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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:11

rue Carnot (édifice disparu)

Jean Lefèvre, seigneur du fief de Haupitois à Lieusaint, était en possession de cet hôtel aux environs de 1600. Il fut l'époux de Marguerite de Ravalet, décapitée à Paris, pour inceste avec son frère Julien, le 2 décembre 1603. Hervé Lefèvre hérite en 1641 de la propriété de son père et y décède en 1692. L'édifice reste dans la famille Lefèvre jusqu'en 1749, date du mariage de Marie-Anne Lefèvre avec Hervé-Charles de Thieuville. Il passe en 1786 à la marquise de Thiboutot, née de Thieuville. L'hôtel est racheté par la ville en 1829 et abrite la sous préfecture jusqu'en 1836. Il accueillera ensuite la perception de Valognes et le Cercle Catholique. En 1902, il est vendu au banquier Georges Lepetit, qui loue une partie de l'édifice à l'imprimerie du "Journal de Valognes", édité jusqu'en 1944.

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Façade sur rue d'après une photographie du début du XXe siècle

L'ensemble a été entièrement détruit lors des bombardements alliés de juin 1944. Seule une grille de garde corps d'un balcon donnant sur la rue a été préservé Cet élément figure aujourd'hui parmi les collections du Musée de l'eau de vie et des vieux métiers de la ville de Valognes.

Lefevre-de-Hautpithois-1944.jpg

L'hôtel après destruction, en juin 1944

L'hôtel visible sur les anciennes photographies présentait principalement des élévations datant du XVIIIe siècle. L'ordonnance des fenêtres coiffées d'arcs cintrés de l'étage noble et le grand portail d'entrée ouvrant sur les jardins indiquaient cette période. Côté rue, plusieurs vestiges de l'édifice antérieur subsistaient toutefois : porte fenêtre coiffée d’un fronton triangulaire dans le style de la "seconde Renaissance Cotentinaise" et haut mur médiéval en pierre de taille dans lequel avait intégré le portail lui-même. La date portée de 1599, relevée jadis sur sur la porte cochère, se rapportait probablement à cette phase ancienne de la construction. Une série de mémoires d'artisans, relative à des travaux de second œuvre, atteste probablement l'achèvement de la rénovation de l'édifice aux alentours de 1785. Vers 1791, l'inventaire après décès du marquis de Thieuville donne une idée de l'importance de cette propriété. Il énumère conjointement la chambre de Marie, la chambre de monsieur le Comte d’Octeville, la chambre des demoiselles, la chambre de madame la marquise de Thiboutot, la chambre de monsieur le marquis, la chambre de madame la comtesse d’Octeville et les chambres des gens. Il cite également plusieurs cabinets, deux gardes robes et l'antichambre de Madame. Ce document distingue également l'écurie du maître et celle des étrangers.

Lefevre-de-Hautpithois.jpg

Façade sur rue, dessin de l'entre-deux guerres

D'après le témoignage de Mademoiselle Le Bouteiller "lorsque l'on franchissait le porche, on pénétrait dans une vaste cour prolongée par un jardin en terrasse auquel on accédait par un perron d'une dizaine de marches. Cour et jardin étaient bordés sur la gauche d'un bâtiment en équerre. La porte d'honneur surmontée d'un arc en anse de panier reposant sur des chapiteaux corinthiens s'ouvrait au rez-de-chaussée sur un vestibule d'où s'élevait un bel escalier en pierres de Valognes orné d'une rampe en fer forgé. Le rez-de-chaussée était réservé aux domestiques. L'étage noble, aux vastes pièces habillées de superbes parquets Versailles était éclairé par de hautes fenêtres à petits carreaux".

Julien Deshayes et Stéphanie Javel

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