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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:18

 

46, rue Henri Cornat

L'hôtel de Carmesnil appartenait à la fin du XVIIe siècle à Barbe Martin, veuve depuis 1713 de Jacques de Cussy, sieur d'Armanville, qu’elle avait épousé en 1647. Par héritage, la propriété se transmet ensuite à son fils, Jean-René de Cussy d'Armanville, chevalier, seigneur de Teurthéville-Hague, de Nouainville, de Montfiquet et autres lieux, lieutenant « es ville et chasteau de Valloingnes », commandant pour le roi en la ville de Valognes, puis à son petit-fils, Jean-Gabriel de Cussy. Entré ensuite en possession de Jean-Antoine de Beauvalet, officier du roi, seigneur de Durécu, l’hôtel est revendu en mai 1757 à Charles-Jacques-Michel d'Auxais, sieur de Sainte-Marie, puis à nouveau cédé par ce dernier, le 4 février 1758, à Messire Philippe-Antoine-François de la Motte-Ango, seigneur et patron d'Anneville, Hémévez et autres lieux. Le 18 décembre 1767, François de la Motte-Ango cédait l'hôtel à Messire Thomas-Hervé de Béatrix, écuyer, sieur de Mesnilraine,capitaine commandant au régiment de milice garde-côtes de la Hougue. Après le décès celui-ci, sa veuve et ses fils revendent en février 1784 la propriété à Guillaume Besnard, sieur du Chesne, conseiller du roi, lieutenant civil et criminel au baillage de Valognes, qui fut élu en 1789 député du Tiers-Etat pour le grand baillage de Coutances et devint ensuite président du tribunal de Valognes. Décédé le 19 aout 1826, Guillaume Besnard transmet en héritage l'hôtel à mademoiselle Antoinette-Marie Dubourdieu, la soeur d'Angélique-Geneviève Dubourdieu qu'il avait épousé à Valognes le 16 mars 1793. Lors du décès d'Antoinette-Marie, survenu le 22 novembre 1831, la propriété est transmise en héritage à Mademoiselle Florentine-Rosalie-Honorine Huel-Cabourg. Le 8 janvier 1832, cette dernière revend son bien à Monsieur Louis-Charles de la Motte-Ango, vicomte de Flers. La demeure est ensuite cédée par les héritiers du vicomte à Louis-Auguste Blanche, qui la vend à son tour, le 24 décembre 1836, à Antoine-Emilien baron Gay de Taradel. Le 13 mai 1837, l'hôtel de Carmesnil entre en possession de Arsène-Maurice le Mouton de Carmesnil, qui lui a laissé son nom. Entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, la propriété abrite la distillerie Duchemin, fabriquant de liqueurs et d'eau de vie de cidre, qui y emploie jusqu'à une centaine d'ouvriers.

Carmesnil 1

Hôtel dit de Carmesnil, façade antérieure

L'hôtel de Carmesnil, implanté en bordure d'un vaste parc boisé, est constitué d'un corps de logis de plan massé à mur pignon sur rue. La comparaison entre le plan de Lerouge de 1767 et le plan de Valognes de 1880 semble indiquer que la propriété a été assez largement modifiée entre ces deux dates. Le corps de logis, bâti vers le milieu du XVIIe siècle, est en outre venu prendre appui sur une construction antérieure, datant probablement de la Renaissance, dont il subsiste quelques vestiges dans la construction actuelle. Cette demeure d'époque Louis XIII a conservé sa silhouette massive, coiffée d'une haute toiture en pavillon, et ses corniches à modillons. Elle fut cependant très remaniée au XVIIIe siècle, en particulier par l’insertion d'un faux avant corps et une reprise des ouvertures. Il en résulte une façade ordonnancée organisée autour d'un faux avant-corps central, large d'une travée unique, appareillé en pierre de taille et intégrant en partie haute une fenêtre de comble logée sous un fronton triangulaire. La porte d'entrée principale, intégrée à l'avant-corps central, est desservie par un escalier extérieur en fer-à-cheval. A l'étage, une porte-fenêtre ouvre sur un balcon à garde-corps en ferronnerie, soutenu par des consoles en volutes. Les niveaux supérieurs de la façade principale sont intégralement recouverts d'un enduit au clou, tandis que l'étage de soubassement et la façade postérieure sont traités en moellon apparent. A l'intérieur de l'édifice, le grand salon et la chambre principale ont conservé leurs boiseries, datant de l'extrême fin du XVIIIe siècle ou du début du siècle suivant. Le parc a conservé une pièce d'eau longue d'une soixantaine de mètres bordé de part et d'autre par une large promenade et un pavillon de jardin, qualifié dans un acte du XVIIIe siècle de "pavillon chinois". L'organisation des bosquets et des jardins a été mis au goût du jour au début du XIXe siècle dans le style paysager et romantique. De nombreux arbres ont été plantés autour d'une vaste pelouse ondulée masquant en partie l'hôtel, que l'on découvre entre les frondaisons. Le bassin a été agrémenté d'une île plantée de deux cyprès chauves. Un jardin potager occupe une partie des anciens parterres. La plupart de ces apports semble attribuable à Guillaume Besnard Duchesne, propriétaire des lieux entre 1784 et 1826.

Les bâtiments de l'ancienne distillerie Duchemin, situés sur l'arrière de la propriété, sont aujourd'hui désaffectés. 

015d-Distilerie-Duchemin.jpg

Etiquette commerciale des distilleries Duchemin, où figure l'hôtel de Carmesnil

Stéphanie JAVEL et Julien DESHAYES

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