit en 1764 aux frais des paroissiens, sera l’occasion d’évoquer l’histoire de l’édifice et de ses occupants, sans négliger le patrimoine du cimetière et le proche manoir des anciens seigneurs de Sauxmesnil.

 

Cette visite guidée débutera à 15h00

Le rendez-vous est fixé devant l’église de Sauxmesnil.

Les tarifs sont de 4 € pour les adultes, 1,50 € pour les étudiants.

Gratuit pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi.

En cas de difficultés liées à un handicap, possibilité de nous appeler à l'avance

pour organiser un accompagnement particulier.

--

(Intervenant : J. Deshayes)

--

Renseignements : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin (en semaine).

Tél : 02.33.95.01.26/ Email : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

Inscription funéraire d'un ancien prêtre de Sauxemesnil, année 1480

Inscription funéraire d'un ancien prêtre de Sauxemesnil, année 1480

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 17:28

Le dimanche 1er Mars, le Pays d’art et d’histoire vous propose une visite guidée du château de Bricquebec.

 

Destinée à tous les publics et particulièrement appréciée des enfants, la découverte de l’antique forteresse du Chevalier au vert Lion permettra de réveiller, le temps d’une promenade, la mémoire de ces lieux chargés d’histoire. A travers le destin de ses anciens barons, c’est tout le récit de la Normandie médiévale, depuis Guillaume le Conquérant jusqu’à la fin de la guerre de Cent ans qu’il nous sera donné de revisiter.

 

(publicité parasite indépendante de notre volonté)

 

Reflet précis de cette longue aventure, l’architecture du château fort de Bricquebec a conservé dans ses pierres, la trace de chacune des périodes qui ont marquées son histoire. Un guide conférencier du Pays d’art et d’histoire s’en fera pour vous le traducteur et vous invitera, pour achever la visite, à une ascension du donjon vertigineux, d’où se déploient jusqu’à l’horizon les paysages vallonnés et verdoyants du cœur de la presqu’île du Cotentin.

 

 

La visite débutera à 15h – Rendez-vous à l’office de tourisme de Bricquebec, place Ste Anne.

 

Les tarifs sont de 4,00€ pour les adultes, 2,00€ pour les étudiants et les personnes sans emploi.

 

 

 

Contact (en semaine) :

Pays d’art et d’histoire

pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

Tél. : 02.33.95.01.26

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 16:56

Dans le cadre de son cycle des conférences d'histoire locale, le Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin propose, ce jeudi 27 février à l'hôtel Dieu de Valognes, une conférence consacrée à Jean-François Millet (1814-1875), peintre de la Hague.

 

Comme G. Lacambre l'a souligné, le succès de Millet le place "au rang des plus grands, à côté de génies comme Shakespeare, Rembrandt ou Beethoven". De même, "Millet, qui étudie, d'après nature, le paysan français, finit par nous traduire et éterniser devant nous, le paysan", a pu écrire E. Verhaeren.  Le Cotentin s'enorgueillit à juste titre d'avoir vu naître l'auteur des Glaneuses et de l'Angélus et le musée Thomas Henry de Cherbourg conserve certaines de ses œuvres parmi les plus séduisantes, dont plusieurs portraits. Celui de sa première épouse, Pauline Ono est considéré comme l'un des chefs d'œuvre du genre au XIX ème siècle.

 

(Si publicité, celle-ci est indépendante de notre volonté)

 

Lui-même issu d'un milieu rural, il bénéficia aussi d'un indéniable apprentissage intellectuel auprès du clergé et sera toute sa vie durant un grand lecteur. Le sol natal l'inspira profondément: diverses vues de Gruchy, à Gréville avec sa maison familiale, rocher du Castel Vendon, falaises de Gréville...  L'évocation de la vie quotidienne rurale (la Naissance du veau, musée de Chicago, 1864) dépasse la simple scène de genre pour en donner une vision toute symbolique, fortement empreinte de spiritualité.  Notons au passage combien l'artiste sut admirablement restituer le charme prenant des vieilles demeures haguaises et leurs murets de pierre. Si les grands musées américains détiennent nombre de ses toiles, l'acquisition par le musée Thomas Henry de la Charité (1858-1859) il y a quelques années, nous permet de contempler une œuvre d'une puissance saisissante, relevant de sa période dite de Barbizon, naguère détenue dans la collection Vanderbilt à New York et l'on songe ici au jugement de Van Gogh sur sa peinture, qui l'inspira profondément: "Millet a peint la doctrine du Christ.

 

Cette conférence richement illustrée sera animée par M. Bruno Centorame, historien de l'art, spécialiste du XIXe siècle.

 

Rendez-vous à 18h30, salle Marie Laurencin de l'hôtel Dieu de Valognes (rue de l'hôtel-Dieu)

 

Les tarifs sont de 4,00 € pour les adultes, 2,00 € pour les étudiants et les personnes sans emploi.

Gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes sans le sou.

 

Renseignements : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin

Tél : 02.33.95.01.26 (en semaine)/ Courriel : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

 

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:25
Découverte de Lieusaint : visite guidée et conférence illustrée avec le Pays d'art et d'histoire

Ce dimanche 16 février le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin propose une visite guidée assortie d’une brève conférence illustrée, consacrée à l’église et à la commune de Lieusaint.

 

Ce village situé aux portes de Valognes possède une histoire très ancienne. Aux abords du cimetière fut en particulier découvert, en 1859, un très beau cercueil de plomb de l’Antiquité tardive, rare témoignage d’une implantation funéraire immédiatement antérieure à la christianisation du Cotentin. D’autres découvertes archéologiques indiquent que ce cimetière continua d'être utilisé à l’époque mérovingienne et qu'il fut très tôt associé à un petit sanctuaire, dont la mémoire semble se conserver dans le nom même de la commune (loco sancto/ le lieu saint). L’église actuelle, construite principalement aux XIVe et XVe siècles conserve quelques traces de cette longue histoire et se signale aussi par la grande qualité de son architecture et de sa statuaire. La découverte sur le Merderet d'un important moulin en bois des environs de l'an Mil est venue, en 2011, confirmer l'intérêt particulier de Lieusaint dans notre histoire locale.

 

Cette intervention sera proposée à deux voix par Simon Tasset, guide conférencier, et Julien Deshayes, animateur de l’architecture et du patrimoine.

 

Rendez-vous à l’église de Lieusaint à 15h00

Les tarifs sont de 4,00 € pour les adultes, 2,00 € pour les étudiants et les personnes sans emploi. Gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes sans le sou.

En cas de besoin d’accompagnement spécifique lié à un handicap, merci de nous contacter avant la visite.

 

Renseignements : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin

Tél : 02.33.95.01.26 (en semaine)/ Courriel : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

 

 

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:22

 

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  • : Ce site présente les actualités proposées par l'équipe du Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin. Il contient également des dossiers documentaires consacrés au patrimoine et à l'histoire de Valognes, Bricquebec et Saint-Sauveur-le-Vicomte.
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