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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:30

 

7, rue des Capucins

L'hôtel dit d'Anneville-du-Vast fut édifié par Pierre Bourdet, bourgeois de Valognes, qui avait acquis en 1725 une petite maison couverte de paille située à son emplacement. Il semble que la construction de l'hôtel était achevée à la mort de Pierre Bourdet, dont l'inventaire après décès fut rédigé le 10 avril 1738. Cette propriété a appartenu de 1757 à 1771 à Françoise-Catherine Laisney du Gravier, puis, de 1771 à 1804 à Marguerite de Camprond, veuve de Charles de Sainte-Mère-Eglise. De 1804 à 1841, il est en possession de la famille d'Anneville-du-Vast, qui n'y réside pas mais laisse son nom à la propriété. Entre 1820 et 1836, il est loué par les deux demoiselles Eulalie et Charlotte Simon de Touffreville, rebaptisées « Mlles de Touffredelys » dans le roman de Barbey d'Aurevilly intitulé Le Chevalier des Touches. C'est en effet dans cet hôtel que Barbey d'Aurevilly situe une partie de son roman. Depuis environ 1843 jusqu'en 1915 l'hôtel est loué à la famille de Clamorgan. Selon l'abbé Canu, "C'est dans cet hôtel  d'Anneville, au salon du premier étage, qui conserve encore ses belles boiseries, que Madame Clamorgan attendait, assise dans son fauteuil, vêtue de noir et la tête couverte d'une voilette, les artistes locaux, musiciens et chanteurs, qui venaient souvent donner chez elle un concert, à son jour". L'édifice aurait ainsi accueilli le violoniste Armand Royer, ami intime de Jules Barbey d'Aurevilly, qui entretint lui-même des relations amicales avec la famille de Clamorgan.

L'inventaire après décès de Pierre Bourdet, daté du 10 avril 1738, précise que l'édifice comprenait une cuisine, un salon et un cellier en rez-de-chaussée, ainsi que deux chambres et un cabinet installés dans chacun des niveaux supérieurs. L'hôtel possédait aussi une cour, une laverie et une écurie, dont le plafonnement était encore en cours de construction. L'acte de vente du 21 juillet 1757 n'apporte pas d'autre précision notable sur l'état de l'édifice ou sa distribution.

Cet hôtel présente une façade sur rue composée de cinq travées régulières, dont l'élévation, intègre deux étages carrés et un niveau de combles. Le parement est traité en moyen appareil de pierre de taille calcaire, piqueté pour recevoir un enduit aujourd'hui supprimé. La porte d'entrée est décalée en position latérale. Les baies du rez-de-chaussée sont à linteaux cintrés tandis que les baies des deux niveaux supérieurs se signalent, côté rue, par leurs linteaux délardés ondulés. La façade postérieure, beaucoup plus austère, est édifiée en simple moellon.

 

L'hôtel d'Anneville-du-Vast est inscrit sur la liste supplémentaire des Monuments historiques depuis mars 2012.

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 Stéphanie JAVEL et Julien DESHAYES, 2004

 

Hôtel d'Anneville du Vast

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