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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:31

Il semble que cette maison de la rue de la rue des Religieuses était conjointement occupé en 1780 par la veuve Jacquin, les filles Hamel et le dénommé Gaspard Androis, exerçant le métier de sellier. Elle abritait au début du XXe siècle le magasin du serrurier V. Desmares.

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L’édifice est entièrement construit en moellon de pierre calcaire, désormais apparent en façade, bien que celle-ci fut destinée initialement à être enduite. Il comprend deux étages d’habitation et se développe en largeur sur deux travées. La toiture à deux pans est couverte d’ardoises.

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La façade sur rue, très dépouillée, ne parait pas antérieure au XIXe siècle. Elle a été modifiée dans la seconde moitié du XXe siècle par l’insertion d’une porte de garage, venue se substituer à une ancienne boutique dont les traces sont encore apparentes et qui figure sur des cartes postales anciennes. La façade postérieure est accolée d’une étroite aile en retour et d’une tour hors œuvre, de plan semi-circulaire, abritant un escalier en vis. Tandis que l’aile en retour constitue une adjonction du XVIIIe siècle, la tour d’escalier appartient à la Renaissance (XVIe siècle). 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:18

Il semble que cette demeure appartenait en 1780 au sieur Dubos, perruquier, occupant alors le n°168 de la rue Aubert.

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Elle comprend deux étages d’habitation et un niveau de combles, abrités sous une toiture à deux pans, couverte d’ardoise. La façade sur rue, large de trois travées, est traitée en pierre de taille calcaire et intègre en rez-de-chaussée deux grands arcs surbaissés formant devanture de boutiques. Les fenêtres du premier étage sont coiffées d’arcs surbaissés tandis que celles du second étage sont à linteau droit.

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La porte d’entrée, reportée en position latérale, ouvre sur un couloir donnant accès à un escalier en vis logé dans une tour quadrangulaire placée en saillie sur l’arrière de l’édifice. Cet escalier qui date de la seconde moitié du XVe siècle dessert aussi la maison voisine, indice d’une partition entre les deux propriétés postérieure à la fin du Moyen-âge.

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Couloir et entrée de la cage d'escalier en vis

Bien qu’elle intègre des éléments clairement plus ancien (l’escalier et les portes à arc en accolade des niveaux qu’il dessert ; souche de cheminée massive…), l’architecture de cette maison est principalement attribuable au XVIIIe siècle.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:04

Selon un acte relatif à la propriété voisine (hôtel du Mesnildot-de-la-Grille), cette maison de la rue des Religieuses appartenait en 1730 aux « représentants de Gabriel Pelcerf ». En 1780  sont cités comme occupant du n°169 de la rue Aubert – correspondant manifestement à l’actuel n°20 de la rue de Poterie  - les dénommés Brétel, « éperonnier », et Le Riche, perruquier.

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Localisation sur le plan Lerouge, 1767

Cette maison de commerçant possède trois niveaux d’habitation, incluant un rez-de-chaussée équipé d’anciennes boutiques, et deux étages carrés. La façade, peu large, ne comprend que deux travées. L’ensemble de la construction est édifiée en moellon de pierre calcaire et la toiture à deux pans est couverte d’ardoise. 

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La distribution intérieure est assurée par un escalier en vis logé dans une tour quadrangulaire placé sur l’arrière de l’édifice. Cet escalier étant cependant en indivision avec la propriété voisine, s’accède depuis l’actuel n°22 de la rue des Religieuses. D’après l’aspect des petites fenêtres à chanfreins servant à éclairer la montée d’escalier, cette partie de la construction apparaît attribuable au XVe siècle. Le reste de l’édifice a en revanche été largement modifié dans le courant du XVIIIe siècle, en incluant en particulier l’aménagement des grands arcs surbaissés formant la devanture des boutiques. Celles-ci apparaissent aujourd’hui en partie enfoncées sous le niveau de la rue, en raison du ré-haussement de la chaussée.

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Tour quadrangulaire couverte en bâtière sur l'arrière de l'édifice

 

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JD.oct.2012

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 16:56

D’après un recensement de la population effectué en 1780, il apparaît que cette maison située au croisement de la rue des Religieuses et de la rue Pelouze appartenait probablement alors au sieur Frigot, conseiller du roi au bailliage de Valognes, dont la propriété s’étendait jusqu’au contact de l’hôtel de Thieuville.

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L’édifice comprend deux étages carrés et un étage de combles et s’étend sur trois travées ordonnancées. L’ensemble de la construction est en pierre calcaire laissée apparente et la toiture à deux pans est couverte d’ardoises.

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Tandis que les fenêtres éclairant le premier étage sont coiffées d’arcs surbaissés, celle du second possèdent des linteaux droits et sont encore équipées de traverses et de meneaux de section semi-circulaire. En partie haute du mur pignon occidental, donnant sur la rue Pelouze, subsiste également une ancienne fenêtre gerbière à arc en plein-cintre. La façade postérieure, partiellement enduite, présente une étroite aile en retour percée elle aussi de fenêtres à meneaux. Ces caractères architecturaux permettent de dater la construction du second tiers du XVIIe siècle, même si celle-ci intègre vraisemblablement des éléments plus anciens.

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On doit regretter l’insertion en façade d’une devanture de garage, formant une large saillie, qui cache partiellement et étouffe cette belle demeure ancienne.

JD. Oct. 2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:18

Cette demeure figure le plan Lerouge de 1767 mais elle a probablement été transformée postérieurement car une date portée de 1783 figure sur une fenêtre de comble.

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En 1708 et 1719, messire Jean Dubois sieur de Valmont possédait une maison correspondant peut-être à celle-ci, à l’est de l’actuel hôtel Ernault de Chantore. En 1786 est référencé au n°7 de la rue des Capucins et du Bourg-Achard  le sieur Pierre Lemarotel, commis au tarif. Peut-être est-ce à ce dernier que revient la « modernisation » de la demeure à la fin du XVIIIe siècle…

Le corps de logis est intégralement édifié en pierre calcaire. Il comporte un étage carré et un étage de combles, et présente une façade ordonnancée de quatre travées. Conformément à ce que l’on observe dans beaucoup d’autres demeures valognaises du XVIIIe siècle, les baies du rez-de-chaussée sont coiffées d’arcs surbaissés et celles de l’étage présente un linteau droit. Une série de fenêtres à pignon éclaire les combles, couverts d’ardoise. Les traces de layage visibles en parement des l’édifice indiquent que la façade était probablement destinée à être enduite.

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Placé en léger retrait de la rue, la demeure est précédée par une courette, délimitée par une clôture avec muret et portail d’entrée à « potils ». La remise située à gauche de la façade appartient au XVIIIe siècle mais le garage en vis-à-vis est une adjonction plus récente (années 1960). Un jardin s’étend sur l’arrière de la propriété.

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Cet édifice est situé dans le périmètre protégé de l’église d’Alleaume (Is. Mh) et de l’hôtel d’Anneville du Vast (Is Mh). En dépit de sa sobriété et d’additions de fenêtres modernes sur la façade postérieure, il s’agit d’une belle construction représentative de l’architecture valognaise du XVIIIe siècle.

JD OCT.2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:12

Ces habitations figurent déjà sur le plan Lerouge de 1767 et  présentent en effet des caractéristiques architecturales pouvant remonter à la seconde moitié du XVIIIe siècle.

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Il s’agit d’un long bâtiment de plain-pied, ne disposant que d’un étage de combles et s’étirant sur près de dix travées, pour regrouper  trois logements distincts inscrits dans un même alignement. Une série de petites fenêtres à arc surbaissé ajoure la façade. Les maçonneries en moellons de pierre calcaire étaient peut-être initialement recouvertes d’enduit car certains encadrements de baie présentent encore des traces résiduelles de peinture blanche. La tuile mécanique a remplacé le chaume en couverture. Plusieurs huisseries anciennes peuvent dater du XIXe siècle.

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Ces bâtiments semblent désaffectés ; faut-il craindre un remaniement qui ferait perdre à cet ensemble son intégrité, voire une éventuelle destruction ?

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Ce groupe de maisons présente pourtant de l’intérêt car il est représentatif d’un type d’habitat modeste, destiné aux journaliers et aux classes les plus pauvres, qui coexistait à Valognes avec les grandes demeures de l’aristocratie. Ce quartier abritant jadis de nombreuses carrières de pierre calcaire, il se pourrait que ces maison aient été édifiées pour des ouvriers carriers.

JD oct.2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 13:18

Cette maison à boutique est située à l’aplomb du pont Sainte-Marie et borde, côté ouest, la rivière du Merderet. Selon les recherches effectuées par l’association « les Amis de Valognes » ( Valognes, Un siècle de commerce et d'artisanat, t. I, p.90, s.d.), elle aurait appartenu depuis le XVIe siècle à la famille Frollant, puis entra par héritage en possession d’Hervé Frigot, teinturier, cité dans un acte de 1697. En 1780 Louis Frigot, qui possédait la charge de conseiller du roi, lui avait succédé.

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Localisation sur le plan Lerouge, 1767

L’édifice comporte deux étages carrés et un étage de comble, reposant sur un rez-de-chaussée à usage commercial.

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La façade est entièrement recouverte d’un enduit couvrant, sauf au niveau du rez-de-chaussée, laissant ainsi apparaître une grosse pièce de chêne formant linteau sur l’ouverture de l’ancienne boutique. Le mur pignon donnant sur la rivière est équipé de latrines en encorbellement. Il est aussi muni de plusieurs chaînes de fixation suspendues en l'air, dont l’usage se rapporte probablement à la vocation artisanale de cette ancienne teinturerie.

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Détail de la façade postérieure

La façade postérieure, enclavée dans une petite cour, est traitée en pierre de taille calcaire et présente une étoite aile en retour le long de la rivière. L’aspect des fenêtres à linteaux clavés ainsi que d’autres éléments architecturaux visibles à l’intérieur de la construction (escalier tournant à double noyau et cheminée) permettent d’en situer la construction dans le troisième quart du XVIIe siècle. La façade sur rue a été remaniée dans les premières décennies du XXe siècle, à l’occasion d’un ré-haussement de la construction ayant conduit à absorber les fenêtres de combles, initialement placées en chien assis, dans l’élévation actuelle. L’aspect initial de la façade est visible sur plusieurs cartes postales anciennes, antérieures à ce remaniement.

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Aperçu de la façade sur une carte postale ancienne, vers 1900-1905 

La maison du n°14 de la rue des Religieuses offre un bel exemple de demeure urbaine. Elle présente en particulier l’intérêt d’avoir conservé son enduit de façade du début du XXe siècle ainsi que ses dispositions intérieures du XVIIe siècle.  On peut regretter en revanche le traitement brutal du rez-de-chaussée, qui nécessiterait un habillage plus harmonieux.

J.D oct. 2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 10:22

Carnot (rue)

Le 3 juin 1763, François Rouxel, avocat et le sieur Joseph Rouxel, sieur des Chesnays, lieutenant du premier chirurgien du roi, vendaient à Charles-Antoine Le Trésor d’Ellon et son frère Jacques-Louis Le Trésor de Marchésieux, un corps de logis rue Sicquet comprenant une demeure avec cour et dépendances, ainsi que deux jardins potager.

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Localisation de l'hôtel du Trésor d'Ellon sur le plan Lerouge, 1767

L'hôtel reste ensuite dans la famille jusqu'en 1813, date à laquelle Anne-Louise Le Trésor, fille de Charles-Antoine Le Trésor d’Ellon et épouse civilement séparée de monsieur Anne-Etienne Michel Turgot, le revend à Jean-Baptiste François Lacauve, marchand à Bayeux (Cf. Journal de l'arrondissement de Valognes). Anne-Louis le Trésor eut pour fils Louis-Félix Etienne Turgot, officier légitimiste, membre conservateur de la chambre des pairs puis ministre et diplomate sous Napoléon III.

Le 4 juin 1824, la propriété est cédée par François Lacauve à Louis-Pierre-Charles de Clamorgan. Né en 1770, Charles de Clamorgan servit deux ans (1787-1788) dans la marine royale avant d'entreprendre une formation d'avocat. Engagé dans les Dragons en 1793, il fut ensuite lieutenant (1808) puis capitaine (1809) de la garde nationale. Nommé juge de paix en 1811, il devint maire de Valognes en 1815, et parvint durant les Cent jours à contenir les débordements royalistes qui secouaient la ville. De nouveau maire en 1826, c'est lui qui fut chargé d'acceuillir en aout 1830 le roi Charles X en route vers l'exil. Promu chevalier de la légion d'honneur en 1829, il devint ensuite sous-préfet de l'arrondissement de Valognes et décéda le 25 juillet 1839. La propriété est aussitôt revendue au département de la Manche par son neveu, Paul-Emile Clamorgan, avocat, pour devenir la Sous-Préfecture de l'arrondissement de Valognes. 

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Orphelin, Paul Emile de Clamorgan (1796-1876) fut élevé par son oncle et eut à Valognes une jeunesse tumultueuse, prenant part en particulier à des manifestations anticléricales et à des profanations de sépultures. Avocat libéral, engagé très jeune en politique, il  fut le principal agent électoral d'Alexis de Tocqueville dans l'arrondissement de Valognes. Ayant vendu la demeure de son oncle, il résida ensuite à l'hôtel d'Anneville du Vast, rue des Capucins, et épousa en 1843 Louise Amélie Chevrel.

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Désaffectée en 1926, la sous-préfecture de Valognes fut entièrement rasée lors des bombardements américains de juin 1944. Il figure cependant sur plusieurs cartes postales du début du XXe siècle ainsi que sur différents plans de ville.

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Placé dans le retrait d’une étroite demi-lune, un grand portail charretier abrité sous un fronton courbe donnait accès à l’avant-cour. L’édifice imposait une façade monumentale et austère, rigoureusement campée entre deux énormes chaines d’angles formant des sortes d’ailerons très théâtraux. 

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L'élévation de l'édifice était composée de sept travées organisées autour d'un faux avant-corps central en légère saillie, souligné par des pilastres doriques reposant sur un dosseret en bossage, et surmonté d'un fronton triangulaire. Un escalier en fer à cheval à rampes d’appuis en fer forgé donnait accès aux pièces de l'étage noble, placées sur un rez-de-chaussée semi-enterré. Un étage d'attique abritant des chambres occupait le troisième niveau de la construction.

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Façades antérieure et postérieure, cartes postales anciennes, vers 1900

 

(J. Deshayes/ S. Javel, Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin)

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:13

11, rue des Capucins

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L'édifice sur une carte postale du début du XXe siècle

La maison situé au n° 11 de la rue des Capucins constituait initialement une dépendance de l’hôtel Ernault de Chantore et figure probablement parmi les différentes acquisitions effectuées à la fin du XVIIe siècle par Bertin Claude Jobard, sieur des Valettes, pour constituer l’assise foncière de sa propriété.  La trace de percements, incluant une porte et d'anciennes fenêtres à meneaux obstruées, ouvrant jadis sur la façade postérieure de l'édifice, dans le jardin de l'hôtel de Chantore, confirme cette hypothèse.

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Etat actuel après transformation en logement

Entre le 29 septembre 1813 et le 29 septembre 1814, Sainte Marie-Madeleine Postel vint occuper cette demeure, louée à son intention par l’abbé Cabart, avec les membres de la communauté encore naissante des Sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde. Sœur Rosalie, née Anne Tostain, entrée en religion en 1811, y décéda dans des conditions assez misérables le 14 mai 1814. L’édifice est converti en chapelle commémorative, dédiée à sainte Marie Madeleine Postel  à la demande de E. Rabec, chanoine honoraire, curé de Valognes qui obtient une autorisation de l’évêque en date du 11 novembre 1912. Dans le dernier quart du XXe siècle, la chapelle est de nouveau transformée en logement. La demeure est restée depuis propriété des sœurs de l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui revinrent à Valognes en 1854 pour administrer l’infirmerie et la lingerie du collège de la ville. De 1856 à 1923, les Sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde dirigèrent également un établissement gratuit d’enseignement, au quartier du Gravier.

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La chapelle commémorative avant sa suppression,

carte postale du début du XXe siècle

J. Deshayes, octobre 2012


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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 19:10

14, Rue de l'officialité (ensemble disparu)

 

Il existait au cœur du Valognes d’avant-guerre un ensemble imbriqué de propriétés regroupées autour d’une vaste cour, qui ouvrait au nord par un passage couvert donnant sur la rue de l’Officialité, presque au chevet de l’église Saint-Malo, et s’étendait au sud jusqu’à la rivière du Merderet, sur les arrières de l’actuel Musée des vieux métiers (hôtel de Thieuville). Le nom usuel sous lequel les vieux valognais connaissaient cet ilot apparaît déjà en 1751 dans un document  mentionnant la « cour vulgairement depuis plusieurs années appelée la cour aux gendres ». Cette mention fait directement référence aux frères Nicolas et René Legendre, nés à Teurthevillle-Bocage, qui exerçèrent à Valognes la profession d'ébéniste, architecte et entrepreneurs durant le premier tiers du XVIIIe siècle. On devait en particulier à Nicolas Legendre la construction de l'un des bâtiments de l'hôpital de la ville et la réalisation des très belles stalles de choeur de l'église Saint-Malo. Nicolas fut le père de Jean-Gabriel Legendre, né à Valognes le 30 décembre 1714, qui fit une brillante carrière d'ingénieur du roi en charge de la généralité de Châlons (cf. sur ce personnage article de la revue VAL'AUNA du premier semestre 2013). La "Cour Legendre" abrita aussi la librairie des imprimeurs Clamorgan et la maison familiale du médecin Félix Vicq d’Azir.

 

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La cour aux Gendres et la maison Lerouge, plan de 1767

 

Le 18 septembre 1718, les frères Nicolas et René Legendre passaient un accord avec l’imprimeur Joachim Clamorgan pour l’acquisition commune d’un corps de logis appartenant antérieurement à Thomas le Coutre, sieur de Sauxmesnil, situé « dans la bourgeoisie de Valognes, au grand-carrefour dudit-lieu ». Chacun des deux contractants s’attribuait ainsi une portion distincte d’un immeuble avec boutique donnant sur la rue, passage couvert, escalier, puits et autres dépendances sur l’arrière de la propriété, en maintenant la cour dans leur jouissance commune. Deux ans plus tard, le 19 janvier 1720, l’inventaire après décès de René Legendre était dressé dans la partie d’habitation revenant à sa veuve, Louise Moysi. Ce document est assez décevant car il ne mentionne à l’intérieur de la salle et de l’unique chambre du défunt aucun outil, ouvrage ou autre élément se rapportant à son activité professionnelle. L’atelier des Legendre devait bien cependant occuper une partie de l’édifice car un nouvel acte notarié, passé le 15 janvier 1722 pour régler leur succession, évoque « les immeubles, biens et outils qui appartenaient en commun à Nicolas et René Legendre, frères ». Il semble, à la lecture d’autres transactions, que cet atelier occupait une « maison nouvellement rétablie » située non sur la rue mais sur l’arrière de la cour commune. La propriété de ce lot passa ensuite aux héritières de René, les demoiselles Marie et Anne Legendre, qui s’en séparèrent le 2 mars 1747 au profit de François Chaulieu, avocat et bourgeois de Valognes.



 

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La "Maison Lerouge" et la Cour aux Gendres par Lepeuple, 1924 (coll. archives de la Manche)

 

A la mort de Nicolas, survenue le 8 décembre 1730, l’autre part d’héritage des frères Legendre fut en revanche transmise à son fils aîné, Jean(-Gabriel), alors âgé de 16 ans. Le 18 mai 1739, parvenu à la majorité et se présentant comme « bourgeois de Caen », le futur ingénieur de la Généralité de Châlons cédait son lot à Jean Vicq sieur de Valemprey et au sieur Felix Vicq. La portion d’immeuble acquise par le sieur de Valemprey fut revendue en 1756, par sa veuve, Marie Gaucher, au profit de Guillaume Corval, marchand. L’acte de vente stipule que « laditte veuve venderesse » intervenait comme « acquéreur du sieur Legendre, ingénieur ». Le 1er juillet 1774 Félix Vicq d’Azir (le père du médecin de Marie-Antoinette) revendait l’autre part au sieur Corbin de l’Epine. La propriété comportait alors « deux salles sur la rue avec boutiques, un vestibule entre les deux, deux chambres au premier étage, des combles couverts d’ardoise, un cabinet avec balcon sur la cour et un escalier ». Elle fut rachetée le 4 janvier 1776, par le sieur Orange, qui ne tarderait pas en entrer en conflit avec les héritiers Clamorgan, ses voisins, pour des problèmes de mitoyenneté. Au début du XIXe siècle, les cinq filles du sieur d’Orange exerçait dans l’ancienne demeure des Legendre une activité de mercerie. En 1806, l’une des sœurs amputa cet héritage en cédant sa part à Baptiste Laurent Despinose, receveur des contributions de Valognes.

La « Cour aux Gendre » comprenait encore d’autres bâtiments situés en fond de parcelle, au contact de la rivière. L’un d’eux appartenait au milieu du XVIIIe siècle à Michel Pinel, avocat. En 1774, le fils de Michel Pinel, Guillaume Pinel sieur de Falaize, revendait ce bien à l’abbé Charles Louis d’Hauchemail, propriétaire de l’hôtel dit « de Thieuville », pour en agrandir les dépendances. Un autre corps de logis compris dans cet ensemble, appartenait en 1780 au sieur Lerouge. Jacques Lerouge, époux de Françoise Pottier, avait été fermier des greffes du tribunal de Valognes puis procureur au bailliage. Il apparaît encore en 1786 dans un recensement de la population valognaise avec la mention « ancien procureur ». Parmi les jeunes clercs passés par son étude figure en particulier Jean-Baptiste Lecarpentier, devenu célèbre en tant que délégué de la Convention nationale durant la période révolutionnaire

 

 

 

J. Deshayes

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