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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:04

Selon un acte relatif à la propriété voisine (hôtel du Mesnildot-de-la-Grille), cette maison de la rue des Religieuses appartenait en 1730 aux « représentants de Gabriel Pelcerf ». En 1780  sont cités comme occupant du n°169 de la rue Aubert – correspondant manifestement à l’actuel n°20 de la rue de Poterie  - les dénommés Brétel, « éperonnier », et Le Riche, perruquier.

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Localisation sur le plan Lerouge, 1767

Cette maison de commerçant possède trois niveaux d’habitation, incluant un rez-de-chaussée équipé d’anciennes boutiques, et deux étages carrés. La façade, peu large, ne comprend que deux travées. L’ensemble de la construction est édifiée en moellon de pierre calcaire et la toiture à deux pans est couverte d’ardoise. 

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La distribution intérieure est assurée par un escalier en vis logé dans une tour quadrangulaire placé sur l’arrière de l’édifice. Cet escalier étant cependant en indivision avec la propriété voisine, s’accède depuis l’actuel n°22 de la rue des Religieuses. D’après l’aspect des petites fenêtres à chanfreins servant à éclairer la montée d’escalier, cette partie de la construction apparaît attribuable au XVe siècle. Le reste de l’édifice a en revanche été largement modifié dans le courant du XVIIIe siècle, en incluant en particulier l’aménagement des grands arcs surbaissés formant la devanture des boutiques. Celles-ci apparaissent aujourd’hui en partie enfoncées sous le niveau de la rue, en raison du ré-haussement de la chaussée.

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Tour quadrangulaire couverte en bâtière sur l'arrière de l'édifice

 

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JD.oct.2012

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 16:56

D’après un recensement de la population effectué en 1780, il apparaît que cette maison située au croisement de la rue des Religieuses et de la rue Pelouze appartenait probablement alors au sieur Frigot, conseiller du roi au bailliage de Valognes, dont la propriété s’étendait jusqu’au contact de l’hôtel de Thieuville.

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L’édifice comprend deux étages carrés et un étage de combles et s’étend sur trois travées ordonnancées. L’ensemble de la construction est en pierre calcaire laissée apparente et la toiture à deux pans est couverte d’ardoises.

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Tandis que les fenêtres éclairant le premier étage sont coiffées d’arcs surbaissés, celle du second possèdent des linteaux droits et sont encore équipées de traverses et de meneaux de section semi-circulaire. En partie haute du mur pignon occidental, donnant sur la rue Pelouze, subsiste également une ancienne fenêtre gerbière à arc en plein-cintre. La façade postérieure, partiellement enduite, présente une étroite aile en retour percée elle aussi de fenêtres à meneaux. Ces caractères architecturaux permettent de dater la construction du second tiers du XVIIe siècle, même si celle-ci intègre vraisemblablement des éléments plus anciens.

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On doit regretter l’insertion en façade d’une devanture de garage, formant une large saillie, qui cache partiellement et étouffe cette belle demeure ancienne.

JD. Oct. 2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:18

Cette demeure figure le plan Lerouge de 1767 mais elle a probablement été transformée postérieurement car une date portée de 1783 figure sur une fenêtre de comble.

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En 1708 et 1719, messire Jean Dubois sieur de Valmont possédait une maison correspondant peut-être à celle-ci, à l’est de l’actuel hôtel Ernault de Chantore. En 1786 est référencé au n°7 de la rue des Capucins et du Bourg-Achard  le sieur Pierre Lemarotel, commis au tarif. Peut-être est-ce à ce dernier que revient la « modernisation » de la demeure à la fin du XVIIIe siècle…

Le corps de logis est intégralement édifié en pierre calcaire. Il comporte un étage carré et un étage de combles, et présente une façade ordonnancée de quatre travées. Conformément à ce que l’on observe dans beaucoup d’autres demeures valognaises du XVIIIe siècle, les baies du rez-de-chaussée sont coiffées d’arcs surbaissés et celles de l’étage présente un linteau droit. Une série de fenêtres à pignon éclaire les combles, couverts d’ardoise. Les traces de layage visibles en parement des l’édifice indiquent que la façade était probablement destinée à être enduite.

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Placé en léger retrait de la rue, la demeure est précédée par une courette, délimitée par une clôture avec muret et portail d’entrée à « potils ». La remise située à gauche de la façade appartient au XVIIIe siècle mais le garage en vis-à-vis est une adjonction plus récente (années 1960). Un jardin s’étend sur l’arrière de la propriété.

AAVC

Cet édifice est situé dans le périmètre protégé de l’église d’Alleaume (Is. Mh) et de l’hôtel d’Anneville du Vast (Is Mh). En dépit de sa sobriété et d’additions de fenêtres modernes sur la façade postérieure, il s’agit d’une belle construction représentative de l’architecture valognaise du XVIIIe siècle.

JD OCT.2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:12

Ces habitations figurent déjà sur le plan Lerouge de 1767 et  présentent en effet des caractéristiques architecturales pouvant remonter à la seconde moitié du XVIIIe siècle.

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Il s’agit d’un long bâtiment de plain-pied, ne disposant que d’un étage de combles et s’étirant sur près de dix travées, pour regrouper  trois logements distincts inscrits dans un même alignement. Une série de petites fenêtres à arc surbaissé ajoure la façade. Les maçonneries en moellons de pierre calcaire étaient peut-être initialement recouvertes d’enduit car certains encadrements de baie présentent encore des traces résiduelles de peinture blanche. La tuile mécanique a remplacé le chaume en couverture. Plusieurs huisseries anciennes peuvent dater du XIXe siècle.

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Ces bâtiments semblent désaffectés ; faut-il craindre un remaniement qui ferait perdre à cet ensemble son intégrité, voire une éventuelle destruction ?

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Ce groupe de maisons présente pourtant de l’intérêt car il est représentatif d’un type d’habitat modeste, destiné aux journaliers et aux classes les plus pauvres, qui coexistait à Valognes avec les grandes demeures de l’aristocratie. Ce quartier abritant jadis de nombreuses carrières de pierre calcaire, il se pourrait que ces maison aient été édifiées pour des ouvriers carriers.

JD oct.2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 13:18

Cette maison à boutique est située à l’aplomb du pont Sainte-Marie et borde, côté ouest, la rivière du Merderet. Selon les recherches effectuées par l’association « les Amis de Valognes » ( Valognes, Un siècle de commerce et d'artisanat, t. I, p.90, s.d.), elle aurait appartenu depuis le XVIe siècle à la famille Frollant, puis entra par héritage en possession d’Hervé Frigot, teinturier, cité dans un acte de 1697. En 1780 Louis Frigot, qui possédait la charge de conseiller du roi, lui avait succédé.

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Localisation sur le plan Lerouge, 1767

L’édifice comporte deux étages carrés et un étage de comble, reposant sur un rez-de-chaussée à usage commercial.

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La façade est entièrement recouverte d’un enduit couvrant, sauf au niveau du rez-de-chaussée, laissant ainsi apparaître une grosse pièce de chêne formant linteau sur l’ouverture de l’ancienne boutique. Le mur pignon donnant sur la rivière est équipé de latrines en encorbellement. Il est aussi muni de plusieurs chaînes de fixation suspendues en l'air, dont l’usage se rapporte probablement à la vocation artisanale de cette ancienne teinturerie.

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Détail de la façade postérieure

La façade postérieure, enclavée dans une petite cour, est traitée en pierre de taille calcaire et présente une étoite aile en retour le long de la rivière. L’aspect des fenêtres à linteaux clavés ainsi que d’autres éléments architecturaux visibles à l’intérieur de la construction (escalier tournant à double noyau et cheminée) permettent d’en situer la construction dans le troisième quart du XVIIe siècle. La façade sur rue a été remaniée dans les premières décennies du XXe siècle, à l’occasion d’un ré-haussement de la construction ayant conduit à absorber les fenêtres de combles, initialement placées en chien assis, dans l’élévation actuelle. L’aspect initial de la façade est visible sur plusieurs cartes postales anciennes, antérieures à ce remaniement.

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Aperçu de la façade sur une carte postale ancienne, vers 1900-1905 

La maison du n°14 de la rue des Religieuses offre un bel exemple de demeure urbaine. Elle présente en particulier l’intérêt d’avoir conservé son enduit de façade du début du XXe siècle ainsi que ses dispositions intérieures du XVIIe siècle.  On peut regretter en revanche le traitement brutal du rez-de-chaussée, qui nécessiterait un habillage plus harmonieux.

J.D oct. 2012

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 10:22

Carnot (rue)

Le 3 juin 1763, François Rouxel, avocat et le sieur Joseph Rouxel, sieur des Chesnays, lieutenant du premier chirurgien du roi, vendaient à Charles-Antoine Le Trésor d’Ellon et son frère Jacques-Louis Le Trésor de Marchésieux, un corps de logis rue Sicquet comprenant une demeure avec cour et dépendances, ainsi que deux jardins potager.

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Localisation de l'hôtel du Trésor d'Ellon sur le plan Lerouge, 1767

L'hôtel reste ensuite dans la famille jusqu'en 1813, date à laquelle Anne-Louise Le Trésor, fille de Charles-Antoine Le Trésor d’Ellon et épouse civilement séparée de monsieur Anne-Etienne Michel Turgot, le revend à Jean-Baptiste François Lacauve, marchand à Bayeux (Cf. Journal de l'arrondissement de Valognes). Anne-Louis le Trésor eut pour fils Louis-Félix Etienne Turgot, officier légitimiste, membre conservateur de la chambre des pairs puis ministre et diplomate sous Napoléon III.

Le 4 juin 1824, la propriété est cédée par François Lacauve à Louis-Pierre-Charles de Clamorgan. Né en 1770, Charles de Clamorgan servit deux ans (1787-1788) dans la marine royale avant d'entreprendre une formation d'avocat. Engagé dans les Dragons en 1793, il fut ensuite lieutenant (1808) puis capitaine (1809) de la garde nationale. Nommé juge de paix en 1811, il devint maire de Valognes en 1815, et parvint durant les Cent jours à contenir les débordements royalistes qui secouaient la ville. De nouveau maire en 1826, c'est lui qui fut chargé d'acceuillir en aout 1830 le roi Charles X en route vers l'exil. Promu chevalier de la légion d'honneur en 1829, il devint ensuite sous-préfet de l'arrondissement de Valognes et décéda le 25 juillet 1839. La propriété est aussitôt revendue au département de la Manche par son neveu, Paul-Emile Clamorgan, avocat, pour devenir la Sous-Préfecture de l'arrondissement de Valognes. 

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Orphelin, Paul Emile de Clamorgan (1796-1876) fut élevé par son oncle et eut à Valognes une jeunesse tumultueuse, prenant part en particulier à des manifestations anticléricales et à des profanations de sépultures. Avocat libéral, engagé très jeune en politique, il  fut le principal agent électoral d'Alexis de Tocqueville dans l'arrondissement de Valognes. Ayant vendu la demeure de son oncle, il résida ensuite à l'hôtel d'Anneville du Vast, rue des Capucins, et épousa en 1843 Louise Amélie Chevrel.

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Désaffectée en 1926, la sous-préfecture de Valognes fut entièrement rasée lors des bombardements américains de juin 1944. Il figure cependant sur plusieurs cartes postales du début du XXe siècle ainsi que sur différents plans de ville.

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Placé dans le retrait d’une étroite demi-lune, un grand portail charretier abrité sous un fronton courbe donnait accès à l’avant-cour. L’édifice imposait une façade monumentale et austère, rigoureusement campée entre deux énormes chaines d’angles formant des sortes d’ailerons très théâtraux. 

coll. Alain Lecoutour 18

L'élévation de l'édifice était composée de sept travées organisées autour d'un faux avant-corps central en légère saillie, souligné par des pilastres doriques reposant sur un dosseret en bossage, et surmonté d'un fronton triangulaire. Un escalier en fer à cheval à rampes d’appuis en fer forgé donnait accès aux pièces de l'étage noble, placées sur un rez-de-chaussée semi-enterré. Un étage d'attique abritant des chambres occupait le troisième niveau de la construction.

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Façades antérieure et postérieure, cartes postales anciennes, vers 1900

 

(J. Deshayes/ S. Javel, Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin)

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:13

11, rue des Capucins

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L'édifice sur une carte postale du début du XXe siècle

La maison situé au n° 11 de la rue des Capucins constituait initialement une dépendance de l’hôtel Ernault de Chantore et figure probablement parmi les différentes acquisitions effectuées à la fin du XVIIe siècle par Bertin Claude Jobard, sieur des Valettes, pour constituer l’assise foncière de sa propriété.  La trace de percements, incluant une porte et d'anciennes fenêtres à meneaux obstruées, ouvrant jadis sur la façade postérieure de l'édifice, dans le jardin de l'hôtel de Chantore, confirme cette hypothèse.

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Etat actuel après transformation en logement

Entre le 29 septembre 1813 et le 29 septembre 1814, Sainte Marie-Madeleine Postel vint occuper cette demeure, louée à son intention par l’abbé Cabart, avec les membres de la communauté encore naissante des Sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde. Sœur Rosalie, née Anne Tostain, entrée en religion en 1811, y décéda dans des conditions assez misérables le 14 mai 1814. L’édifice est converti en chapelle commémorative, dédiée à sainte Marie Madeleine Postel  à la demande de E. Rabec, chanoine honoraire, curé de Valognes qui obtient une autorisation de l’évêque en date du 11 novembre 1912. Dans le dernier quart du XXe siècle, la chapelle est de nouveau transformée en logement. La demeure est restée depuis propriété des sœurs de l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui revinrent à Valognes en 1854 pour administrer l’infirmerie et la lingerie du collège de la ville. De 1856 à 1923, les Sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde dirigèrent également un établissement gratuit d’enseignement, au quartier du Gravier.

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La chapelle commémorative avant sa suppression,

carte postale du début du XXe siècle

J. Deshayes, octobre 2012


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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 19:10

14, Rue de l'officialité (ensemble disparu)

 

Il existait au cœur du Valognes d’avant-guerre un ensemble imbriqué de propriétés regroupées autour d’une vaste cour, qui ouvrait au nord par un passage couvert donnant sur la rue de l’Officialité, presque au chevet de l’église Saint-Malo, et s’étendait au sud jusqu’à la rivière du Merderet, sur les arrières de l’actuel Musée des vieux métiers (hôtel de Thieuville). Le nom usuel sous lequel les vieux valognais connaissaient cet ilot apparaît déjà en 1751 dans un document  mentionnant la « cour vulgairement depuis plusieurs années appelée la cour aux gendres ». Cette mention fait directement référence aux frères Nicolas et René Legendre, nés à Teurthevillle-Bocage, qui exerçèrent à Valognes la profession d'ébéniste, architecte et entrepreneurs durant le premier tiers du XVIIIe siècle. On devait en particulier à Nicolas Legendre la construction de l'un des bâtiments de l'hôpital de la ville et la réalisation des très belles stalles de choeur de l'église Saint-Malo. Nicolas fut le père de Jean-Gabriel Legendre, né à Valognes le 30 décembre 1714, qui fit une brillante carrière d'ingénieur du roi en charge de la généralité de Châlons (cf. sur ce personnage article de la revue VAL'AUNA du premier semestre 2013). La "Cour Legendre" abrita aussi la librairie des imprimeurs Clamorgan et la maison familiale du médecin Félix Vicq d’Azir.

 

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La cour aux Gendres et la maison Lerouge, plan de 1767

 

Le 18 septembre 1718, les frères Nicolas et René Legendre passaient un accord avec l’imprimeur Joachim Clamorgan pour l’acquisition commune d’un corps de logis appartenant antérieurement à Thomas le Coutre, sieur de Sauxmesnil, situé « dans la bourgeoisie de Valognes, au grand-carrefour dudit-lieu ». Chacun des deux contractants s’attribuait ainsi une portion distincte d’un immeuble avec boutique donnant sur la rue, passage couvert, escalier, puits et autres dépendances sur l’arrière de la propriété, en maintenant la cour dans leur jouissance commune. Deux ans plus tard, le 19 janvier 1720, l’inventaire après décès de René Legendre était dressé dans la partie d’habitation revenant à sa veuve, Louise Moysi. Ce document est assez décevant car il ne mentionne à l’intérieur de la salle et de l’unique chambre du défunt aucun outil, ouvrage ou autre élément se rapportant à son activité professionnelle. L’atelier des Legendre devait bien cependant occuper une partie de l’édifice car un nouvel acte notarié, passé le 15 janvier 1722 pour régler leur succession, évoque « les immeubles, biens et outils qui appartenaient en commun à Nicolas et René Legendre, frères ». Il semble, à la lecture d’autres transactions, que cet atelier occupait une « maison nouvellement rétablie » située non sur la rue mais sur l’arrière de la cour commune. La propriété de ce lot passa ensuite aux héritières de René, les demoiselles Marie et Anne Legendre, qui s’en séparèrent le 2 mars 1747 au profit de François Chaulieu, avocat et bourgeois de Valognes.



 

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La "Maison Lerouge" et la Cour aux Gendres par Lepeuple, 1924 (coll. archives de la Manche)

 

A la mort de Nicolas, survenue le 8 décembre 1730, l’autre part d’héritage des frères Legendre fut en revanche transmise à son fils aîné, Jean(-Gabriel), alors âgé de 16 ans. Le 18 mai 1739, parvenu à la majorité et se présentant comme « bourgeois de Caen », le futur ingénieur de la Généralité de Châlons cédait son lot à Jean Vicq sieur de Valemprey et au sieur Felix Vicq. La portion d’immeuble acquise par le sieur de Valemprey fut revendue en 1756, par sa veuve, Marie Gaucher, au profit de Guillaume Corval, marchand. L’acte de vente stipule que « laditte veuve venderesse » intervenait comme « acquéreur du sieur Legendre, ingénieur ». Le 1er juillet 1774 Félix Vicq d’Azir (le père du médecin de Marie-Antoinette) revendait l’autre part au sieur Corbin de l’Epine. La propriété comportait alors « deux salles sur la rue avec boutiques, un vestibule entre les deux, deux chambres au premier étage, des combles couverts d’ardoise, un cabinet avec balcon sur la cour et un escalier ». Elle fut rachetée le 4 janvier 1776, par le sieur Orange, qui ne tarderait pas en entrer en conflit avec les héritiers Clamorgan, ses voisins, pour des problèmes de mitoyenneté. Au début du XIXe siècle, les cinq filles du sieur d’Orange exerçait dans l’ancienne demeure des Legendre une activité de mercerie. En 1806, l’une des sœurs amputa cet héritage en cédant sa part à Baptiste Laurent Despinose, receveur des contributions de Valognes.

La « Cour aux Gendre » comprenait encore d’autres bâtiments situés en fond de parcelle, au contact de la rivière. L’un d’eux appartenait au milieu du XVIIIe siècle à Michel Pinel, avocat. En 1774, le fils de Michel Pinel, Guillaume Pinel sieur de Falaize, revendait ce bien à l’abbé Charles Louis d’Hauchemail, propriétaire de l’hôtel dit « de Thieuville », pour en agrandir les dépendances. Un autre corps de logis compris dans cet ensemble, appartenait en 1780 au sieur Lerouge. Jacques Lerouge, époux de Françoise Pottier, avait été fermier des greffes du tribunal de Valognes puis procureur au bailliage. Il apparaît encore en 1786 dans un recensement de la population valognaise avec la mention « ancien procureur ». Parmi les jeunes clercs passés par son étude figure en particulier Jean-Baptiste Lecarpentier, devenu célèbre en tant que délégué de la Convention nationale durant la période révolutionnaire

 

 

 

J. Deshayes

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 10:18

Poterie (rue de)

En 1735 Jean-Jacques Le Forestier, seigneur de Clayes, constituait l'assise foncière de la propriété par l'achat de deux lots, provenant d'une vente consentie respectivement par Jeanne Gréard et Bernardin Félix Auger, seigneur de Mesmont. La part cédée par ce dernier se consistait en une portion de maison nouvellement "réédifiée par le seigneur de Mesmont". En 1749, Alexandre et François Le Forestier d'Ozeville, frères et héritiers de Jean-Jacques Le Forestier, revendent cette propriété à Charles-Louis Heurtevent, sieur de la Haulle, conseiller du roi et lieutenant criminel au baillage de Valognes, qui augmente encore la propriété d'une nouvelle portion de maison riveraine. En 1761, un édifice rassemblant les deux propriétés antérieures, est vendu dans sa totalité à Anne-Hilarion Costentin de Tourville, "comte de Tourville, seigneur et patron de Vauville, Pierreville, Bazan, Coutainville, Anneret, Crux, Semilly, le Val, Condé, la Molière, le Mesnil-Vaudon et autres lieux, ancien lieutenant de vaisseau, chevalier de l'ordre de Saint-Louis" pour un montant de 16 000 livres. L'acte de vente nous indique que le bâtiment contenait à cette date "cuisine, cellier, écuries, remises, salles, cabinet de compagnie, chambres et greniers". En 1766, une transaction passée avec le sieur Liénard, propriétaire de l'auberge voisine du Grand-Turc, permet au comte de Tourville de mieux délimiter sa cour, en supprimant une écurie qui y faisait enclave.

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L'hôtel de Tourville sur le plan Lerouge, 1767

Anne-Hilarion Costentin de Tourville était le petit neveu du célèbre amiral de Tourville, dont il portait également les prénoms. Il avait épousé en 1754 Elizabeth-Madeleine de Camprond, fille du seigneur de Sottevast, et décéda à Valognes le 10 mai 1773. Le Comte de Tourville étant mort sans descendance, la propriété passe alors à son neveu, Charles-César du Mesnildot, qui la rétrocède immédiatement pour le prix de 20 000 livres à Elizabeth-Madeleine de Camprond. L'hôtel est ensuite transmis en héritage à Marie-Jacqueline de Camprond, sa soeur (veuve de Jean-François d'Anneville de Chiffrevast), qui en octobre 1796 (24 messidor an V) revend la propriété à Jean-François Vauquelin. En 1833, l'édifice est vendu par la famille Vauquelin à Sophie Leperon de la Fossardière, épouse de Claude-Antoine Premont, juge au tribunal de Valognes. En 1850 il est acheté par Appoline Jobelin, veuve de Louis-Florentin Buhot, la mère du peintre et aquafortiste Felix Buhot. A sa mort, en 1854, l'hôtel est acquis par la famille Abaquesné de Parfouru, qui le conserve jusqu'en 1918, puis passe à Arthur Fauvel, greffier au tribunal, et est enfin racheté en 1939 par Charles Simpson, décédé en juin 1944 de blessures infligées par les bombardements américains.

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Deux aperçus partiels de la façade sur rue, d'après des cartes postales anciennes, vers 1900

 

La façade sur rue en pierre de taille, était composée de sept travées et de trois niveau d'élévation. Une porte cochère située à l'extrémité gauche de la façade ouvrait sur le jardin. Le rez-de-chaussée comprenant les pièces de service, était surmonté de deux étages nobles. Un bandeau horizontal soulignait le deuxième étage. Les baies étaient coiffées d'un linteau cintré, orné d'une clef sculptée. L'hôtel de Tourville a été intégralement détruit lors des bombardements américains de juin 1944.

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Passage couvert de la chasse Greville, accolée au mur pignon sud de l'hôtel de Tourville,

par Felix Buhot, vers 1880.

J. Deshayes 2012

(d'après les notes de Mlle Lebouteiller et compléments de recherche effectués par Stéphanie Javel)

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 11:04

13, rue de l'Officialité (édifice disparu)

 Hôtel d'Ourville, Charles Jouas 1942

Façade sur jardin de l'hôtel d'Ourville par Charles Jouas, 1942

L'hôtel d'Ourville appartenait au début du XVIIIe siècle à Charles Adrien Félix de la Houssaye, marquis d'Ourville, sieur de Pontrilly, et demeura dans sa postérité jusqu'au début du siècle suivant. En 1778, Paul-Hyacinthe de la Housssaye (1708-1780), officier aux gardes françaises et Chevalier de Saint-Louis y employait quinze domestiques. Un inventaire levé la même année précise que l'édifice comprenait alors trois grands corps de logis regroupés autour d'une cour, et abritait un salon de compagnie, une salle à manger, sept chambres, trois appartements, cuisines, offices et autres communs ainsi qu'un jardin orné d'une grotte. Passé par héritage en 1780 à Ambroise-Gabriel-Charles de la Houssaye, l'hôtel est transmis en 1782 aux deux filles de ce dernier, Ambroisine-Marie et Henriette-Louise-Adélaïde. La maison reste alors en jouissance de leur grand-mère, la marquise d'Ourville, née Ambroisine Doynel, jusqu'à son décès survenu en 1793. En 1805, la propriété est revendue au profit de Nicolas Lecroisey, docteur à Valognes.

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L'hôtel d'Ourville sur le plan Lerouge, 1767

En 1816, l'hôtel, comprenant "une maison de maitre composée d'une cuisine, une laverie, double offices et deux cabinets au rez-de-chaussée, un salon de compagnie avec antichambre (...), une salle à manger avec un poêle en faïence (...), quatre chambres à coucher sur l'aile gauche de cette maison, un cabinet de toilette et une armoire à quatre panneaux en garde-robe, deux autres chambres à l'aile droite (...) et les greniers faisant le comble couverts en pierre ; plusieurs escaliers servant à l'accession desdits appartements, écuries, remises, caves cour, puits, porte cochère sur la rue et une autre cour à fumier", ainsi que des jardins et autres dépendances, est acquis par le docteur Bernard Blény, pour la somme de 12 000 francs. La veuve du docteur Blény, s'étant installée en 1829 dans l'hôtel Saint-Rémy, rue des Religieuses, loue ensuite l'hôtel d'Ourville, qui abrite en particulier, à partir de 1837 la "Chambre de lecture de Valognes". En 1842, elle revend l’édifice à la ville de Valognes, pour y installer l'Ecole des Frères de la doctrine chrétienne. Les frères firent alors construire une aile sur le jardin pour abriter les salles de classes. "L'école ouvrit ses portes à la rentrée de 1845 et ne comptait pas moins de 270 élèves d'après le procès verbal du 16 février suivant" (note de Mlle Lebouteiller). En 1892, l'école des Frères était remplacée par une école communale. L'édifice a été détruit par les bombardements alliés de juin 1944.

 

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Hôtel d'Ourville, la salle de classe construite entre 1842 et 1845,

carte postale ancienne, vers 1900

Mlle Le Bouteiller donnait de l'hôtel d'Ourville la description suivante : « Au centre, au fond de la cour, s'ouvrait la porte d'honneur. Une légère saillie du bâtiment, encadrée de bossages et surmontée d'un fronton triangulaire, la mettait en valeur. Deux portes, aux angles, utilisées pour les services, équilibrait cette façade. Les ailes étaient occupées par les communs. L'ensemble comportait un rez-de-chaussée, un étage et des combles éclairés par des lucarnes "en chien assis". Face au Merderet, sur l'autre façade, un escalier à double volée menait des appartements d'apparat au jardin, tandis qu'à l'opposée de cet escalier une tour carré mettait une note pittoresque ».

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Felix Buhot, détail d'une tour d'escalier de l'hôtel d'Ourville, 1884

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Tour d'escalier de l'hôtel d'Ourville, carte postale ancienne, vers 1900

Cette tour carré fut représentée en 1884 par Félix Buhot, avec pour légende "Pavillon et tourillon dans la cour d'entrée de la maison actuelle des frères de la Doctrine chrétienne, rue de l'Officialité". L'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly s'est inspiré du Docteur Blény, l'un des propriétaires de l'édifice, pour l'un des personnages de sa nouvelle "A un diner d'athées", publiée dans le recueil Les Diaboliques.

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Aperçus de la façade sur la rue de l'Officialité, cartes postales anciennes, vers 1900

cada d'Anneville

L'hôtel d'Ourville sur un plan d'urbanisme de la Reconstruction.

J. Deshayes (d'après notes Lebouteiller et fonds André Chastain)

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