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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 16:25

18, rue des Religieuses

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Localisation de l'édifice sur le plan Lerouge, 1767

Il existait dès le 16e siècle une importante demeure urbaine située à l'emplacement de l'actuel hôtel du Mesnildot-de-la-Grille. Cette propriété appartenait à Guillaume Bastard, lieutenant du bailli du Cotentin, important notable valognais, qui y résida jusqu'à sa mort en 1589 ou 1590. Lors de son décès, l'édifice comprenait deux salles et une cuisine en rez-de-chaussée, ainsi que quatre chambres à l'étage. Au nombre des dépendances, figuraient notamment deux boutiques donnant sur la rue, des étables, un fournil avec chambre à l'étage et une grange. L'ensemble s'étendait sur plus d'un hectare de terre.

Après la mort de Guillaume Bastard, la propriété est transmise par sa veuve, Aliénor André, à Arthur du Moustier son fils aîné, né d'un premier lit. Lors de son décès survenu vers 1640 celui-ci transmet à son tour la propriété à son fils, Louis-Jacques du Moustiers. Selon l'analyse proposée par Michel Viel, ce dernier aurait entrepris des travaux de modernisation de la demeure. Il serait notamment responsable de la construction du monumental escalier à trois volées tournantes, munies de balustres de pierre, qui occupe l'extrémité nord du corps de logis. A sa mort, en 1661, l'hôtel entre en possession de son fils et homonyme, Jacques-Louis du Moustiers, qui, le 24 juin 1730, vend la propriété à son neveu, Jean-Antoine du Mesnildot. L'hôtel reste ensuite dans la famille du Mesnildot jusqu'en 1895. En 1813 Jacques-Louis-Gabriel du Mesnildot y reçoit l'impératrice Marie-Louise, puis en en 1830, son fils, Jean-Louis-Gabriel du Mesnildot, y accueille Charles X, en partance pour l'exil. En 1895, Marie-Gabrielle-Céleste née de La Gonivière laisse la jouissance de l'hôtel à l'Archiprêtre de Valognes pour y installer l'école libre des frères de la Doctrine chrétienne. Après la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le bâtiment est affecté à l'école libre des filles Sainte-Marie.

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L'hôtel du Mesnildot sur une carte postale ancienne, vers 1910

La construction des années 1640 subsiste pour l'essentiel à l'intérieur de la structure de l'édifice actuel, mais elle a fait l'objet de profonds remaniements. La plupart des niveaux intérieurs paraît avoir été modifié, bien qu'il subsiste encore, dans l'une des pièces du rez-de-chaussée ouvrant sur la cour d'honneur, un plafond à solives peintes appartenant à cette période de construction. Il est pour le reste assez apparent que l'ensemble de la façade sur cour a subit une importante reprise dans le courant du 18e siècle. Les percements ont été agrandis ou modifiés et un bandeau horizontal, séparant initialement les deux niveaux d'élévation, a été bûché. La cour qui précède l'édifice a dans le même temps été mis au goût du jour, par l'aménagement d'un portail en demi-lune, avec grille en fer forgé au chiffre de la famille du Mesnildot, et par la construction des deux murs de clôture latéraux, agrémentés d'un décor d'ouvertures feintes et de chaînes en bossage. L'agrandissement et la modernisation des ailes flanquant l'arrière-cour, comprenant l'aménagement d'une orangerie à l'extrémité de l'aile ouest, se situent également dans le courant du 18e siècle.

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L'aménagement d'une chapelle, occupant jadis l'étage de l'une des ailes de l'arrière cour, attribuable à Jacques-Louis Gabriel du Mesnildot, se situerait dans le premier tiers du XIXe siècle. En 1844, Jean-Louis-Gabriel du Mesnildot entreprend de construire une nouvelle orangerie, occupant quatre mètres de large et toute la longueur de la terrasse nord. Cette orangerie située au-dessus d'un niveau de caves, mesure 25 mètres de long et se divise en trois pièces. Six hautes baies couvertes en plein-cintre ouvrent du côté du parterre et donnent accès à la galerie supportée par des poteaux en fonte. Les moulures chantournées des linteaux en plein-cintre sont reliées entre elles par un bandeau horizontal. Les angles de cet édifice sont ornés de chaînages traités en bossage.

Stéphanie JAVEL et Julien DESHAYES

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