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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 16:06

 

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L'église Notre-Dame vue depuis le donjon de Bricquebec

L’église primitive de Bricquebec, dont il subsiste encore de beaux vestiges d’époque romane, se trouvait dans le quartier dit « du village », auprès du croisement des anciennes routes menant de Valognes vers Portbail et Saint-Sauveur-le-Vicomte. L’édifice menaçant ruine, sa restauration s’avérant délicate et le goût pour la conservation du patrimoine n’étant alors partagé que par quelques rares esprits éclairés, le choix fut fait à la fin du XIXe siècle d’abandonner le vieux monument et de reconstruire un nouveau lieu de culte. Déjà défendue par l’abbé Couppey au milieu du XIXe siècle, cette idée mit cependant longtemps à s’imposer et fut à l’origine de conflits virulents. Les hameaux de l’Etang-Bertran et de Rocheville, bénéficiant de leur propre sanctuaire, ne souhaitèrent pas participer au financement de la nouvelle église. Ils obtinrent en cette occasion leur détachement de Bricquebec et leur érection en communes autonomes. Se heurtant à la réprobation d’une partie du conseil municipal, l’accomplissement du projet ne put se faire qu’en raison de l’extrême ténacité du curé de la paroisse, l’abbé Lebreton (1891-1906) qui, après avoir fait don du terrain, finança une partie de la construction.

 

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Représentation en mosaïque de la nouvelle église sur la tombe de son constructeur, l'abbé Lebreton

La première pierre de la nouvelle église fut posée le 5 juin 1898 par Dom Vital Lehodey, abbé de la Trappe. Son ouverture au culte date du 29 avril 1900. L’architecte départemental chargé des travaux, nommé Pillioud, se conforma à un parti de construction de style néo-gothique, dans le goût qui prédominait en France depuis déjà le milieu du XIXe siècle. Il s’agit d’un exemple représentatif d’ « église de catalogue », reproduisant un modèle consacré d’édifice à tour de clocher en façade, chœur à déambulatoire et chapelle d’axe.

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L'église nouvelle sur une carte postale du début du XXe siècle

Le matériau de construction initialement prévu par l’architecte était le grès local. C’est le curé de la paroisse qui préconisa l’emploi d’un parement en calcaire, et le paya de ses propres deniers. Digne héritier de la tradition des « curés bâtisseurs », l’abbé Lebreton fit également exécuter à ses frais la construction de la chapelle d’axe de l’église, dite « circata », à l’entrée de laquelle fut placée en son souvenir une dalle de mosaïque imitée des plates-tombes paléochrétienne.

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Intérieur de l'église

Intérieurement, l’édifice se signale par sa grande clarté, en partie due à l’emploi d’un calcaire très clair et en partie à l’emploi d’un vitrage en « grisaille » qui laisse amplement circuler la lumière. Faute de pouvoir se conformer au modèle des grandes églises à trois niveaux, l’architecte a établi à hauteur des fenêtres hautes une fausse galerie de circulation, donnant l’illusion d’un étage supplémentaire. La sculpture des chapiteaux, en partie inachevée, emploi un répertoire assez stéréotypé de formes végétales inspiré de modèles du XIIIe siècle.

Julien Deshayes

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