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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 15:08

Rue de l'Eglise

L'hôtel Pontas du Méril occupe une portion de l'ancien enclos de l'officialité, dit aussi manoir de la Cohue, qui fut jusqu'au XVe siècle le siège du tribunal ecclésiastique de Valognes. Le 16 octobre 1652, Gilles Diénis avait cédé ce manoir à Jaques Plessard, seigneur de Négreville et Pontrilly. Le 10 septembre 1655, ce dernier revendit l'ensemble à Robert Bardou, écuyer. La propriété se composait alors d'un "bout de maison encommencée", destiné à prolonger une construction voisine (l'actuel hôtel Viel de la Haulle). La construction du nouvel édifice est achevée en 1663, lorsque Robert Bardou le transmet à son fils Jacques, à l'occasion de son mariage. L'hôtel est vendu le 6 août 1789 à Thomas Gallis. Né en 1743, bachelier en droit et avocat au parlement, conseiller du roi, procureur de Valognes, Jean-Thomas Gallis de Mesnilgrand fut maire de Valognes sous la Restauration (1813-1815). Il décéda à Valognes le 4 mai 1828. « En 1789 il s’était allié aux idées nouvelles avait racheté une partie des biens confisqués à la maison de Colbert sous la Révolution et en particulier le manoir de la Cour" (Géraud de Féral, Notes pour servir à l'histoire d'Yvetot-Bocage, p. 144). Il était le frère de Dom François Gallis de Mesnilgrand, prieur de Saint-Etienne de Caen, auteur d’une « Oraison funèbre de Louis le bien aimé, XVe du nom » (Tours, 1775). Dom François Gallis est aussi connu pour son «Discours prononcé dans l’église de l’abbaye Saint-Etienne de Caen le dimanche 13 septembre 1789 lors de la bénédiction des étendards de MM les volontaires nationaux ». Jean-Thomas Gallis de Mesnilgrand a servi de modèle à Barbey dans sa nouvelle « A un diner d’athées ». Le 14 floréal an 3, il revendait son hôtel à Jean-Louis Pontas du Méril, qui lui a laissé son nom. Médecin, il figure le 31 décembre 1786 parmi les fondateurs de la loge maçonnique « L’Union militaire » réunis chez Timoléon du Parc dans l'actuel hôtel Martin-de-Bouillon. Echevin de la ville, il devient officier municipal en 1789 et premier président de la Société locale des amis de la Constitution. Il prend part à la rédaction des cahiers de doléance pour la ville de Coutances. Elu à la tête du district en 1790, Conseiller général en 1792 il est inquiété sous la Terreur. Il fut maire de Valognes de 1807 à 1813 et de 1817 à 1826. Jean-Louis Pontas du Méril était l'oncle de l'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly. Adolescent, ce dernier vint résider dans l'hôtel, et y conçut un amour de jeunesse pour sa cousine Ernestine. Incendié lors des bombardements alliés de juin 1944, l'hôtel Pontas du Méril a été partiellement restauré par la suite. Il a conservé intacts sa façade sur cour et son escalier droit intérieur.

Pontas-1767.JPG

L'hôtel Pontas du Méril sur le plan Lerouge de 1767

 Le corps de logis entre cour et jardin possède un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré, supportés par un étage de soubassement. Ouvrant de plain-pied sur la cour, le rez-de-chaussée domine en revanche les jardins situés sur l'arrière de la propriété. La façade principale, divisée en sept travées, se signale par son élévation ordonnancée en pierre de taille calcaire. L'élévation est agrémentée de bandeaux horizontaux et de chaînes harpées en bossage. Les baies sont coiffées de plates-bandes à clefs saillantes brochant sur les bandeaux horizontaux de la façade. Une corniche à modillons souligne la toiture. Aucune lucarne n'éclaire les combles. La façade sur jardin a été entièrement remaniée après 1944. L'accès aux étages se fait par un escalier droit intérieur rampe-sur-rampe avec garde-corps à balustres.

Pontas-01.jpg

Façade sur cour

L'aile sur rue, affectée à des commerces, présentait une élévation ordonnancée constituée de huit travées, rythmées par des chaines verticales en bossage.

Pontas-compile.jpg

Aperçu de la façade de l'aile sur rue, d'après des cartes postales anciennes

L'hôtel Pontas du Méril occupe une place à part parmi les autres hôtels particuliers de Valognes, aussi bien en raison de sa date de construction, antérieure à celle de la plupart des autres constructions, que par le soin apporté à sa façade. Il peut être rapproché du "logis de l'abbesse" de l'ancienne abbaye bénédictine royale de Valognes, où l'on retrouve, vers le milieu du XVIIe siècle, un traitement en bossages de la façade dans un "style Louis XIII" assez comparable.

Stéphanie Javel et Julien Deshayes, avec la contribution de Michel Viel

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