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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 12:09

 

A l’initiative de l’Association pour la Restauration de l’Ancienne Abbaye et du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin, l’ancienne abbaye bénédictine royale de Valognes (actuel hôpital) accueillera, en date du mardi 28 août prochain, un concert exceptionnel proposé par l’ensemble « Sarum Voices ».

Ce choeur britannique, établi auprès de la cité épiscopale de Salisbury est un ensemble semi professionnel, fondé à la fin des années 1990 sous la direction du musicien et compositeur Ben Lamb. Son répertoire explore des thèmes de musiques sacrées et profanes issues de multiples horizons. Cet ensemble, bien connu outre-Manche, a réalisé au cours des années 2010 plusieurs enregistrements remarqués, et s’est produit sur le continent au cours de tournées européennes.

Le répertoire proposé, où dominera la musique sacrée du XVIIe siècle (J. S. Bach ; G. F. Haendel...), trouvera dans la splendide église baroque de l’ancienne Abbaye bénédictine royale de Valognes un cadre tout à fait approprié.

Ce concert ouvert à tous, d’accès libre et gratuit, donnera lieu à une quête au profit de la restauration de l’édifice, dont le projet est porté par l’ARCA (Association pour la Restauration de l’Ancienne Abbaye).

Le Concert débutera à 20h30

Accès libre et gratuit/ sans réservation préalable

 

Renseignements : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin

Tél : 02.33.95.01.26/ Email : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr (en semaine)

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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 09:44

Merci, la Manche Libre !!!

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 18:33

Exposition proposée par la Conservation des Antiquités et Objets d’Art de la Manche, en partenariat avec le Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin, à l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte

DU 15 JANVIER AU 20 NOVEMBRE 2018

L’EXPOSITION :  

 

Les œuvres exposées sont d’une part, des dépôts faits par les communes,  d’autre part des objets des collections départementales.

Parmi elles, la statue de saint Gerbold, provenant de l’ermitage de Gratot, occupe une place particulière. L’intérêt de cette œuvre sera dévoilé au visiteur au fur et à mesure d’un parcours muséographique où les principales données qui permettent d’appréhender une sculpture sont explicitées.

Matériaux et techniques de taille, polychromie, commanditaires, ateliers de sculpture, iconographie sont autant de thèmes qui caractérisent une œuvre. Pour chacun de ces aspects, une ou deux sculptures sont choisies pour illustrer le plus simplement la notion abordée. Résolument didactique, cette exposition permettra à la fois de découvrir un aspect de la richesse du patrimoine départemental et de s’approprier ces «fragments d’histoire»….

 

Figure 1. Statue de saint Gerbold, pierre calcaire, XVe siècle. Collection départementale. © Conseil départemental de la Manche/CAOA. Cl. P-Y. Le Meur.

 

La statue du saint évêque de Bayeux, qui guide le visiteur dans l’exposition, fut découverte lors des travaux de l’ermitage Saint-Gerbold à Gratot en 2002. Le bâtiment est une ancienne chapelle qui appartenait aux seigneurs de Gratot. Lieu insolite, il est propriété départementale depuis 10 ans. La sculpture qui était enterrée sous le dallage, fut retrouvée en plusieurs morceaux. Elle est aujourd’hui restaurée.

Figure 2. Statuette de donateur. Pierre calcaire polychromée, XVe siècle. Collection départementale. © Conseil départemental de la Manche/CAOA. Cl. P-Y. Le Meur

LES ŒUVRES EXPOSÉES :

Les œuvres exposées, le plus souvent à l’état lacunaire, ont quitté leur lieu d’origine où elles ne trouvent plus – pour l’instant- leur place, soit à cause de leur état de conservation qui nécessite certaines précautions, soit parce que devenues témoignage d’une époque révolue, elles ont été au fil du temps oubliées, sujet à vandalisme voire enterrées dans les cimetières.

 

MEDIATION

 

  • 25 février à 15h00 : visite guidée par le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin.
  • Programme des visites guidées de la saison estivale, à venir
  •  Visite guidée pour les groupes sur demande (CAOA ou Pays d’art et d’histoire)

 

  • Cycle de conférences proposées par le Pays d’art et d’histoire « Le Clos du Cotentin » (RDV 18h30 sur place)

 

  • Jeudi 15 mars à 18 h 30

La statuaire religieuse de la fin du moyen-âge en Cotentin  (J. Deshayes, PAH)

 

  • Jeudi 12 avril à 18 h 30

La statuaire religieuse de la renaissance en Cotentin (J. Deshayes, PAH)

 

  • Jeudi 17 mai à 18 h 30

Restaurations de statuaire médiévale dans le département de la Manche, quelques exemples récents (E. Marie, CAOA)

 

  • Jeudi 7 juin à 18 h 30 :

Les saints dans nos églises : leurs attributs et leur culte populaire (B. Galbrun, CAOA)

 

Ateliers taille de pierre et visites scolaires : (gratuits pour les établissements scolaires de la commune).

Contacter le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin (02 33 95 01 26)

AUTRES RENSEIGNEMENTS : 02 33 41 61 21 (abbaye)

 

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 11:34

 

La maison correspondant à l’actuel presbytère de Saint-Sauveur apparaît pour sa première mention attestée dans le testament de Jean III Desmaires (né vers 1577, fils de Vincent Desmaires), qui laisse à sa mort, survenue le 10 novembre 1628 (en plus du manoir Desmaires, du manoir des Bréholles, du Quesnay de Golleville, et autres fiefs), « deux maisons scises au bourg de Sainct-Sauveur valant 30 liv. de revenu par an »[1].

 

 

Cette part de son héritage revint alors à son fils aîné, Jean-François Desmaires (c. 1621-1651), qui y faisait semble t-il sa résidence principale.

 

On trouve sur l’hôtel Desmaires de Saint-Sauveur une mention intéressante dans les actes du procès judiciaire d'un certain La Vallée, dit du Bocage, tenu en la juridiction du lieu au mois de mai de l’année 1662. La Vallée, de son vrai nom Gilles Terrier, était originaire du Mesnil-Amey où il avait travaillé comme menuisier, « s’occupant à l’occasion de peinture, comme l’indique encore la litre ou peinture de deuil du sieur de Montané, peinte pour lui autour de l’église de cette paroisse ». Fuyant pour dette, il avait laissé derrière lui une épouse et deux enfants en bas-âge. Ensuite employé comme « coureur des tailles » par le receveur de Valognes, il fut jugé une première fois vers l’an 1650 pour détournement de fonds par les juges de Saint-Sauveur, et mis dans les prisons du lieu. C’est alors, qu’ayant gravé un plat d’étain appartenant au capitaine Jean-François Desmaires, il fut remarqué par ce dernier, et se trouva ainsi employé à son service. « La Vallée peignit la haute salle de son maître, crayonna toute sa vaisselle ; il était également habile à graver l’étain, le cuivre et l’argent » ; également enlumineur (ou restaurateur de manuscrits anciens), joueur de viole et de violon, agissant aussi comme procureur du sieur Desmaires dans ses procès. Après la mort de Jean-François Desmaires, en 1651, La Vallée est placé à Picauville, chez le sieur d’Héroudeville-le-Courtois. A nouveau pris pour vol, il est condamné au bannissement hors de la province à perpétuité. Il revint cependant dans la région, travaillant en particulier pour les églises de Beuzeville-au-Plain, Montebourg, Houesville, Moon-sur-Elle, Cartigny. « Pour les églises de ces trois dernières paroisses, il fit des contretables qu’il décora de tableaux de sa composition. Il interrompait ses travaux d’artiste quand on l’appelait pour jouer de la viole, pour saigner ou pour purger les malades »[2].

 

En date du 12 juillet 1655, après le décès de Jean-François Desmaires sa veuve, Marie Gosselin, revendait pour 6000 livres l’une de ces deux maisons. Elle agissait alors au nom de ses enfants mineurs qui « vraysemblablement l’eussent vendue à leur majorité » (ces enfants mineurs étaient Gaspard, Marie et Marguerite Desmaires). La propriété est alors décrit comme : « une maisons scise au bourg dudit Saint-Sauveur appartenante audits enfants mineurs, ou ledit feu sieur (J.F.) Desmaires faisoit sa résidence de son vivant…le tout jouxte Mes François et Denys Fromont, prêtres, lesdits sieurs Srs de Hautmesnil et d’Auvers, les représentants du feu Sr de Launay Blondel, le cimetière de l’église et le pavé du bourg dudit St-Sauveur, la place de devant ladite église et le pavé du bourg dudict Saint-Sauveur » [3]. Cette description correspond bien à la localisation du presbytère actuel.

 

 

Façade sur rue.

 

Il est assez inattendu de constater que la vente de la demeure consentie par Marie Gosselin en 1655 concernait non à un particulier mais la communauté des « révérendes et dévotes dames religieuses du monastère de la Visitation de Sainte-Marie dudit Saint-Sauveur ». La communauté de sœurs de la Visitation, un ordre fondé par Jeanne de Chantal en 1610, n’eut en effet qu’une existence très éphémère à Saint-Sauveur. On sait d’après la correspondance de Jeanne de Chantal[4] et plusieurs autres sources historiques[5] que cette fondation connut un début de réalisation en 1654, à l’initiative de Damoiselle Jeanne Fréret de Saint-André (fille de maitre Jacques Freret, sieur de Saint-André, conseiller du roy enquêteur en la ville de Valognes), qui avait participé avec ferveur à la mission de saint Jean Eudes à Saint-Sauveur en 1643. A son instigation, le 3 aout 1654, les habitants de Saint-Sauveur donnaient leur consentement afin « d’establir dans le bourg de ce lieu de Saint-Sauveur un monastère de filles de la Visitation de Sainte-Marie en tel lieu et endroit qu’ils pourront acquérir et qui leur sera propre et convenable pour servir Dieu », estimant « qu’un tel monastère sera advantageux non seulement pour l’ornement dudit bourg mais encore pour le bon exemple de piété et de dévotion qu’elles donneront aux habitants ». Avant de racheter la propriété des Desmaires, les visitandines de Caen avaient déjà acquis d’Avice Jourdan, sieur du Mesnil, une vaste propriété située dans le haut du bourg. Le choix de la maison Desmaires se justifiait probablement par son caractère plus central et sa proximité de l’église paroissiale.

 

Peu de temps après qu’elles aient acheté cette maison, les visitandines quittaient cependant Saint-Sauveur et devaient donc se décharger des biens qu’elles y possédaient. Il apparaît ainsi  que Marie Gosselin, veuve de Jean-François Desmaires, avait récupéré la maison vendue par elle-même quelques années plus tôt ; elle y résidait en 1708 et décéda l’année suivante « dans sa maison du bourg de Saint-Sauveur ».

 

Façade sur cour de l'actuel presbytère

 

Le partage de sa succession, effectué le 1er avril 1710, provoqua une nouvelle partition de l’édifice primitif en deux lots, qui furent attribués respectivement à Jean-Hervé Mangon, époux de Marie Desmaires, la fille aînée de Marie Gosselin, et à Marguerite Desmaires, sa cadette. Marguerite Desmaires, épouse de Jacques d’Harcourt, résidait ainsi dans la maison correspondant à l’actuel presbytère lors de sa mort, survenue en juillet 1735[6]. Elle y demeurait à cette date en compagnie de l’une des ses filles, Marie-Anne d’Harcourt, qui y occupait un  appartement donnant sur la cour. Les autres enfants de Marguerite et Jacques III d’Harcourt, Guillaume né en 1674, Marie-Marguerite, née en 1675, Jean-François, né en 1678, François, né en 1679, Marie Agnés, née en 1680 et Marie-Thérèse née en 1683, tous baptisés à St-Sauveur, semblent également avoir résidé avec leurs parents dans la maison du bourg.

 

Jacques III d’Harcourt, ayant renoncé à la succession de son épouse, il apparaît cependant que la maison de Saint-Sauveur ne fut pas transmise à ses propres enfants mais à la fille aînée de Marguerite Desmaires, Marie-Gabrielle Poerier, qui était née d’un premier mariage contracté en 1655 avec René Poerier. Ayant épousé Jean-François d’Anneville de Chiffrevast, Marie-Gabrielle Poerier transmit ainsi la demeure à cette puissante famille du Cotentin. Etant déjà bien pourvu en propriétés, disposant en particulier du château de Chiffrevast et d’un hôtel à Valognes, Jean-François d’Anneville ne vint pas cependant résider à Saint-Sauveur. Il laissa la jouissance de la maison du bourg à Marie-Anne d’Harcourt qui en payait la location et y résidait toujours à sa mort, survenue le 4 mars 1751.

 

On ignore encore par quelle biais cette maison revint ensuite à une autre famille de Saint-Sauveur, les Davy de Boisval, qui possédait à Saint-Sauveur le petit manoir du Grippois. L’un d’eux, Jean-Gabriel Davy, sieur de Boisval, fils aîné de maître Jacques Davy, était avocat au parlement. Il figure en 1765 parmi les trois échevins siégeant à l’hôtel de ville et vivait toujours en 1782

 

Le fait est qu’au début du XIXe siècle l’un de ses descendants, Pierre Davy-de-Boisval, un ecclésiastique actif et engagé, en était le propriétaire. C’est lui qui, en 1827 proposa à la commune de Saint-Sauveur de lui céder « la maison a lui appartenante, touchant à l'église ainsi que les jardins et pièces de terre y attenantes » afin d’y établir son nouveau presbytère.

 

La proposition fut jugée très avantageuse, les élus estimant en particulier, lors de la séance du 10 avril 1827, que « dans cette propriété on y trouve l'agrandissement du cimetière actuel trop petit et dont on a cherché depuis longtemps et infructueusement un terrain convenable pour en former un nouveau. De plus un superbe bâtiment présentant tous les avantages que l'on peut désirer pour servir à un presbytère »[7]. En revanche, ces mêmes élus signalaient aussi le mauvais état de la maison servant antérieurement de presbytère, « une vieille masure dont la propriété et plutôt onéreuse à la commune qu'avantageuse en raison des grandes réparations à y faire pour ne pas dire qu'elle devrait être rebâtie de nouveau ». Soulignons que cette maison fut alors estimée à une valeur de 15000 f mais que la somme payée à Davy de Boisval fut seulement arrêtée à 7400 f.

 

 

Architecture

 

Si la réfection du hangar correspondant à la remise en dépendance est signalée en 1830, il ne semble pas en revanche que la maison presbytérale ait subit, du moins extérieurement, d’importantes modifications au cours des XIXe et XXe siècles. Il s’agit d’une construction relativement vaste, qui se développe sur huit travées et deux niveaux d’habitation. Plusieurs ouvertures de la façade sur rue ont conservé des meneaux à chanfreins, vestiges d’une demeure Renaissance dont il subsiste aussi une cheminée monumentale, située au rez-de-chaussée de l’édifice. La hauteur de cette habitation du XVIe siècle étant moindre que la construction actuelle, on peut également retrouver sous les combles, sur la souche de cheminée du mur pignon occidentale, la trace des larmiers de son ancienne couverture. Il semble que de premières modifications furent apportées à l’édifice dans la première moitié du XVIIe siècle, date vraisemblable de l’établissement des fenêtres de combles à décor de conques donnant sur la cour et du percement des grandes fenêtres, initialement pourvues de meneaux, qui subsistent aujourd’hui. La charpente actuelle (qui présente quelques signes de pourrissement préoccupants), appartient principalement à cette période et l’on repère aussi dans l’édifice quelques huisseries anciennes. Il apparaît que d’autres modifications sont encore intervenues à une date proche de 1700, incluant le portail charretier de la façade sud, la porte d’entrée actuelle et d’autres ouvertures de la même façade. On trouve intérieurement plusieurs manteaux de cheminées dans le style du XVIIIe siècle valognais, appartenant aussi à cette phase de construction, ainsi probablement que l’escalier en pierre, malheureusement massacré au XIXe siècle. D’autres travaux semblent être intervenus dans les années 1950, dont le détail pourrait sans doute se retrouver dans les archives de la Reconstruction.

 

Notons que l’extension de la demeure primitive, telle que divisée au XVIIIe siècle, se repère encore assez facilement dans le parcellaire actuel.

 

Décor de corniche en stuc avec putti parmi des bouquets de fleurs. Le même motif se retrouve au début du XVIIIe siècle au presbytère de Bricquebec et à l'hôtel de Chantore, à Valognes.

J. Deshayes/Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin/2017

[1] André DUPONT, « Les Desmaires de Saint-Sauveur-le-Vicomte (1428-1710) », Revue de la Manche, t. VII, fasc. 27-28, octobre 1965, p. 109.

[3] André DUPONT, Ibid., p. 116.

[4] t. III, n°495,  n°505.

[5] Françoise LAMOTTE, « Les Femmes du XVIIe et la tentation monastique », Revue de la Manche,  fasc 75, 1977, p. 154

[6] Marguerite Desmaires déposa comme témoin c. 1675 dans le procès intenté contre Guillaume Simon, dit Varreville, prêtre, ancien religieux de l’abbaye voisine. Elle attesta en particulier que ce dernier, ayant suspendu un enfant par les cheveux au plancher de sa maison « fist rougir une palette au feu, de laquelle toutte rouge, il luy grilla le derrière ». (R. VILLAND, in, SAHM 3e série, 1974, p. 236)

[7] Registres des délibérations, archives communales.

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 17:06

Les historiens qui s'intéressent aux guerres de Religion dans la province de Normandie ont sûrement gardé en mémoire le témoignage poignant donné par Gilles de Gouberville sur les évènements tragiques survenus à Valognes durant le mois de juin 1562. Les prémices du drame sont rapportés au seigneur du Mesnil-au-Val le dimanche 7 au soir par ses serviteurs, relatant qu'ils "ouyrent sonner le toquesainct à Vallongnes et à Alleausme". Des précisions sur les causes de l'alerte parviennent au manoir le lendemain après-midi :  "Led. jour, la relevée, on me dist que, hier soyer, sur les cinq heures, il y avoyt heu à Vallongnes une si grande esmotion populayre qu'on avoyt tué le sieur de Houesville, le sieur de Cosqueville, maistre Gilles Mychault, médecin, Gilles Louvet, tailleur, Robert de Verdun et Jeban Giffart dict Pont-1'Évesque, et plusieurs  blessés, et les maisons de Cosqueville pillées et destruyctes, et que les corps  des detfuncts estoyent encor en la rue ce jourd'huy apprès mydi, où les  femmes de Vallongnes venoyent encor donner des coups de pierre et de baston  sur lesdits corps, et fut dict aussy que la maison de maistre Estienne Lesney,  esleu audit Vallongnes, sieur de Haultgars, avoyt esté pillée et destruycte.  Charlot partit sur les deux heures pour aller à Vallongnes sçavoir an certain ce que dessus et revinst apprès soleil couché, et me dist que tout ce que dessus estoyt  vray, et que le peuple de Vallongnes estoyt grandement courroussé".

 

Cet extrait du Journal des Mises et receptes de Gilles de Gouberville trouve un écho précis dans un autre témoignage contemporain, consigné par Théodore de Bèze dans son Histoire ecclésiastique des églises réformées au Royaume de France, ouvrage publié à Genève en 1580. L'affaire du "cruel massacre de Valognes" y est développé sur plusieurs pages, contenant des informations parfaitement concordantes avec celles données par Gouberville. De Beze nous délivre en particulier l'identité des instigateurs de cette "émotion populaire", des officiers papistes (Laguette, Cartot, le procureur du roi) oeuvrant depuis plusieurs semaines à armer les prêtres et à barricader les carrefours de la ville. Il nous donne la chronologie exacte des évènements, qui débutèrent pas la convocation d'une "montre", c'est à dire une sorte d'inspection ou de revue militaire du peuple en arme. Il indique aussi quel fut le déclencheur des évènements : une simple rixe opposants des "garnements" devant le temple, puis une sonnerie de cloche destinée à donner le signal du massacre. Il indique alors comment, "ceux de la religion romaine accourant en armes" assaillirent la maison du dénommé Etienne Lesnay, toute proche du temple où se rassemblaient les protestants, pour en assassiner les occupants. Les noms des victimes donnés par de Beze (les sieurs d'Houesville et de Cosqueville, Gilles Michaux, médecin, Gilles Louvet, Jean Guyfart et Robert de Verdun, avocats ) corroborent bien la liste fournie par Gouberville, ainsi que la description des sévices monstrueux que l'on fit subir aux défunts : " Les corps furent dépouillés et étendus sur le pavé, auxquels il se trouva quelques femmes avoir arraché les yeux avec des épingles. Mais singulièrement est à remarquer le zèle des prêtres qui fourraient en leurs bouches et en leurs plaies avec la pointe de leurs hallebardes, des feuillets d'une Bible trouvée chez ledit Elu, disant à ces pauvres corps qu'ils prêchassent la vérité de leur Dieu, et qu'ils l'appelassent à leur aide".

 

A côté de ces comportements barbares, de Beze fait aussi état, parmi la population valognaise, de personnes modérées, cherchant jusqu'au dernier moment à éviter le conflit, s'efforçant au paroxysme de la violence d'aider les victimes et de sauver des vies. Un nom nous est donné, celui d'Etienne Troude, "un honorable marchand de la religion romaine, mais au reste, homme paisible" qui s'empressa d'ouvrir sa demeure aux persécutés et "les y tint cachés, et par ce moyen, y furent sauvées dix-huit personnes, tant hommes que femmes". Voici donc apparaître un individu dont l'humanisme et le courage furent rééllement exemplaires. La figure d'un modeste inconnu, exhumée du passé grâce à deux lignes seulement d'un vieil incunable, mais dont l'attitude incarne probablement ce qui existe de plus élevé au sein de notre humanité. Le marchand Etienne Troude fut en son temps un "juste", au même titre que ces français qui, sous le régime de Vichy, s'efforcèrent au péril de leur vie de cacher des juifs menacés de déportation. Depuis le lointain passé de son existence oubliée il nous offre le modèle d'un esprit assez fort pour ne cèder ni au "courroux" ni à "l'esmotion populayre". Son exemple reste hélas actuel pour chacun de nous, qui devons toujours faire face aux expressions les plus violentes de la radicalité politique et de l'intolérance religieuse.   

 

On serait naturellement heureux de mieux connaître la vie et la personnalité de cet honorable commerçant valognais de la Renaissance, et de glaner à son sujet d'autres informations biographiques. Le Journal de Gilles de Gouberville nous y aide un peu car il mentionne plusieurs rencontres avec ledit Etienne Troude lors de déplacements à Valognes. Le seigneur du Mesnil-au-Val était pour ainsi dire un habitué de la boutique de mercerie de luxe où Troude écoulait l'"estamet", le "camelot", le "bureau", le drap d'Espagne, le velours, le "satin noyr", et autres précieuses étoffes. C'est chez Etienne Troude que Gouberville vient acheter, en février 1556, les tissus destinés à confectionner la robe et à remplir le trousseau de mariage de sa soeur Guillemette. C'est à lui également qu'il confie parfois ses travaux de coutures, le convoquant au besoin en son manoir pour faciliter la commande. Gilles de Gouberville était un client difficile. Il arrive qu'il refuse de retirer du magasin des commandes qui  "n'estoyent à son gré" ou qu'il en différe le paiement durant plusieurs semaines. Pour les tissus précieux destinés au mariage de Guillemette c'est en boisseaux de blé et en têtes de bétails qu'il choisit de règler ses achats.

 

Le commerce valognais d'Etienne Troude était apparemment assez florissant. En plusieurs occurences, il est question du serviteur qui l'accompagnait dans ses déplacements, et aussi des voyages accomplis par ses deux fils (Thomas et Michel) en direction de Caen, Rouen ou Paris, sans doute pour l'achat des stocks de produits textiles qui étaient ensuite revendus à Valognes. Son rang était suffisamment élevé au sein de la petite société locale pour lui permettre de partager les repas des officiers et des autres représentants des élites urbaines. Ce que démontre aussi la lecture du Journal de Gilles de Gouberville est qu'Etienne Troude ne cessa pas, malgré son implication en faveur des huguenots, de résider et d'exercer à Valognes au cours des mois troublés qui suivirent le massacre. C'est bien en "homme paisible" qu'il répparait dans le Journal, en date du 9 octobre 1562, à l'occasion de la foire de Brix.

 

J. Deshayes/Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin/21/12/2017.

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 10:54

Dans le cadre de son cycle des conférences d’histoire locale, le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin proposera, jeudi 14 décembre prochain, une conférence intitulée « L’art de bâtir son hôtel à Valognes au XVIIIe siècle »

Célébrée jadis comme un « petit Paris », Valognes a vu s’édifier au XVIIIe un nombre considérable d’hôtels particuliers, destinés aux familles de l’aristocratie locale et aux membres de la bourgeoisie d’office, alors en pleine ascension. La conférence proposée jeudi s’intéressera plus particulièrement aux conditions matérielles de leur construction. En nous fondant sur une observation approfondie de ces demeures et des archives qui s’y rapportent, nous tenterons aussi bien de traiter la question de la pierre à bâtir, des enduits et des charpentes, que celle de la ferronnerie d’art, des boiseries, des décors peints et des stucs. Nous essaierons ce faisant de mieux distinguer le rôle respectif des commanditaires et des architectes et/ou des maîtres maçons dans le suivi de ces chantiers.

Cette intervention d’une durée d’environ 1h15 sera animée par Julien Deshayes, historien de l’architecture, directeur du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin.

 

Le rendez-vous est fixé à 18h30 à l’hôtel Dieu de Valognes (rue de l’hôtel-Dieu).

Les tarifs sont de 4 € pour les adultes, gratuit pour les étudiants, les personnes sans emploi ou sans le sou, les moins de 18 ans et les canaris des Bermudes.

Renseignements : Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin (en semaine)

Tél : 02.33.95.01.26/ Email : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 11:06

Dans le cadre du cycle de visites des Dimanches du Patrimoine, le Pays d’art et d’histoire proposera, le dimanche 3 décembre prochain, une visite-conférence, consacrée à l’église Saint-Malo-de-Valognes.

 

Principale église de la ville, Saint-Malo-de-Valognes est aussi devenue l'emblème de son martyr et de sa Reconstruction, après les dramatiques destructions de la dernière guerre mondiale. Cette conférence à deux voix débutera par une projection d'images anciennes, permettant de retracer l'histoire de l'édifice et des trésors d'art religieux qu'il abritait. A la suite de cet exposé, la présentation de l'église reconstruite par l'architecte Yves-Marie Froidevaux sera animée par M. Gilles Plum, historien de l'architecture, l'un des principaux spécialistes français de la Reconstruction de l'après-guerre. Afin de conclure en beauté cette sortie hivernale, un récital sera offert aux visiteurs sur l'orgue de Saint-Malo par un jeune et talentueux compositeur et interprète normand, M. Guillaume Lechevallier-Boissel, déjà reconnu parmi les talents les plus prometteurs de sa génération.

 

Le rendez-vous est fixé à 15h00 sur place.

 

 

 

Tarif adultes = 4 €, étudiants = 2 € Gratuit enfants et chômeurs.

Pour tous renseignements complémentaires,

Contactez le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin au 02 33 95 01 26

pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

Informations également disponibles sur notre blog : http://closducotentin.over-blog.fr/

 

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 11:57
Les Dimanches du Patrimoine 2017-2018

Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin

 

Les Dimanches du Patrimoine

 

5 novembre à 15h – Conférence

 Le haras du Dauphin à Saint-Sauveur-le-Vicomte

è St-Sauveur-le Vcte, salle des pompiers

 

12 novembre à 15h – Visite et conférence

« Affaires criminelles et justice pénale à Valognes »

è Hôtel-Dieu, rue de l'hôtel Dieu

 

19 novembre à 15h – Conférence et visite guidée

L’ancienne église de Bricquebec et le quartier du village

è Office de tourisme, place Sainte-Anne.

 

3 décembre à 15h – Conférence et visite guidée

 « L’église Saint-Malo de Valognes, avant et après les bombes »

è Valognes, église Saint-Malo

 

17 décembre à 15h – Conférence et visite guidée

Port, ponts et portes de Saint-Sauveur-le-Vicomte

è St-Sauveur-le Vcte, salle des pompiers

 

21 janvier à 15h –  Visite guidée

 « Bricquebec, 1418 »

è Office de tourisme, place Sainte-Anne.

 

11 février à 15h – Visite guidée

L’ancienne abbaye bénédictine royale de Valognes

è Parking de l'Hôpital, avenue du 8 mai 1945

 

25 février à 15h – Visite guidée

« Fragments d’histoire : initiation à la statuaire médiévale»

è St-Sauveur-le Vcte, abbaye Marie-Madeleine Postel

 

11 mars à 15h – Conférence et visite guidée

« Petite histoire d'une commune méconnue : le Valdecie à travers les âges »

è Eglise du Valdecie

 

25 mars à 15h – visite guidée

L'église de Saint-Joseph et la chapelle du Pont-à-la-Vieille

è Eglise de St-Joseph

 

8 avril à 15h – visite guidée

Le moulin et le manoir de Gonneville à St-Jacques de Néhou

è Office de tourisme de Bricquebec, place Sainte-Anne (déplacement sur le site en véhicules individuels)

 

22 avril à 14h30Visite guidée

« L'abbaye de la Trappe de Bricquebec »

è sur place (ATTENTION : visite accessible uniquement sur réservation préalable avant le 19 avril : 02 33 95 01 26)

 

6 mai à 15h – visite guidée

Aspects des jardins valognais

è porche de l'église Saint-Malo

 

Samedi 19 Mai

La Nuit des Musées

 

St-Sauveur-le-Vte : « Une nuit avec Jules Barbey d’Aurevilly »

Visite nocturne théâtralisée suivie d'une présentation du musée installé dans la maison familiale de l'écrivain)

è 20h, office de tourisme, cour du château

 

 

27 mai à 15h – visite guidée

L’église et l’ancien moulin de Colomby

è Eglise de Colomby

 

3 juin à 15h – Visite guidée

L’église de Sauxmesnil et le manoir de la Saint-Yverie

è Eglise de Sauxmesnil

 

17 juin à 15h – Visite guidée

Le village de l’Etang Bertrand la ferme de la Dalle

è Eglise de l'Etang-Bertrand

 

 

Tarif des visites et conférences :

Plein tarif : 4 € - Demi-tarif : 1,50 € - Enfants : gratuit

Renseignements au 02.33.95.01.26 (en semaine) / Email : pah.clos.cotentin@wanadoo.fr

 

- Visites adaptées aux personnes handicapées –

 Contacter la maison du patrimoine, nous mettrons à disposition un accompagnement spécifique en cas de besoin.

 

 

Les visites à la carte

RESERVEZ UNE VISITE PERSONNALISEE

 

Le Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin propose un riche éventail de visites guidées à la carte, d'excursions thématiques, de conférences et de programmes pédagogiques sur réservation pour groupes, associations, scolaires … Contactez nous, et nous mettrons à votre disposition toutes les ressources de notre équipe de guides conférenciers pour concevoir la sortie qui répondra à vos attentes.

Tarif des visites de 1h30 à 2h00 :  85,00 €

 

La Mise aux marais à Saint-Sauveur-le-Vicomte

En collaboration avec l’Office de tourisme et la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte, le Pays d’art et d’histoire propose une découverte des marais et de la pratique ancestrale du marquage des bêtes et de leur mise aux marais.  La date, habituellement au début du mois de mai, est à définir selon la météorologie : Tenez vous informés !

 

 

Cycle de conférences d'histoire locale

"Hôtels et belles demeures de l'ancien Valognes"

 

Jeudi 16 novembre  : L'hôtel du Plessis-de-Grenédan et la vie dans les hôtels particuliers de Valognes au XIXe siècle (B. Centorame)

 

Jeudi 14 décembre :  L'art de bâtir son hôtel à Valognes au XVIIIe siècle (J. Deshayes)

 

Jeudi 11 janvier : La famille d'Harcourt en ses résidences cotentines (XVIIe-XIXe siècles) (B. Centorame)

 

è 18h30, Valognes, Hôtel-Dieu

 

 

Les jeudis de l'Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte

cycle de conférences proposées dans le cadre de l'exposition temporaire

"Fragments d'histoire : initiation à la statuaire médiévale"

 

Du 15 janvier au 30 novembre 2018

 

En partenariat avec la Conservation départementale

des antiquités et objets d'art de la Manche

 

Jeudi 15 mars : La statuaire religieuse de la fin du Moyen-âge en Cotentin (J. Deshayes).

 

Jeudi 12 avril : La statuaire religieuse de la Renaissance en Cotentin (J. Deshayes).

Jeudi 17 mai : Restaurations de statuaire médiévale dans le département de la Manche, quelques exemples récents (E. Marie)

 

Jeudi 7 juin : Les saints dans nos églises : leurs attributs et leur culte populaire

(B. Galbrun)

 

è 18h30,  St-Sauveur-le-Vcte, abbaye Marie-Madeleine Postel

 

 

Le Clos du Cotentin

Appartient au réseau national des Villes et Pays d’art et d’histoire. Le ministère de la Culture et de la Communication, direction de l’Architecture et du patrimoine, attribue l’appellation Villes et Pays d’art et d’histoire aux collectivités locales qui animent leur patrimoine. Il garantit la compétence des guides conférenciers et des animateurs du patrimoine et la qualité de leurs actions. Aujourd’hui, un réseau de plus de 180 villes et pays vous offre son savoir-faire sur toute la France.

A proximité :

Coutances et le Coutançais, le Pays d’Auge, le Havre, Dieppe, Rouen, Caen, Bernay et Fécamp bénéficient de l’appellation des Villes et Pays d’art et d’histoire.

 

Document conçu et édité par le

Syndicat Mixte du Pays d’art et d’histoire « le Clos du Cotentin »

La Parcheminerie 21, rue du Grand Moulin

50 700 VALOGNES

tél. 02.33.95.01.26

 

 

 

Informations touristiques

 

  • Office de tourisme du Cœur du Cotentin

Bureau de Bricquebec, Tél. : 02.33.52.21.65

Bureau de Valognes, Tél. : 02.33.40.11.55

  • Office de tourisme du canton de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Le vieux château Tél. : 02.33.21.50.44

 

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 10:39

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 15:41

 

 

I – Historique

 

  1. La fondation initiale par la famille de Bruis.

 

D’après la Gallia Christiana et la Neustria Pia, le prieuré Saint-Pierre de la Luthumière aurait été fondé en 1106, sous l’épiscopat de Raoul, évêque de Coutances (1093-1110) par Adam de Bruis (+ 1143). Claude Pithois adopte cette assertion et date la construction de l’établissement dans la première moitié du XIIe siècle, alors que Richard de Bruis, était évêque de Coutances (1124 -1131)[1]. Selon le même auteur, ce n’est que dans un second temps, en 1144, que le neveu d’Adam Ier, Adam II de Bruis, fit don du prieuré fondé par son oncle à l’abbaye de Saint-Sauveur.

 

N’apparaît toutefois, parmi les actes que nous avons consultés, aucune source écrite relative à ce prieuré antérieure à la charte donnée par Adam Bruis, fils de Robert de Bruis, en 1144[2]. Celle-ci énumère le contenu d’une donation « en perpétuelle aumône » faite au profit de l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui comprenait les églises de

Brix avec toutes les dimes, ainsi que la dîme des deux foires de la saint Christophe et de la saint Nicolas, plus les églises de Sainte-Marie de Couville, Saint-Martin-le-Gréart et Saint-Christophe-du-Foc avec toutes leurs dîmes, les aumônes et les terres qui en dépendaient.

 

La charte indique que l’abbé et les moines de St-Sauveur enverraient en retour des moines (monachos) s’établir dans l’église Notre-Dame de Brix, afin d’y entretenir un luminaire (ad lumina invenienda) et pour y servir Jésus et sa Sainte Génitrice. Le donateur demande en outre à ce qu’« un lieu soit construit et édifié en l’honneur de Dieu, de sainte Marie et de saint Pierre » (ad honorem Dei sancteque Marie et sancti Petri predictum locum construant et edificent). Les frères ainsi que toutes personnes nécessitant la charité y seraient entretenus. Pour conclure, Adam concédait aussi aux moines toute la terre située « entre l’église Sainte-Marie jusqu’à la forêt et la motte de sa demeure » (omnem terram ab Ecclesia sancte Marie desuper usque silvam mottamque domus meae). Adam de Sottevast, Roger Alverède et Robert Escarbo sont cités parmi les témoins du donateur.

 

Dans une deuxième charte de dix ans postérieure (1155) Pierre de Bruis, fils de Guillaume, renouvelle la donation de l’église Notre-Dame de Brix en précisant à nouveau l’engagement de l’abbé et de tout le couvent de St-Sauveur à établir des moines dans ladite église, et à construire des bâtiments en ce lieu pour y servir Dieu, sainte Marie et saint Pierre.

 

Par son contenu, la charte de 1144 apparaît donc bien constituer l’acte de fondation initial du prieuré, non le transfert d’une fondation antérieure comme cela a été écrit. Cependant, ce contenu indique aussi que le site désigné pour établir cette fondation ne correspond en rien à celui de son implantation effective ! Il y est bien précisé en effet que l’établissement des moines devrait se trouver étroitement associé à l’église Notre-Dame de Brix, plus probablement sur le terrain donné à cet effet, par devers le château, au nord donc de l’église, tout à fait au sommet de la colline de Brix[3].

 

Le lieu de son implantation actuelle, sur le domaine de la Luthumière, à l’écart du vieux château de Brix et du bourg mais auprès de la rivière, résulte manifestement d’autres donations, distinctes de celles effectuées par la famille de Bruis.

 

 

  1. Le choix de la Luthumière.

 

La première donation reçue par l’abbaye de Saint-Sauveur sur le domaine de la Luthumière émanait d’un individu nommé Guillaume Suen, qui, à une date proche des années 1150-1160, remit aux moines de Saint-Sauveur « toute la terre qu’il possédait à la Luthumière en perpétuelle aumône » (omnem terram quam habeo in Lutumaria, similiter in elemosina perpetualiter). Il leur cédait dans le même temps une part de l’église Saint-Samson d’Anneville-sur-Mer et Saint-Jean-des-Chênes à Jersey. Cette donation fut confirmée entre 1156 et 1162 par Henri II (Concedo item et confirmo donum Guillelmi Suim quod fecit idem abbatia de terre sua de Lutumeria)[4].

 

La seconde donation, probablement plus décisive, fut octroyée vers 1155-1165 par Raoul de la Haye[5]. Sa charte confirme en premier lieu la possession de biens situés à Jersey et Portbail, puis précise que « dans la haie de la Luthumière ledit Raoul a concédé à l’abbaye une habitation avec une chapelle fondée en l’honneur de Saint-Pierre » (In haiis vero Lutumerie concessit predicte abbatie idem Radulfus quoddam habitaculum cum capella que fundata est in honore Sancti Petri). C’est ce passage précis qui désigne pour la première fois le site où fut réellement implanté le prieuré.

 

Son donateur Raoul de la Haye, seigneur du Plessis, fils de Robert de la Haye, était le frère frère de Richard de la Haye, devenu baron de la Luthumière lors de son mariage en 1146 avec Mathilde de Vernon[6]. Il apparaît en 1126 avec sa mère Muriel et son frère Richard comme témoin d’une donation de son père à l’abbaye de Lessay. Après la mort d’Henri Ier Beauclerc en 1136, il adopte avec son frère le parti d’Etienne de Blois et assure en 1141 la défense du château de Cherbourg face à Geoffroy d’Anjou ; Selon le registre des fiefs de 1172 il détenait en Cotentin les honneurs du Plessis et de Cérences. En 1173, derrière Raoul, comte de Chester et Raoul de Fougères il s’engage dans la révolte d’Henri le Lion contre son père Henri II, qui en Normandie est rapidement réprimée. « Raoul de la Haye trouva le moyen de fuir ; il se jeta dans les bois et continua la guerre de partisan sur la frontière du Cotentin, jusqu'au printemps de 1174 ». Aurait ensuite continué sa lutte en suivant le comte de Flandres dans une tentative échouée de faire débarquer une armée en Angleterre. La date de son décès est inconnue.

 

 

Quel fut le motif du déplacement du site ?

 

L’émergence du fief de la Luthumière, qui semble rapidement s’imposer comme puissance seigneuriale dominante, est visiblement parvenu à littéralement capter la fondation de la famille de Bruis. La famille du Hommet qui succède en 1180 aux de la Haye comme barons de la Luthumière renforce encore cette sujétion en faisant reconnaître au XIIIe siècle son rang de patron et son droit d’ingérence dans la nomination du prieur.

 

Il ne faut pas sous-estimer toutefois l’intérêt que pouvait représenter le choix du site de la Luthumière. La présence d’une rivière y autorisait l’établissement d’un moulin et la pratique de la pêche. Le bois et les espaces de pâture ne manquaient pas et la retraite d’une solitude forestière devait aussi mieux correspondre à l’idéal monastique. La proximité d’un pont routier faisait dans le même temps du prieuré un relai sur un point de passage particulièrement fréquenté, surtout à l’occasion des grandes foires de Brix. Ainsi qu’en plusieurs autres prieurés forestiers des environs, tels ceux de Saint-Martin-à-l’If et de Barnavast, le devoir de charité auquel ils se trouvaient tenus conduisait peut-être les moines à faire sonner la cloche de la chapelle, chaque nuit, afin de guider les voyageurs égarés. Enfin, la présence d’une habitation et la possibilité de jouir de cette chapelle isolée, plus calme et mieux individualisée que l’église paroissiale, a pu encourager les frères à s’installer dans la vallée.

 

  1. Une probable origine érémitique

 

Le fait qu’une habitation soit nommément citée vers 1160, en même temps que la chapelle Saint-Pierre (quoddam habitaculum cum capella) implique que les moines ont récupéré pour s’y établir un domaine déjà existant. Cette analyse s’accorde avec les indices archéologiques recueillis sur le site, où la présence de fragments de sarcophages en calcaire coquillier et de briques remployés dans les maçonneries est l’indice d’une occupation nettement antérieure aux incursions scandinaves. Citée au XIIe siècle parmi les chapelles de la paroisse de Brix, la chapelle Saint-Pierre pouvait aisément remonter à l’époque mérovingienne.

 

A Saint-Pierre s’ajoute par ailleurs un autre sanctuaire tout proche, la petite chapelle Saint-Jouvin qui occupe à environ 800 mètres à l’ouest le centre d’une vaste prairie. Cette chapelle n’est citée que tardivement parmi les dépendances du prieuré (cf. mention de la vente du pré Saint-Jouvin en 1783, Pithois, p. 182), et son architecture n’offre aucun indice précis d’ancienneté. Son succès dans la dévotion populaire a souvent conduit saint Jouvin à supplanter saint Pierre pour désigner le site même du prieuré (cf. IGN actuel), et cela semble bien démontrer que les deux sanctuaires furent toujours étroitement liés.

 

Il apparaît que ce modeste édifice se trouve déjà mentionnée à une date beaucoup plus ancienne, dans une charte de confirmation des biens de l'abbaye de Lessay octroyée en 1186 par le pape Urbain, citant brièvement parmi les possessions de ce monastère l’ermitage de Saint-Jouvin et l’église de Sottevast (Hermitagium de Sancto Jovino et ecclesiam de Sottevast)[7]. Sauf à imaginer un nouveau déplacement, que dans ce cas rien ne signale, cet ermitage de Saint-Jouvin correspond de toute évidence au site de la Luthumière.

 

En dépit de leur appartenance initiale à deux abbayes et à deux paroisses distinctes, il s’avère probable que ces deux sanctuaires possédaient bien entre eux un lien étroit et que leur implantation à une si faible distance mutuelle traduit leur appartenance à un même établissement érémitique initial, qui pouvait donc présenter une implantation bipolaire.

 

Il serait tentant de mettre en relation cet ancien ermitage Saint-Jouvin avec certains aspects légendaires de la vie de saint Clair, en particulier lorsque est évoquée sa rencontre dans la forêt avec le serviteur de deux ermites « faisant leur résidence dans ces bois », et qui s’était blessé d’une hache en y coupant du bois. Dans un autre passage il est relaté qu’Odobert, abbé du monastère de Mauduin, reconnaissant dans le bienheureux Clair toutes les marques d’une vocation certaine à la vie érémitique, « lui permit de vivre dans une cellule séparée de la communauté, près de la rivière appelée Costus avec obligation seulement de venir les fêtes et les dimanches à Mauduin pour y assister aux divins offices et y recevoir le sacrement de l’eucharistie ». Sans identifier l’ermitage de Clair à celui de Saint-Jouvin ni la rivière « Costus » avec l’Ouve (où Unva dans ses formes les plus anciennes), on peut souligner que la relation topographique entre les deux sites apparaît assez frappante. Ce texte présente aussi l’intérêt de nous rappeler que de tels établissements se trouvaient le plus souvent dans la dépendance d’une abbaye mère, parfois toute proche et d’autres fois beaucoup plus éloignée. La présence d’une fontaine réputée miraculeuse auprès de la chapelle Saint-Jouvin convient bien elle-aussi pour un site d’origine érémitique.

 

 

  1. Le développement du prieuré

     

    En plus des églises du fief de Brix et de la chapelle Saint-Pierre avec son habitation associée où ils vinrent résider, les moines du prieuré de la Luthumière reçurent au XIIe siècle d’autres donations significatives de leurs bienfaiteurs. Il s’agissait en premier lieu du droit d’établir un moulin dans la rivière d’Ouvre, qui leur fut reconnu par le roi Henri II vers 1170, en même temps que celui de se procurer du bois dans la haie de la Luthumière afin de se chauffer et d’entretenir leur église, leur moulin et leurs autres bâtiments. Ces droits sur la forêt comprenaient aussi une franchise de panage, c’est-à-dire la liberté de mettre gratuitement leurs animaux en pâture dans ces bois (ut habeam molendinum in aqua qua vocatur Unva ad Sanctum Petrum de Lutumeria perpetualiter in elemosina. Concedo etiam monachis apud ipsum sanctum locum Petrum Deo servientibus ut habeam perpetualiter in elemosina de ipsis haiis ligna ad Monasterium et molendinum et domos suas omnen tenendas et pasnagium et omnes consuetudines suas quietas omnium possessionum suarum).

     

    Le cartulaire du prieuré contient aussi des donations de terres et de rentes faites dans les dernières décennies du XIIe siècle par Eudes de Sottevast « pour entretenir la lumière des ténèbres dans la chapelle Saint-Pierre de la Luthumière » ; Le même seigneur concéda aussi sa terre de Clibec sur la paroisse de Surtainville, « pour l’entretien du luminaire devant l’autel de Sainte-Marie dans la chapelle Saint-Pierre de la Luthumière, toutes les nuits de l’année, et pour le service et pour les messes dans la même église »[1]. A Breuville, Eudes concéda aussi avec son frère Raoul la moitié des revenus de son moulin.

    Le prieuré et la chapelle Saint-Jouvin sur la carte de Mariette de la Pagerie (1689)

    En 1232, les moines reçoivent de Guillaume du Hommet, connétable de Normandie, baron de la Luthumière, la part en aliments et en galons de vins de deux chevaliers, à prendre sur sa table lorsque lui ou son épouse viennent à résider dans le manoir du lieu (concessi etiam predicti monachis liberationem suam, sicut duobus militibus, in pane et ferculis in hospitio meo de Lutmeria)[2]. Un frère devait en cette occasion célébrer dans la chapelle seigneuriale. A la même époque, Guillaume du Hommet se fait par d’autres donations reconnaitre comme patron de l’établissement, imposant ainsi que le prieur ne puisse être nommé ou déplacé sans son consentement[3]. Ces documents témoignent de l’étroite emprise seigneuriale qu’exerçaient les barons de la Luthumière sur le prieuré.

     

    L’usage d’offrir des rentes en produits de table est également pratiqué par le chevalier Thomas de Tollevast qui, en 1232, concède « la dîme de tout le pain qui se dépenserait dans ceux de ses manoirs où sa femme ou lui séjourneraient ».

     

    Claude Pithois, historien de la commune de Brix, a publié la liste d’autres biens et propriétés reçus par les moines ou acquis par ces derniers au cours du Moyen-âge. Après que les moines aient assis au XIIe siècle les fondements matériels de leur établissement, et avoir dû lutter au début du XIVe siècle pour en maintenir l’intégrité, on constate que le prieur (frère Jean Goubert) mena au début du XVe siècle une politique active d’acquisitions, acquérant à cette époque le fief du Coudray, au hameau du Coudray, et des terres au lieu-dit Vernon. A Brix les moines possédaient le fief de Bricquebosc (avec des extensions sur Rauville-la-Bigot) et une maison dans le bourg. En 1613, ils jouissaient encore, conformément à la donation initiale d’Adam de Bruis, de « toute la terre comprise entre l’église Sainte-Marie et la forêt »[4].

     

    Claude Pithois évalue l’ensemble des rentes reçus par les moines entre les XIIe et XIIIe siècles à 241 sols, 21 deniers + 49 quartiers/80 boisseaux de froment, 2 quartier d’avoine, 1 galon de vin par jour 23 pains 32 gélines, 155 œufs.

     

  2. Le mode de vie des moines

     

    Nous ignorons malheureusement le nombre des moines initialement délégués par l’abbaye de Saint-Sauveur au sein de ce prieuré. La donation de la « part en aliments et en galons de vins de deux chevaliers » en 1232 offre un repère assez conforme à la norme des autres établissements de ce type au XIIIe siècle. Il faut aussi considérer que ces actes ne citent en revanche ni le prieur, ni le personnel domestique et agricole, sans doute assez nombreux, qui devait cohabiter avec les frères.

     

    Si l’on peut supposer qu’une règle était suivie, nous n’avons pas non plus d’informations précises sur leur mode de vie autre que certains devoirs de services religieux, tel par exemple celui qui les contraignait à entretenir une lumière ardente sur l’autel de la Vierge à l’intérieur de la chapelle Saint-Pierre. En plus de la célébration quotidienne des offices des saints et des fêtes du calendrier, les prières et offices pour les seigneurs bienfaiteurs, tant vivants que défunts, devait aussi occuper une part notable de leur quotidien.

     

    Selon une tradition rapportée par l’abbé Lerosey, mes moines assuraient initialement eux-mêmes le service de l’église Notre-Dame de Brix, et ce jusqu’à la réforme du Latran de 1179 qui leur interdit cette pratique. La nomination de prêtres desservant des églises placées sous le patronage du prieuré revenait à l’abbé de Saint-Sauveur. Mais la perception des dîmes et des rentes, l’administration des terres et des revenus constituaient pour le prieur des activités importantes. Celui-ci exigeait de ses tenanciers des pratiques relevant de l’exercice habituel de la banalité seigneuriale, mais il déléguait pour recevoir leurs aveux et percevoir leurs rentes des officiers (sénéchaux).

 

[1] « Cart de la Luthumière », n°29 et 30, et Claude PITHOIS, p. 182 (acte fin XIIe, probablement c. 1180-1190)

[2] Cart. SSVte 164

[3] « Cart de la Luthumière », n°15, et Claude PITHOIS, p. 177.

[4] Claude PITHOIS, p. 182.

Brix, prieuré Saint-Pierre de la Luthumière
  1. La fin du prieuré

 

Dernier prieur identifié, Jean du Chastel, qui perd un procès en 1623 contre Antoine de la Luthumière, baron de Brix ; puis attribué à des prieurs commendataires et confié à des fermiers. Le prieur nommait encore un chapelain en 1684 pour célébrer 3 offices par semaine, « dans l’une des chapelles du prieuré ». Ref ; (ferme), à un droit de pêche dans la rivière.

 

Lors de la mise en vente en 1791, l’ensemble comprenait : « une maison à usage de salle avec un pressoir à bras, une cuve, une étable, une grange, une petite écurie, un petit appartement divisé d’avec la chapelle Saint-Pierre, le tout s’entretenant ensemble, une charterie, avec une boulangerie en ruine ».

 

 

  1. Architecture

 

D’après l’organisation en L des bâtiments, il semble probable que les moines occupaient l’aile ouest tandis que le logis du prieur se trouvait dans l’aile sud, au contact de la chapelle, avec laquelle il communiquait aussi bien par une porte de plain-pied que par une tribune à l’étage.

 

L’étude de la structure architecturale de l’aile ouest permet de distinguer une chambre sur cellier toujours existante associée à une grande salle de plain-pied désormais en grande partie détruite. Bien que l’on retrouve dans cette distribution un schéma assez classique de logis médiéval, il se pourrait que l’on doive ici identifier la chambre avec l’ancien dortoir, et la salle avec l’équivalent d’un réfectoire (servant aussi de salle capitulaire ?).

 

La chapelle Saint-Pierre se reconnaît à son campanile et à la petite croix antéfixe qui se dresse au dessus de son pignon est. Elle a environ 11, 60 m de long sur 6,50 m de large. Trois fenêtres l’éclairés jadis. D’après un dessin de l’abbé Adam on constate que le chevet était percé de lancettes géminées encastrées dans une grande ogive, au tympan orné d’un trèfle. Cette ouverture qui faisait 2,40 m de haut sur 1,20 m de large fut obstruée en 1910.

 

La datation des bâtiments actuels semble pouvoir être attribuée au début du XVe siècle, période qui coïncide comme nous l’avons vu avec la période de redressement du prieuré, porté dans les années 1410-1420 par le prieur Jean Goubert. Une étude fine du bâti permettrait sans doute de déceler des vestiges au moins résiduels de phases plus anciennes. A noter aussi, ainsi que nous l’avons déjà souligné, la présence relativement abondante en maçonnerie de remplois de fragments de sarcophages en calcaire coquillier de Sainteny. Dans le parement extérieur sud apparaît en particulier un fond de cuve tout à fait caractéristique. La présence de tels indices suggère qu’une nécropole du haut Moyen-âge a préexisté - entre le VIe et le IXe siècle - à l’établissement du prieuré bénédictin. La présence également de fragments de briques visibles en remploi dans l’édifice pourrait indiquer un précédent antique, de nature non définie.

 

(Julien DESHAYES, mars 2016)

 

(Nos plus chaleureux remerciements à Pierre, Corinne et Valentin pour le soin mis à l'entretien de l'édifice et leur accueil si chaleureux)

 

 

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